3 raisons qui empêcheront le rassemblement à gauche post primaires

Si le « rassemblement » est le grand mot de tous les candidats à la primaire socialiste, l’absence de tout fondement crédible et positif sur lequel ce rassemblement pourrait se construire le condamne à l’échec.

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3 raisons qui empêcheront le rassemblement à gauche post primaires

Publié le 5 janvier 2017
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Par Christophe de Voogd.
Un article de Trop Libre

Primaire à gauche : 3 obstacles au rassemblement
By: Francesco PierantoniCC BY 2.0

Il semble qu’ils se soient passé le mot : de Manuel Valls à Martine Aubry en passant par Montebourg et Cambadélis, tous les leaders de gauche en appellent au « rassemblement ». Comme François Hollande avant eux, dans les derniers soubresauts à peine audibles d’une éventuelle candidature : le renoncement du Président, qui a poussé l’usage du mot jusqu’à la saturation, devrait mettre la puce à l’oreille de ses successeurs putatifs.

Certes, il faut y voir l’effet d’un spectre qui hante le pouvoir sortant : la crainte d’un « 21 avril puissance 10″. Que les gouvernants et le parti majoritaire actuels soient terrifiés à cette perspective, qui signifie un congé avec ou sans solde mais sans doute de longue durée, est parfaitement compréhensible ; mais, en dehors des militants et des convaincus, le mot d’ordre n’est pas crédible.

Pas crédible parce qu’avec au maximum un tiers de l’électorat, la gauche n’est plus en mesure, quoi que l’on dise pour entretenir le suspense, d’emporter l’élection présidentielle.

Pas crédible encore parce que le résultat de la primaire, quel qu’il soit, ne recollera pas les morceaux du PS, bien au contraire, tant le clivage autour de la personnalité et du bilan de Manuel Valls va être violent.

Pas crédible enfin et surtout parce que, comme ce dernier l’a dit, les « positions sont irréconciliables » sur le fond de la politique entre les sociaux-réformistes et les socialistes « canal historique ».

Volonté de parallélisme oblige, certains essaient de mettre sur le même plan « les divisions de la droite ». Il serait peut-être temps de s’aviser que celles-ci ne touchent justement pas au fond mais à la méthode et plus encore aux querelles d’egos qui lui ont tant coûté dans son histoire. En un sens, l’instauration de la primaire aura été le plus beau cadeau fait par la gauche à la droite, qui y a trouvé le remède inespéré à ce mal congénital.

La victoire écrasante de F. Fillon à cette primaire devrait en retour faire réfléchir la gauche. Le thème du rassemblement n’a en effet jamais été présent dans sa rhétorique de campagne. Bien au contraire, il n’a cessé d’insister sur sa volonté de « casser la baraque ». Tout l’inverse d’Alain Juppé qui n’avait que le mot rassemblement à la bouche. On connaît le résultat.

Trois raisons fondamentales concourent à cet échec prévisible du thème du « rassemblement » à gauche

1/ Il n’a pas de sens AVANT le premier tour d’une primaire, où il faut précisément se différencier de ses concurrents (nombreux). Le brandir dès aujourd’hui c’est se croire (comme Alain Juppé) déjà au 2ème tour. Petite erreur de contexte dont la prise en compte est, faut-il le rappeler, l’impératif absolu de tout discours réussi.

2/ Contexte qui va d’ailleurs bien au-delà : la situation du pays, l’échec des politiques menées depuis 30 ans privilégient les scénarios de rupture et les discours transgressifs : d’où l’échec retentissant d’Alain Juppé et la composition du trio de tête actuel : Fillon, Le Pen, Macron. Certes ce dernier parle de rassemblement mais, justement, à travers la transgression du clivage gauche/droite.

3/ Le rassemblement ne peut être que la conclusion, le message qui se dégage d’une argumentation crédible et d’une thèse claire sur la situation et les besoins du pays. On ne trouve ces éléments chez aucun des candidats de la primaire socialiste. Et pour cause : comment soutenir, vu le bilan du quinquennat Hollande, qu’il faille continuer sur le même chemin (pour Manuel Valls) ou qu’il faille encore augmenter les impôts et/ou creuser encore les déficits (pour les Frondeurs) ? D’où la polarisation du discours sur « l’avenir de la gauche », ses « valeurs », sa « mission » : vocabulaire religieux, d’ailleurs accompagné d’excommunications réciproques entre les différentes chapelles de la « Belle Alliance Populaire ».

L’une des raisons fondamentales de l’effondrement du Parti socialiste (et plus largement de la gauche) est sans doute là : son attention obsessivement autocentrée, accompagnée d’un déni des vrais problèmes du pays. Voilà pourquoi, faute de diagnostic crédible et partagé, il ne peut y avoir de rassemblement possible à gauche. « Le tout sauf Fillon » qui se profile, de l’extrême gauche à l’extrême droite en passant par le PS, n’y suffira pas, même s’il peut s’avérer redoutable pour le candidat de la droite. Il pourrait en fait avantager Emmanuel Macron qui avance ses pions dans l’espace laissé libre par la gauche, mais aussi par la droite, au vaste centre d’un électorat qui cherche une nouvelle issue.

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  • La primaire de la gauche qui rassemble curieusement tous les fils ennemis obligés de Hollande, ayant en vue de perpétuer sa déconfiture, ne peut aboutir qu’à désigner le plus mauvais d’entre eux. Ce qui pourrait bien engendrer la fin d’un PS en train de se cannibaliser faute de trouver le moindre candidat vierge et présentable….Même le jeune énarque Macron se disant habilement sans parti, a déjà participé largement à cette déconfiture, bien qu’il veille le cacher…

  • Les gauches sauront se rassembler, comme d’habitude, des plus centristes aux plus extrémistes, s’ils veulent garder le pouvoir ! Même s’il n’y a aucune cohérence ni dans leurs idées ni dans leur programme. Mais est-ce le but ?
    Au fond, ce serait plus simple de laisser la droite se dépatouiller avec la situation catastrophique dans laquelle FH va laisser le pays, de saper toutes les actions constructives de celle-ci par tous les moyens possibles et imaginables ( ils savent faire) puis de récupérer les pots cassés dans cinq ans en promettant monts et merveilles ( ils savent aussi faire) !…

  • Bah ,ils ont tous un gros défaut,ils se sont compromis en participant au gvt d’un impropable président.

  • Pour peu que les sans dents, ne succombent pas aux sirènes des gauches.
    Pour peu que les français moyens de souche, ne se laissent pas retenter par une autre aventure de droite chiracojupéistesarkosygisante.
    Alors, le français « normal, patriote ou pas », celui doué du bon sens populaire, si cher aux auteurs français, Descartes, Pascal, Montaigne, que nos enfants et petits enfants n’étudieront plus jamais grâce à l’égalitarisme forcené appliqué par les gauches et non dénoncé par les droites, pourra en finir avec la pensée uniquement correcte de nos élites gouvernementaux.
    Et ce français blanc, en général, de religion catholique, en général, d’éducation judéochrétienne, en général, ne laissera pas sa place aux « étrangers » quels qu’ils soient, et ne sera pas contraint de voir dans les rues de son agglomération, de sa ville, de son village, des éléments humains ou matérialistes importés de pays lointains. Tout ça pour le pognon.
    Il faut que ce petit français, montre « aux gauches » que l’on n’achète pas l’amour se son pays natal pour la plupart de ses habitants.

  • Il y a une autre raison tactique, en plus de la nécessité de se distinguer dans la primaire. Même avec un rassemblement, la gauche a peu de chances de gagner cette élection. L’enjeu de la campagne n’est donc pas d’obtenir un ministère en faisant gagner son camp, mais de se poser comme une figure incontournable du débat politique, en vue des échéances ultérieures. Ce n’est pas en négociant, en composant ou en s’effaçant courtoisement qu’on peut y parvenir. Pas de raison de négocier s’il n’y a rien à gagner. Celui qui n’aura pas à gouverner n’a pas besoin de modérer son discours.

  • « L’attention obsessivement autocentrée » du PS s’explique par des primaires qui ne sont pas organisées en vue de la présidentielle mais en vue de la prise en main du PS après la défaite anticipée à la présidentielle.

    Il y a longtemps que les cuistres socialistes ont compris qu’ils n’avaient strictement aucune chance d’arriver au second tour de cette élection, encore moins de gagner si par erreur ils y parvenaient. L’émiettement à gauche, avec plus de 7 candidats après primaire du PS (de Bayrou, voire de certains à l’UMP, jusqu’à l’extrême extrême-gauche), a dépassé le stade de la caricature. Aucune de ces candidatures ne représente plus de 10% de l’électorat. A elles toutes, si elles représentent 25% de l’électorat, c’est le bout du monde.

    Le sachant, ils combattent tous pour devenir le prochain calife du camp défait, dans l’espoir de dominer une hypothétique reconstruction. Alors, les problèmes des Français, vous pensez bien que ça leur en touche une sans faire bouger l’autre.

  • un article qui tire peu-être des plans sur la comète.
    difficile d’imaginer ce que feront les électeurs de gauche dont la plupart sont très inquiétés après avoir pris connaissance des propositions de Fillon.
    Je connais des électeurs de gauche qui envisagent de voter M Le Pen pour son programme social et parce qu’elle apparaît comme le moindre mal. D’autres n’envisagent pas de se déplacer, ou voteront quand même Vall pour disqualifier Fillon considéré comme plus dangereux. Par contre, les militants de l’extrême gauche où particulièrement attirés par les thèses de Mélanchon (que je connais personnellement) voteront blanc comme ils l’ont déjà fait il y a 5 ans ; mais leur poids électoral ne me parait pas très important.
    Attention à la culture de l’état providence qui est très tenace et séduisante dans les classes populaires. C’est pour cette raison que M Le Pen l’a reprise et jusqu’à ce jour cette stratégie a bien marché.
    En ce qui me concerne, cette analyse ne constitue pas une adhésion à ces arguments, mais je veux simplement souligner certains facteurs qui pourraient modifier à mon avis des pronostics trop vite élaborés.
    Tout dépendra de la compagne de Mr FILLON qui devra se montrer très pédago pour réduire les peurs qui à mon avis, vont être exploitées par ses adversaires pour les porter à l’extrême.

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