2016, année ratée. Remettons de la liberté au centre !

L’année 2016 fut sécuritaire et économiquement catastrophique. Peut-on espérer une amélioration des libertés pour 2017 ? C’est ce qu’il faut souhaiter !

Par Nathalie MP.

2016, année ratée. Remettons de la liberté dans nos rouages !
By: frankieleonCC BY 2.0

L’année 2016 s’achève. Il y a un an jour pour jour, j’écrivais : « L’année 2015 tire à sa fin. » Par cette formulation empreinte de lassitude, je voulais signifier combien on pouvait avoir hâte de fermer la page de cette année funèbre, marquée au plus haut point par la sanguinaire violence du projet totalitaire islamiste particulièrement construit contre toute forme de liberté. Je formais alors le vœu qu’on en sorte personnellement et collectivement grandis et éclairés plutôt que conformes, qu’on y puise le sursaut nécessaire pour aller chercher et protéger la valeur cardinale de l’occident des Lumières, la liberté. 

• Il n’en fut hélas rien. Il devint très rapidement évident que tout le spectre politique et une immense majorité de Français partageaient l’idée que la liberté valait bien peu de choses par rapport à notre sécurité. Et l’on vit fleurir les discours sur les petits sacrifices à faire pour mieux se protéger, les formules du style « La sécurité est la première des libertés (…) C’est pourquoi d’autres libertés pourront être limitées » (Valls, Assemblée nationale, 19 novembre 2015) et les leçons de morale sur le fait que si l’on n’a rien à se reprocher, on n’a rien à craindre des dispositifs de surveillance.

Et c’est ainsi que nous avons eu loi Renseignement et état d’urgence prolongés, et sur-prolongés encore aujourd’hui, avec toutes les possibilités que cela ouvre à l’administration, c’est-à-dire à l’État, pour incriminer à sa guise des citoyens en dehors de tout État de droit. N’allons pas nous imaginer que celui-ci est constitué de personnes omniscientes et vertueuses qui s’interdiront absolument d’utiliser les outils qu’elles ont sous la main si cela peut favoriser leurs projets politiques.

A quoi a servi l’état d’urgence ?

Rappelons-nous que l’état d’urgence a été très pratique pour assigner à résidence des activistes écologistes dont François Hollande redoutait qu’ils puissent perturber sa précieuse COP21. Quel rapport avec Daesh et la lutte contre le terrorisme ? Aucun.

Rappelons-nous aussi la raison invoquée par Manuel Valls pour maintenir l’état d’urgence : « Vous rendez-vous compte de la responsabilité s’il y avait un nouvel attentat quinze jours après la fin de l’état d’urgence ? »

On n’y mettra donc jamais fin ? On a vite vu toute la fausseté de ces raisonnements car l’année 2016 s’est chargée de nous en apporter la funeste preuve. Bien dotés de l’arsenal sécuritaire mentionné ci-dessus, nous n’avons cependant pas échappé à de nouveaux attentats tout aussi brutaux et tout autant dirigés contre la liberté. Contre la liberté politique à Nice le soir de notre Fête nationale qui commémore la fin de l’arbitraire royal à travers la prise de la Bastille, et contre la liberté religieuse avec l’assassinat du père Hamel disant la messe en l’église de Saint-Étienne du Rouvray, moins de deux semaines plus tard.

Des mesures antiterroristes inopérantes

Il n’est certes pas question de dire que la lutte contre le terrorisme est chose aisée. (L’attentat dans un marché de Noël de Berlin arrive à point nommé pour nous rappeler combien nous, Occidentaux, sommes et seront encore visés.) Mais il est apparu que les grandes mesures annoncées par le gouvernement avec force grandiloquence se sont montrées assez clairement inopérantes tandis que les failles des services de police et de renseignement devenaient de plus en plus criantes.

• Force de l’habitude, déconnection de la période estivale ? Ces événements n’ont pas frappé nos esprits avec la même force qu’en 2015. L’année 2016 s’est déroulée comme une réplique molle de l’année précédente sans donner lieu aux moindres remises en cause, ni sur le plan de la lutte contre le terrorisme, ni sur les plans politiques et économiques. Chômage stagnant, dette publique et impôts caracolants, Éducation nationale toujours moins performante, ordre moral « progressiste » insidieusement répandu, tout cela a continué dans une sorte de fuite en avant éperdue qui ne pouvait que finir dans la débandade à plus ou moins brève échéance.

Bingo ! Débandade il y a bel et bien eu, matérialisée par François Hollande nous annonçant sur un ton d’enterrement qu’il ne se représentait pas pour un second mandat. « Pour sauver son bon bilan » a-t-il prétendu en voulant nous faire prendre des torchons sales pour des serviettes blanches bien repassées, mais ça c’est purement rhétorique.

L’échec socialiste

Pour bien comprendre ce qui n’est véritablement qu’un échec, il suffit de se remémorer que les socialistes sont arrivés au pouvoir sous une assez bonne étoile conjoncturelle : taux bas, dollar bas, prix du pétrole bas. Eux-mêmes évoquaient un « alignement favorable des planètes » qui allait leur permettre de réaliser la quadrature de la générosité socialiste dans le cercle vertueux de la politique budgétaire la plus responsable.

Or aujourd’hui, à force d’indécision, de louvoiement et d’idéologie, la France est à la traîne de tous les pays comparables et ses perspectives de croissance viennent une fois de plus d’être revues à la baisse pour 2016 et 2017. Alors que justement le dollar, les taux d’intérêt et le pétrole sont en train de remonter, elle n’est pas prête à affronter ces évolutions de l’environnement mondial car aucun changement structurel n’a été engagé.

Non, l’année 2016 n’est pas vraiment en cours d’achèvement, elle s’est perdue dans les sables du grand n’importe quoi socialiste. Oublions-la, elle n’a ni sens ni consistance en elle-même au-delà de la norme calendaire. Mais songeons plutôt qu’avec l’élection présidentielle de mai 2017 nous sommes entrés dans une période d’alternance politique ayant le mérite d’ouvrir grand la porte du débat public sur la façon de gouverner la France.

Malheureusement, depuis que la primaire de droite a donné la victoire à François Fillon, candidat estampillé libéral, comprendre ultra-libéral, le débat a plutôt pris les allures d’une belle fusillade entièrement dirigée sur un seul odieux concept à abattre, le libéralisme. Maintenant que la primaire de gauche est en route et que le Front national ne se sent plus aussi à l’aise pour renvoyer la droite et la gauche dos à dos, autant dire qu’on frise l’hystérie. Jean-Christophe Cambadélis lui attribue par amalgame des propriétés fascisantes en s’exclamant sur Twitter « Le libéralisme ne passera pas » (voir photo ci-dessus) tandis que la gauche dans son ensemble dénonce la « violence inédite » du programme de la droite. Quant à Marine Le Pen, elle nous livre un jugement qu’on croirait dicté par l’extrême-gauche :

« Jamais aucun candidat n’est allé aussi loin dans la soumission aux exigences ultra-libérales de l’Union européenne. »

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• Hé oh, les amis, revenons sur terre ! Dans libéralisme, il y a liberté ! Comment peut-on en arriver à l’assimiler à ce que la planète a produit de plus violent et de plus totalitaire ? Aussi, tout comme il est absurde et inutile de recaler la liberté au rang de luxe inutile dans la recherche de la sécurité, j’aimerais maintenant redonner quelques raisons de la considérer comme l’élément de base de l’émergence d’une économie saine au service de l’ensemble de la société.

Respecter les droits naturels

À l’inverse de ce que ses opposants avancent, l’idée du libéralisme s’oppose à tout pouvoir arbitrairement imposé d’en haut. Au contraire, il est question de limiter le pouvoir de l’État pour laisser chaque individu choisir lui-même son mode de vie, au plan personnel comme au plan économique, étant bien entendu que l’individu n’est pas comme un renard affamé lâché dans un poulailler bien garni. C’est un être hautement responsable qui respecte l’intégrité des personnes qui ne sont pas lui et celle des biens qui ne sont pas siens. La liberté est totale dans la limite du respect des droits naturels que sont la liberté, la sécurité et la propriété. L’État est là pour veiller au respect du droit et des contrats entre les hommes.

Sur le plan économique, le libéralisme étant tout sauf une construction idéologique prédéterminée, il s’est développé peu à peu à force d’observations de ce qui marche et ce qui ne marche pas. Très vite il est apparu** que le protectionnisme, et de façon générale toutes les limites imposées au jeu de la concurrence ne fonctionnent pas. Très vite il est apparu qu’il ne sert à rien de vouloir maintenir en l’état et à tout prix des activités durablement non rentables. Très vite il est apparu que les exigences réglementaires changeantes et toujours alourdies de l’État freinent les échanges et la créativité. Très vite il est apparu que le poids toujours croissant de l’impôt pour satisfaire des rentes ou des trains de vie dispendieux pèse sur le développement économique harmonieux de toutes les classes de la société.

Ce qui ne marche pas

Puisqu’on parle de ce qui ne marche pas, il me semble opportun de répéter que le Programme commun de la gauche mis en oeuvre par François Mitterrand dès son accession au pouvoir en 1981 comportait déjà toutes ces mesures de nationalisations, baisse de l’âge de départ en retraite, diminution du temps de travail, hausse brutale des pensions et salaires, emplois aidés et recrutement massif de fonctionnaires etc… qui figuraient avec le succès que l’on sait dans le programme de Syriza en Grèce, ou dans celui appliqué par Hugo Chavez puis Nicolas Maduro à un Venezuela aujourd’hui exsangue.

Or ce Programme commun a fini lui aussi dans la débandade deux ans après son début d’application et a poussé Mitterrand sur le chemin non moins nocif du capitalisme de connivence avec ses amis. Il n’empêche qu’on le trouve maintenant (avec quelques variantes sur la quinoa qui est bien, ou les robots qui sont mal, ou la peine de mort à rétablir par référendum, selon le porteur) dans les programmes des candidats de gauche et d’extrême-droite à l’élection présidentielle.

Par contre, puisqu’on parle aussi de ce qui marche, il serait bon de se rappeler qu’en 1981, 44,3 % de la population mondiale vivait dans une situation d’extrême pauvreté. L’an dernier, ce taux était tombé à 9,6 %. En Asie de l’Est, région du monde qui englobe la Chine, l’extrême pauvreté est passée de 80,6 % à 4,1 % de la population sur la même période. Même en Afrique subsaharienne, dont les performances à ce titre sont bien moindres, on a vu ce taux passer de 55 % à 35 % entre 1990 et 2015.

Inutile de chercher les raisons de ces heureux résultats du côté des politiques socialistes appliquées à coup de collectivisation des terres et d’expropriation des industries en divers points du globe, au Cambodge, en Ethiopie, à Cuba ou ailleurs. Ils dérivent directement de la libéralisation et de la mondialisation de l’économie mondiale qui commencèrent à la fin des années 1970. L’exemple de l’émergence d’une économie dynamique au sein de la caste des intouchables en Inde est également très représentatif du pouvoir d’un marché libre pour « apporter l’émancipation économique, mais aussi pour combattre les discriminations sociales les plus enracinées. »

Après cette année 2016 sans élan ni raison, pilotée par un couple exécutif qui semble avoir eu à cœur de se laisser glisser sur la pente verglacée de l’autoritarisme et de s’accrocher à la branche vermoulue de la dépense publique, y aura-t-il juste assez de monde pour avoir le courage de regarder la réalité en face, observer ce qui se passe dans le vaste monde, cesser de compter sur la pensée magique de l’exception française qui justifie toujours les mesures les plus dispendieuses et les plus anti-démocratiques, et voir enfin tous les immenses bénéfices de la liberté ? Mes vœux pour 2017.

 

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