Le Canada est-il aussi libre qu’on le pense ?

Plus de 30 raisons de penser que le Canada n’est pas forcément le pays le plus libre du monde…

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Le Canada est-il aussi libre qu’on le pense ?

Publié le 9 décembre 2016
- A +

Par Germain Bazile, depuis le Canada
Un article de l’Institut économique de Montréal

Le Canada est-il aussi libre qu'on le pense ?
By: Frédéric BISSONCC BY 2.0

On dit souvent que l’on vit, au Canada, dans une société libre. Juste pour amorcer une réflexion, voici une liste très partielle d’actions interdites ou réglementées, soit par des contraintes explicites, soit par l’obligation d’obtenir des permis ou celle de payer des taxes.

  • Fumer de la marijuana (interdit)
  • Fumer du tabac (réglementé et taxé)
  • Négocier un bail avec un locataire (réglementé)
  • Choisir son locataire (réglementé)
  • Négocier un salaire (réglementé)
  • Vendre des œufs, du lait, du sirop d’érable, de la volaille (interdit à moins de posséder un quota)
  • Rapporter pour plus de x $ de biens lors d’un voyage, réparer son balcon (réglementé et taxé)
  • Nourrir un écureuil ou un pigeon (interdit)
  • Envoyer ses enfants à l’école publique de son choix (interdit)
  • Vendre et acheter de l’assurance-maladie privée (interdit)
  • Distiller de l’alcool (interdit)
  • Acheter de l’alcool dans une autre province (interdit)
  • Écrire le cépage d’un vin sur une bouteille (interdit)
  • Distribuer du courrier pesant moins de 500 gr (interdit)
  • Posséder une bonbonne de gaz-poivre (interdit)
  • Traverser la frontière nationale (réglementé)
  • Refuser de s’associer dans un syndicat (interdit)
  • Exploiter un dépanneur (réglementé)
  • Transporter des personnes contre rémunération (réglementé)
  • Regarder les postes de télé de son choix (réglementé)
  • Travailler dans le secteur de la construction (réglementé)
  • Posséder des animaux familiers (réglementé)
  • Se payer avec son propre argent une publicité durant une campagne électorale (interdit)
  • Regarder le Superbowl avec les publicités originales (interdit)
  • Participer à certains concours (interdit)
  • Jouer au poker sur internet (interdit)
  • Fixer certains prix – lait, bière, essence – en bas d’un prix minimum (interdit)
  • Étaler sa marchandise pour la vente (réglementé)
  • Se marier en séparation de biens (interdit)
  • Faire un bingo (réglementé)
  • Donner des conseils agricoles à un agriculteur (réglementé)
  • Acheter un billet d’avion à une compagnie étrangère pour un vol entre deux villes canadiennes (interdit)
  • Couper un arbre sur son propre terrain (réglementé)

Et tutti quanti …

Le danger du despotisme doux

Évidemment, des restrictions visant à protéger de la violence sont légitimes. Par exemple, interdire la pédophile ou les agressions physiques. Mais, la plupart des interventions réglementaires de l’État sont difficilement réconciliables avec cet objectif louable. Comme l’écrivait Alexis de Tocqueville en 1840, un danger guette la démocratie, soit le despotisme doux :

« Après avoir pris ainsi tour à tour dans ses puissantes mains chaque individu, et l’avoir pétri à sa guise, le souverain étend ses bras sur la société tout entière ; il en couvre la surface d’un réseau de petites règles compliquées, minutieuses et uniformes, à travers lesquelles les esprits les plus originaux et les âmes les plus vigoureuses ne sauraient se faire jour pour dépasser la foule ; il ne brise pas les volontés, mais il les amollit, les plie et les dirige ; il force rarement d’agir, mais il s’oppose sans cesse à ce qu’on agisse ; il ne détruit point, il empêche de naître ; il ne tyrannise point, il gêne, il comprime, il énerve, il éteint, il hébète, et il réduit enfin chaque nation à n’être plus qu’un troupeau d’animaux timides et industrieux, dont le gouvernement est le berger. » (De la démocratie en Amérique, tome II, 4 ième partie, ch. VI).

Il sera peut-être un jour plus facile de dresser une liste de ce qui est permis sans contraintes, plutôt que celle des interdictions. Bien sûr, on pourrait argumenter longuement sur le fait que certaines activités interdites ou réglementées sont nocives pour la personne qui les pratique. Mais de quel droit l’État peut-il décider ce qui est bon pour nous ? A-t-on vraiment besoin de tout réglementer ?

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  • et en France, chiche de faire le compte ! on en trouverait probablement 30000 fois plus au moins.Mais, c’est vrai que notre devise est « LIBERTE,…..etc » !

  • De telles listes devraient fondamentalement être enseignées des la petite école. Et enrichies au fur et à mesure que la scolarité avance.
    Le risque est d’endoctriner les jeunes pour leur faire accepter très tôt qu’ils sont définitivement esclaves du systeme. C’est 1984.
    L’opportunité est de les faire réfléchir année après année sur le principe de justesse des réglementations et des interdictions, afin d’éveiller, de réveiller, le sens de la liberté et de la responsabilité qui va avec. Ça, c’est le rêve…

  • Selon des sources ( http://www.amazon.com/exec/obidos/ASIN/1594032556/reasonmagazineA/ ) assez sérieuses pour être reprises par les grands médias (exemple : http://www.wsj.com/articles/SB10001424052748704471504574438900830760842 )
    l’américain moyen (vraiment moyen,hein, pas le criminel notoire) commet en moyenne 3 « felony » (catégorie de délit qui vaut au moins 1 an de prison, on parle pas de juste traverser en dehors des clous, hein) par jour. Par exemple le scout qui passe par New York avec son sac contenant un canif. ou le gars qui vend du fromage de chèvre.

    On voit mal pourquoi ça serait très différent au Canada, en France, ou ailleurs. Les USA sont notoirement plus sévère, donc je suppose que l’échelle des peines est moins grave chez nous, mais sur le fond, chaque français reste un criminel. C’est pas les occasions qui manquent.

  • Je vis depuis 1995 au Canada, de retour parfois en Europe, plus depuis 10 ans… Désolé mais votre liste n’a aucun sens. Le Canada est d’abord un pays qui fonctionne avec efficacité, ce qui apporte déjà beaucoup de liberté. Concernant cette liste, je n’ai pas besoin par exemple d’une permission pour couper un arbre dans mon jardin de 20 hectares… par contre si j’habite à Toronto ou à Vancouver, oui j’ai besoin d’une permission. Est-ce logique, méditez une seconde. Oui, j’ai aussi besoin d’un permis de bâtir,… qui me sera octroyé endéans les quelques jours, voire le même jour… etc…etc… Il est une blague qui circule ici en Amérique du nord : quel est le point commun entre les médias européens et nord américains ? Réponse, Tous deux parlent de l’Amérique du nord.

  • Cet articulet est caricatural et induit en erreur les lecteurs français de ce site. Certaines réglementations et interdits mentionnés concernent une province, devinez laquelle, et non l’ensemble du Canada !

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