Canada : pourquoi s’opposer à Northern Gateway ?

Justin Trudeau (Crédits : Alex Guibord, licence CC BY 2.0)

Canada : il est inquiétant de voir le gouvernement fédéral demander à l’Office national de l’Énergie (ONE) qu’il rejette le projet d’oléoduc Northern Gateway.

Un article de l’Institut économique de Montréal

Canada : pourquoi s'opposer à Northern Gateway ?
Justin Trudeau (Crédits : Alex Guibord, licence CC BY 2.0)

L’approbation par Ottawa de nouveaux oléoducs permettant d’acheminer le pétrole de l’Ouest vers de nouveaux marchés étrangers est une bonne nouvelle pour l’économie canadienne, estime l’IEDM. Toutefois, il est inquiétant de voir le gouvernement fédéral demander à l’Office national de l’Énergie (ONE) qu’il rejette le projet d’oléoduc Northern Gateway.

L’ONÉ devrait plutôt prendre une décision indépendante de toute interférence politique, dans le cas de Northern Gateway comme dans tous les projets de pipeline. « Le gouvernement fédéral dispose du pouvoir de ne pas approuver un projet, mais ce n’est pas le rôle de l’ONÉ de le rejeter à sa place », s’inquiète Youri Chassin, directeur de la recherche à l’IEDM.

Northern Gateway, approuvé en 2014, fait face à un étonnant rejet par le gouvernement fédéral selon qui ce projet ne serait pas dans l’intérêt des Canadiens, y compris les autochtones. « On se pose la question : pourquoi n’est-ce pas dans l’intérêt des Canadiens ? Qu’est-ce qui justifie le rejet de Northern Gateway? », s’interroge Youri Chassin.

La justification offerte par le Premier ministre Justin Trudeau se résume à dire que la forêt pluviale du Grand Ours n’est pas un endroit propice pour un pipeline. « Le gouvernement souffle le chaud et le froid. Le Premier ministre rejette un projet et reconnaît du même souffle que les nouveaux oléoducs, à la fine pointe de la technologie, sont le moyen le plus sûr de transporter du pétrole, notamment pour protéger l’environnement. »

Des projets stimulants pour l’économie

Dans le but de stimuler l’économie, ces projets sont nettement préférables aux dépenses publiques, ajoute Youri Chassin. « L’efficacité des dépenses publiques en infrastructures pour stimuler l’économie est discutable, comme en font foi plusieurs études et données empiriques. Mais dans ce cas-ci, on parle d’investissements privés, qui représentent d’importants bénéfices économiques sans endetter les Canadiens ni augmenter leurs impôts. »

De ce point de vue, le gouvernement prend une bonne décision en donnant le feu vert à l’élargissement du pipeline Trans Mountain de Kinder Morgan, qui relie Edmonton à Burnaby dans la région de Vancouver, et au projet de remplacement de la ligne 3 d’Enbridge entre Hardisty, en Alberta, et Superior, au Wisconsin.

Justin Trudeau a réaffirmé avec raison qu’aucun pays au monde ne laisse ses ressources enfouies dans le sol lorsqu’il y a un marché. Il a aussi maintenu avec constance que d’assurer l’accès aux marchés pour les ressources canadiennes était l’une des tâches les plus importantes d’un Premier ministre. Ces messages sont utiles pour tous ceux qui se préoccupent de la vigueur de l’économie canadienne.

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