François Fillon prêt à repenser la place de l’État [Replay]

François Fillon (Crédits Andrew Newton licence Creative Commons)

Les libéraux rencontraient François Fillon en septembre 2016 : compte rendu et analyse alors qu'il sera quasi surement le candidat de la droite à la présidentielle.

Par notre correspondant à Paris.

François Fillon (Crédits Andrew Newton licence Creative Commons)
François Fillon (Crédits Andrew Newton licence Creative Commons)

Différentes associations libérales (Liberaux.org, le Cercle Droit & Liberté, le Cerel, Contribuables Associés, Euro 92, l’Institut Coppet, l’Institut Économique Molinari, l’IREF, Liberté sociale, Students for liberty-Paris, Think libéral Sciences-Po) rassemblées autour de l’Aleps recevaient François Fillon pour une séance de questions / réponses ce lundi 5 septembre. Dans la continuité d’un cycle de conférences-débats qui a vu passer Frédéric Lefebvre et Hervé Mariton, il s’agissait d’évaluer le programme du candidat aux primaires sur ses prétentions à la réforme. Le Théâtre du Gymnase accueillait plus de 800 personnes pour se prêter à l’exercice.

« F… la paix aux Français »

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François Fillon a déclaré que de partout en France, il entendait la même chose : les Français demandaient à ce qu’on leur « f… la paix » (sic). Son programme cherche donc à diminuer le nombre de ceux qui établissent des normes. En vrac : assouplir l’horaire légal du travail, alléger le code du travail à 150 pages, donner plus d’autonomies aux établissements scolaires ou simplifier les règles pesant sur la construction. M. Fillon a déclaré ne pas souhaiter se concentrer uniquement sur les aspects économiques mais élargir sa vision à l’ensemble du monde social : le rôle de l’État n’est pas de fixer un modèle de vie.

Il reste toutefois opposé à la légalisation des drogues car cela enverrait, toujours selon lui, un mauvais message. Il admet cependant que le débat est ouvert et que l’on ne peut écarter les arguments des abolitionnistes. Il a continué la conversation en insistant sur le fait que ce n’était pas à l’État d’imposer un modèle de société particulier.

Un programme réalisable en un quinquennat

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Pour autant, les réformes qu’il défend sont sûrement moins radicales que ce que de nombreux libéraux attendent, et moins ambitieuses que ce qui a pu être vu dans d’autres pays européens. François Fillon se réclame d’un programme réalisable en un quinquennat. Il est limité par ce qu’il pense faisable suite à ses expériences ministérielles. Aller trop loin et trop vite, a-t-il également déclaré, par exemple sur la fiscalité, pourrait conduire à l’insolvabilité de l’État français.

L’ambition de François Fillon est de profiter de l’état de grâce pour lancer dès le début de son mandat les réformes les plus profondes, ce qui nécessiterait en amont un gouvernement très au fait de ses dossiers : « Des ministres qui ont une qualité très originale : qui sont compétents ! ». Cette « période de tension démocratique » sera prolongée à la rentrée 2017 par un référendum afin d’inscrire dans la Constitution la liberté sociale, ainsi que la diminution du nombre de parlementaires.

Ainsi pourra-t-on dire dès octobre 2017 si les promesses de M. Fillon ont été suivies d’effets. Et après ? À la question posée par l’association Liberaux.org, association promotrice de Contrepoints, Monsieur Fillon affirmait que la Défense, la Police et la Justice devaient rester aux mains de l’État. Pour le reste, « c’est ouvert » !