Bienvenue à Gattaca d’Andrew Niccol, avec Ethan Hawke

Retour sur un film de science fiction qui pose des questions de fond sur le rôle et l’impact de la science dans nos sociétés.

 Par Johan Rivalland

Bienvenue à Gattaca (DR)
Bienvenue à Gattaca (DR)

Sorti en 1997, Bienvenue à Gattaca a reçu plusieurs prix mais ne semble pas avoir eu un aussi grand retentissement qu’il aurait sans doute mérité. Retour sur une production de qualité qui pose des questions de fond sur le rôle et l’impact de la science dans nos sociétés.

Jusqu’où ira la science ?

Telle est la question que permet de poser Bienvenue à Gattaca, excellent film d’anticipation (qui se déroule « dans un futur proche », ainsi qu’il est précisé en préambule).

Un film qui rappellera un peu l’univers de romans tels que Le meilleur des mondes d’Aldous Huxley, dans une moindre mesure Les fils de l’homme de P.D James, ou de divers films de science fiction ayant rapport à la surveillance généralisée, à l’image de Minority Report, à la pré-détermination, à l’instar de Le passeur, au temps de vie espéré, comme Time out  (du même réalisateur et scénariste) ou Renaissances, ou encore d’autres univers futuristes proches et relativement réalistes, comme dans certains épisodes de Black Mirror, voire la terrifiante série Utopia, quant à elle sans doute un peu trop axée sur les théories du complot.

Le fantasme de l’homme parfait et ses implications

Le thème central, ici : la génétique, et les questions profondément éthiques induites par les contrôles et manipulations auxquelles elle peut donner lieu.

Qu’advient-il lorsqu’on peut prévoir à la naissance quel est votre patrimoine génétique, les probabilités estimées que vous soyez atteint de telle ou telle maladie, les causes probables de votre mort à venir et même votre espérance de vie ? Au-delà du côté éblouissant de la chose, des espoirs que cela ne manque pas de pouvoir susciter et du contrôle que l’on peut envisager sur certaines déterminations, on imagine moins spontanément toutes les conséquences bien plus négatives que cela peut induire, et les dérives ô combien dramatiques auxquelles elles peuvent donner lieu, pouvant aller jusqu’à certaines formes d’eugénisme.

Ce qui est imaginé dans le film n’en est qu’un aperçu. On en conçoit bien d’autres. Et la réalité immédiate nous en offre d’ores et déjà quelques avant-goûts parfois bien lugubres. Quoi qu’il en soit, la force de ce film est de briller par son caractère particulièrement réaliste, bien plus que dans les autres films cités ci-dessus. De vraies questions éthiques, qui se posent face aux biotechnologies et au génie génétique.

Un film puissant, au scénario bien pensé, qui plus est aux superbes images et au jeu d’acteurs impeccable.

  • Bienvenue à Gattaca, film de science fiction d’Andrew Niccol (1997), avec Ethan Hawke, Uma Thurman, Jude Law, durée 106 minutes. Sortie française : 19 avril 1998.