Ciotti, Sarko, Morano : le petit business de la droite dure

Éric Ciotti accuse François Hollande d’instrumentaliser le terrorisme à des fins électorales. Mais que fait la droite dure depuis quelque mois, sinon surfer sur la vague d’émotion suscitée par l’horreur des attentats ?

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
Eric Ciotti crédits UMP photos (CC BY-NC-ND 2.0)

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Ciotti, Sarko, Morano : le petit business de la droite dure

Publié le 8 septembre 2016
- A +

Par Frédéric Mas.

Ciotti, Sarko, Morano : le petit business de la droite dure
Eric Ciotti crédits UMP photos (CC BY-NC-ND 2.0)

La campagne présidentielle française bat son plein, et les attaques entre droite et gauche se multiplient sur fond de terrorisme, de chômage, de Pokémon et de burkinis. Ainsi Éric Ciotti, le porte-parole de Nicolas Sarkozy, s’en est pris ce mercredi au président de la république pour son attitude face au terroriste, accusant le chef de l’État d’instrumentaliser la situation à des fins électorales.

L’accusation est forte, et l’élu s’indigne des propos de François Hollande rapportés par Julien Dray dans Le premier secrétaire de la république : « Les attentats, c’est la seule fois où j’ai eu la paix. Je dirigeais la France sans être obligé de me demander si ma majorité allait me planter un couteau dans le dos ».

S’il est tout à fait légitime de s’interroger sur les actions de nos dirigeants qui, parce qu’elles sont politiques, ne sont jamais dénuées d’arrière-pensées (on le sait au moins depuis Machiavel, et la loi Renseignement tout comme les couacs de l’état d’urgence sont là pour nous le rappeler sans cesse), on peut tout de même se demander si M. Ciotti ne se moque pas un peu du monde.

Éric Ciotti et la surenchère sécuritaire

Cela fait maintenant un certain temps que M. Ciotti et un certain nombre de ses collègues de droite ont fait de l’immigration, de la sécurité et du terrorisme leur niche électorale particulière. Plus exactement, sur ces trois thèmes, la seule technique médiatique et politique qu’ils semblent capables de soutenir se réduit à la surenchère sécuritaire, c’est-à-dire se placer toujours plus à droite sur l’échiquier politique pour exister médiatiquement, sans trop se soucier ni de la réalité, ni des atteintes portées aux libertés fondamentales. Plus à droite en France ne signifie pas plus d’implication des citoyens dans leur propre sécurité ou encore une réflexion sur une politique pénale adaptée aux circonstances du moment, mais bel et bien d’appuyer toujours sur les mêmes boutons : plus de pouvoirs aux politiques, plus de policiers, l’armée partout dans les rues et des libertés publiques sous surveillance, pénalisant ainsi essentiellement le citoyen ordinaire.

Éric Ciotti et l’état d’urgence

Ainsi, M. Ciotti s’était particulièrement illustré au moment du débat sur l’état d’urgence, reprochant à l’exécutif sa tiédeur et son trop grand attachement à l’État de droit face aux possibles attaques terroristes. Nicolas Sarkozy, candidat qu’il soutient aux primaires des Républicains, a quant à lui eu l’occasion de dire ce qu’il pensait de l’État de droit en les réduisant à des « arguties juridiques ». Ce mépris pour l’esprit du constitutionnalisme libéral est sans doute tout aussi inquiétant pour nous que la pusillanimité de la gauche. Rien ne garantit qu’une fois au pouvoir ils ne s’emploient pas à user et à abuser d’un pouvoir s’exerçant à la fois contre les criminels et les honnêtes gens.

Voir certains représentants de la droite « dure », ceux-là même qui surfent sur la vague d’émotion suscitée par les attentats, reprocher à François Hollande son cynisme tactique, c’est donc l’hôpital qui se fiche de la charité.

Voir les commentaires (3)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (3)

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Par Dora Triki, Alfredo Valentino, and Anna Dimitrova.

Bien que le nombre de décès dus au terrorisme ait diminué de 14 % en 2021, le nombre d’attentats terroristes dans les pays de la région Afrique du Nord et Moyen-Orient (MENA) reste élevé, et en conséquence, le terrorisme demeure une menace importante dans ces pays. Encore récemment, un attentat revendiqué des forces rebelles Houthis du Yémen a eu lieu à quelques kilomètres du site du Grand Prix de Formule 1 d’Arabie saoudite, qui réunissait fin mars l’élite du sport automobile inte... Poursuivre la lecture

C’est la dernière ligne droite avant l’élection présidentielle, et Valérie Pécresse continue de stagner dans les sondages.

??? L'évolution de l'ensemble des sondages publiés pour le premier tour :

?Macron 29% ↘️ ⚫️Le Pen 18% ↗️ ?Mélenchon 14% ↗️ ?Pécresse 11% ↘️ ?Zemmour 11% ↘️ ?Jadot 6% ➡️ pic.twitter.com/ulxIu1T0DB

— mathieu gallard (@mathieugallard) March 24, 2022

Parmi les raisons qui affaiblissent sa candidature, certains accusent le silence embarrassant de celui qui reste le mento... Poursuivre la lecture

liberté d'expression internet
5
Sauvegarder cet article

Il va devenir difficile de distinguer ce qui fait le charme un peu rude des dictatures orientales de la soyeuse bonté des démocraties occidentales : chaque jour qui passe accroît l'évaporation rapide des principes fondamentaux de nos démocraties et tout indique qu'on se dirige vers un monde où penser de travers vaudra sinon mise à mort physique, au moins mise à mort sociale...

Pour étayer ce constat, on pourrait par exemple jeter un œil au dernier bulletin produit par le Homeland Security, l'administration américaine en charge de la sé... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles