Universités d’été du Medef : couacs en séries

De façon assez curieuse, le MEDEF a invité certains candidats à la primaire des Républicains à son université d’été, mais pas tous. Faut-il y voir une mauvaise manière faite à certains ?

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Universités d’été du Medef : couacs en séries

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 31 août 2016
- A +

Par Éric Verhaeghe.

Le MEDEF en recherche d’espérance
By: Alexander BaxevanisCC BY 2.0

Tiens ! c’est la rentrée du MEDEF… avec sa traditionnelle université d’été (la 18e… l’âge adulte !) au campus HEC de Jouy-en-Josas. Cette année, la thématique est « Y croire et agir !« . Il fallait un certain culot, en ces temps de déchirement autour de la religion, pour avancer le concept et même le revendiquer. On peut d’ailleurs se demander dans quelle mesure ce slogan aurait pu se retrouver sur l’une ou l’autre banderole politique ou associative.

Des maladresses diplomatiques vis-à-vis des Républicains

De façon assez curieuse, le MEDEF a invité certains candidats à la primaire des Républicains, mais pas tous. Faut-il y voir une mauvaise manière faite à certains ?

François Fillon interviendra par exemple en même temps que Jean Lassalle, candidat probable du centre droit à la présidentielle, et Olivier Faure, député socialiste, sur le thème Donnez-nous des raisons d’y croire, qui sonnera sans doute comme un exercice autobiographique. Bruno Le Maire et Nicolas Sarkozy interviendront de concert, face à Jean-Marie Le Guen, sur le thème du Y croire, comment ?, où ils pourront prodiguer quelques conseils au sous-ministre des relations avec le Parlement. Alain Juppé terminera l’exercice en solo avec Y croire, pourquoi ?

Cette programmation un peu baroque semble tout de même pleine de couacs, avec un traitement qui pourrait apparaître comme très favorable à Alain Juppé, qui sera sans contradicteur, alors que Nicolas Sarkozy devra répliquer à l’un de ses rivaux. On espère pour le staff du MEDEF qu’il s’est bien backé avec chacun des candidats… et spécialement avec Nicolas Sarkozy. Dans le cas contraire, et dans l’hypothèse où Nicolas Sarkozy remporterait la présidentielle, c’est tout de même le genre de bévue qui laisse des traces.

Mauvaise série pour Pierre Gattaz

Certains ironiseront au demeurant sur le “bon bougre” de Pierre Gattaz qui ne tient pas son organisation, et dont la programmation de l’université d’été constitue l’une des illustrations. Pour Pierre Gattaz, il ne s’agira que d’un rouage de plus en plus dans un engrenage qui l’a conduit sur la touche. Le réarbitrage cet été du pacte de responsabilité, avec un ciblage de la baisse de l’impôt sur les sociétés en faveur des TPE et des PME l’a montré. L’Élysée ne croit pas, ou plus, à Pierre Gattaz, et le prouve chaque jour.

Dans cette disgrâce (relative), les circonvolutions sinueuses du président du MEDEF dans ses engagements sur l’emploi ont beaucoup pesé. Ses revirements sur la loi Travail n’ont pas aidé. Tout laisse à penser que cette université d’été n’affermira guère la crédibilité de son président face à un exécutif qui entame sa campagne pour sa réélection. Probablement en vilipendant, une fois de plus, les patrons sous toutes leurs formes.

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Créer un compte Tous les commentaires (8)
  • Pierre Gataz:
    1 million d’emplois « promis »
    2016: 2 millions d’emplois ….
    Attendons 2017 ce seront: 3 millions d’emplois
    Je n’ose pas imaginer ce que seront ses « promesses » pour 2020 ……..

    • Et les promesses de François Hollande, vous en pensez quoi ?
      Pierre Gattaz n’a pas été élu par la majorité des Français !
      Et pour créer des emplois, il faut pouvoir quand les impôts et les charges plombent les entreprises et les font disparaître.
      Il n’y a que l’ Etat et toutes ses créations qui peuvent se le permettre car nous sommes là pour payer…

    • Le MEDEF ne recrute personne. Il n’ a pas de client, pas de produit ni de service à vendre. Le MEDEF n’est pas une entreprise et Gattaz pas un entrepreneur (en tant que président du MEDEF). Les entrepreneurs, qu’ils soient membre du MEDEF ou non, ne sont pas engagés par les promesses du MeDEF. Encore heureux, d’ailleurs, qu’ils prennent leurs décisions en fonction de leurs marchés et de leur organisation.
      Voilà pourquoi il ne faut pas tenir compte des promesses du MEdEF. C’est tout simplement idiot.

  • Les commentaires sont fermés.

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photo d'Eric Ciotti
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