Crise du lait : les ferments du socialisme

Vaches-Guy Buchmann(CC BY-NC-ND 2.0)

En pleine crise du lait, le département américain de l'agriculture soutient les producteurs par l'achat de fromage destiné à l'alimentation des pauvres.

Par Matthieu Mistret.

crise du lait
Crise du lait-Vaches-Guy Buchmann(CC BY-NC-ND 2.0)

On a beaucoup entendu parler de la crise du lait en France. Les prix seraient trop bas et les marges des distributeurs trop élevées. Aux États-Unis, la crise du lait sévit aussi. Le Département de l’Agriculture américain (USDA) a trouvé une solution que certains qualifient de surprenante. D’un point de vue libéral, cela va au-delà de la surprise…

L’État achète du fromage

La solution choisie par l’USDA est simple : le département va acheter 11 millions de livres de fromage avec pour objectif de réduire les surplus qui sont à leur niveau maximal depuis 30 ans. Ce fromage sera ensuite redistribué aux banques alimentaires à travers le pays, via le programme d’assistance nutritive de l’USDA. Les revenus des producteurs seront donc soutenus alors qu’ils ont baissé de 35% en deux ans. Le Secrétaire à l’Agriculture, Tom Vilsack, déclare :

« Nous comprenons que les producteurs laitiers connaissent des difficultés en raison des conditions du marché et que les banques alimentaires continuent d’enregistrer une forte demande d’assistance. »

Un amendement à la loi d’ajustement agricole de 1933, issue du New Deal, permet de pratiquer ce genre de manœuvre. Cela fait par ailleurs deux ans que l’USDA fournit des aides aux producteurs dans ce contexte difficile.

Crise du lait : les bonnes intentions

Quand un libéral entend parler du New Deal, il se méfie. Les supposés bienfaits de cette énorme relance par la dépense publique sont très contestésRien de surprenant à ce que les mêmes recettes soient aujourd’hui utilisées par l’administration Obama qui a surpassé le plan de relance des années 1930.

Le cas de la crise du lait ne représente évidemment pas un niveau de dépenses extrêmement élevé. Il est pourtant symptomatique soit d’une certaine incompétence économique de la classe politique, soit d’une trop grande propension à se draper de bonnes intentions pour satisfaire des lobbys. En l’occurrence, le déclenchement de ce plan fait suite à une requête du Congrès, de l’Union Nationale des Fermiers, de L’American Farm Bureau Federation et de la Fédération Nationale des Producteurs de Lait.

Ainsi, l’USDA justifie sans trop de problème une distorsion de marché par la fourniture de « nourriture fortement protéinée » aux pauvres et par l’aide aux producteurs qui seraient les victimes des conditions de marché elles-mêmes. Le contribuable américain paye donc pour du fromage qu’il n’a pas souhaité acheter et pour nourrir des pauvres qui ne sont pas sortis de leur misère avec l’interventionnisme qui inspire l’action de l’USDA. Ce fromage contient de purs ferments de socialisme…