Les classes moyennes gagnent moins qu’en 2008

Publié Par Éric Verhaeghe, le dans Social

Par Éric Verhaeghe.

Family-Classes moyennes By: Kat GriggCC BY 2.0

L’INSEE a produit une étude qui montre qu’en 2013 les classes moyennes n’avaient toujours pas retrouvé leur niveau de vie de 2008. Si l’on peut regretter le gloubi-boulga auquel se livre notre institution statistique nationale en plein déclin, ces chiffres éclairent toutefois de façon saisissante la montée du Front National à chaque élection depuis quelques années.

La mesure des classes moyennes

Je n’épiloguerai pas ici sur la notion de classe moyenne, un serpent de mer français à géométrie très variable. Par commodité, je propose de trancher le débat en considérant que les classes moyennes correspondent aux revenus situés autour de la médiane, c’est-à-dire le ventre mou des rémunérations.

Le tableau de l’INSEE reproduit ci-dessus donne une bonne illustration du problème que ces catégories ont rencontré depuis la crise de 2008 :

http://www.eric-verhaeghe.fr/classes-moyennes-gagnent-quen-2008/

Niveaux de vie-http://www.eric-verhaeghe.fr/classes-moyennes-gagnent-quen-2008/

Depuis 2008, la répartition des revenus en France a très peu bougé. L’indice de Gini s’est à peine dégradé de 2 millièmes sur la période. Cela signifie donc que toutes les catégories de revenus ont partagé l’effort. Toutefois, le tableau suivant montre que cet effort ne s’est pas distribué de la même façon si on l’étudie décile par décile :

http://www.eric-verhaeghe.fr/classes-moyennes-gagnent-quen-2008/

http://www.eric-verhaeghe.fr/classes-moyennes-gagnent-quen-2008/

Autrement dit, le niveau de vie du premier décile est celui qui a le plus baissé, mais la correction due à la fiscalité a permis de corriger les effets de la crise. Les troisième et quatrième déciles présentent le paradoxe d’avoir vu leur niveau de vie baisser du fait de la fiscalité. Si le revenu médian a connu une quasi-stabilité, les autres déciles sont tous passés sous la barre d’1% de progression annuelle du fait de la fiscalité.

Depuis 2008, l’effort de correction fiscale est donc intense… et probablement mal supporté par la population.

Au passage, on regrettera que l’INSEE rationne les données qu’elle livre au public. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir reçu des injonctions politiques sur le sujet. La bonne vieille Union européenne en a d’ailleurs rajouté une louche en rappelant que les données publiques doivent être librement réutilisables, donc accessibles dans leur totalité sous format numérique. Mais l’INSEE semble ne pas vouloir respecter les règles démocratiques.

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