Présidentielles : Juppé conforté, Sarkozy distancé

Présidentielles : Juppé conforté, Sarkozy distancé By: Virginia Manso - CC BY 2.0

Selon un sondage Ifop, les intentions de vote aux présidentielles confortent Alain Juppé comme candidat naturel de la droite et confirment les difficultés de Nicolas Sarkozy.

Par la Rédaction de Contrepoints.

Présidentielles : Juppé conforté, Sarkozy distancé By: Virginia Manso - CC BY 2.0
Présidentielles : Juppé conforté, Sarkozy distancé By: Virginia MansoCC BY 2.0

Un sondage IFOP Fiducial pour I-télé, Paris Match et Sud Radio1 de Juin 2016 porte sur les intentions de vote aux élections présidentielles de 2017.

Un premier tour des présidentielles à droite…

Au premier tour, quatre hypothèses sont encore réalisables selon le candidat Les Républicains qui sera désigné entre Alain Juppé, Nicolas Sarkozy, François Fillon et Bruno Le Maire. Seul Alain Juppé arrive à dépasser Marine Le Pen au premier tout, bénéficiant sans doute du soutien de François Bayrou. En revanche, Nicolas Sarkozy ne recueillerait que 22% (35% pour Alain Juppé). Cela ne décolle pas pour l’ancien Président dont le rejet parait plus profond qu’une simple réaction épidermique. Toujours est-il que ce sont les deux seuls candidats à droite capables de réellement distancer François Hollande puisqu’ils le devancent respectivement de 21 et 7%. Les deux candidats potentiel restants, François Fillon et Bruno Le Maire, ne le distanceraient que de 3 et 1%, laissant de bonnes chances d’accéder au second tour au sortant. Notons enfin que si Jean-Luc Mélenchon se rapproche de François Hollande, François Bayrou n’est pas franchement distancé et pourrait facilement devenir le quatrième, voire le troisième homme, deux rôles qu’il a déjà joué par le passé.

Intentions de vote au premier tour des élections présidentielles de 2017 - IFOP juin 2016.
Intentions de vote au premier tour des élections présidentielles de 2017 – IFOP juin 2016.

L’évolution des intentions de vote dans les cas Sarkozy et Juppé depuis novembre dernier montre que le premier ne parvient pas à percer alors que le second se maintient à des niveaux très élevés. Quant à François Hollande, il chute inexorablement malgré la communication entourant les prétendus meilleurs chiffres de l’économie.

Evolution des intentions de vote au premier tour des présidentielles depuis novembre 2015 - hypothèses Sarkozy et Juppé.
Evolution des intentions de vote au premier tour des présidentielles depuis novembre 2015 – hypothèses Sarkozy et Juppé.

… et un second tour couru d’avance

Au second tour, quel que soit le candidat Les Républicains, une large victoire sur Marine Le Pen se profile. Alain Juppé la battrait avec 67% des voix, François Fillon avec 60% des voix, Bruno Le Maire avec des 57% voix tout comme Nicolas Sarkozy. Ces écarts tendent à se réduire mais il ne faut pas négliger une part incompressible de votants qui excluent Marine Le Pen en toute situation, rendant – pour le moment – le scénario de son élection très improbable.

Intentions de vote au second tour des présidentielles selon le candidat Les Républicains qualifié - juin 2016
Intentions de vote au second tour des présidentielles selon le candidat Les Républicains qualifié – juin 2016

Deux fins de cycle ?

On observe plusieurs constantes dans les sondages successifs :

  • Marine Le Pen réaliserait un score jamais atteint auparavant par un candidat du Front National.
  • François Hollande poursuit sa chute. Auparavant simplement menacé de se retrouver troisième, il se voit forcé de s’inquiéter de ses poursuivants, Jean-Luc Mélenchon et François Bayrou plus que de sa qualification pour le second tour qui semble bien lointaine.
  • Nicolas Sarkozy ne parvient pas à percer. Le rejet qu’il suscite semble profond et ses premières sorties en campagne non officielle ne convainquent pas. S’il domine assez largement Bruno Le Maire et François Fillon, dont l’investiture semble de moins en moins probable, Alain Juppé reste loin en tête. Au seul bénéfice des voix de François Bayrou ? C’est possible, mais le résultat reste le même. L’ancien Président n’a plus le succès d’antan. Traditionnellement, une élection se gagne au centre. C’était le cas en 2012 et Nicolas Sarkozy a commis l’erreur de l’ignorer.

Albert Einstein définissait la folie comme le fait de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent. François Hollande et Nicolas Sarkozy ne sont certainement pas fous mais le recours à des stratégies qui n’ont jamais fonctionné (l’un prétend que la situation s’améliore alors que ce n’est pas le cas et l’autre prétend gagner en « droitisant » son discours) ne suggère rien de rassurant quant à leur capacité à comprendre les besoins et aspirations d’un pays fatigué et nerveux.

  1. L’enquête a été menée auprès d’un échantillon de 1 858 personnes inscrites sur les listes électorales, extrait d’un échantillon de 2 009 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne interrogée) après stratification par région et catégorie d’agglomération. Les interviews ont été réalisées par questionnaire auto-administré en ligne du 14 au 17 juin 2016.