14 juin : mini manif, maxi violence (vidéo)

Sur l’esplanade des Invalides mardi dernier, il était un peu question de critiquer la loi Travail. Il était surtout question d’en découdre avec la police.

Par Éric Verhaeghe.

photo manif (capture d'écran)J’ai assisté à la manifestation du 14 juin dont j’ai ramené des clichés et des vidéos pour attester de ce que j’ai vu. Et objectivement, à l’issue d’un « spectacle » de près de 4 heures, je me suis demandé comment les organisations syndicales pouvaient accepter de prêter leur bannière et leur sigle à une pareille mascarade.

La violence comme objectif

J’ai rejoint la manifestation à Montparnasse. En fait, j’avais cherché à la traverser à Port-Royal, mais l’accès était soigneusement fermé par les forces de police, présentes tout au long du parcours. Il fallait donc précéder la manifestation pour trouver un point encore ouvert et s’inscrire dans le parcours des manifestants. Je suis arrivé juste à temps pour assister à l’arrivée du cortège:

Une centaine de mètres plus loin, l’ambiance se tendait déjà et, arrivé à l’approche de l’hôpital Necker, les premiers affrontements entre les casseurs et la police avaient lieu. J’ai assisté, près de l’hôpital, à des scènes hallucinantes où des corps de manifestants encagoulés attaquaient frontalement les cohortes de policiers en armure et parvenaient même à les encercler pour les bombarder de projectiles et leur asséner des coups.

Il était évident que la manifestation devenait le prétexte à autre chose et, en particulier le prétexte d’un déferlement de haine et de violence sans aucun rapport avec les objectifs affichés par les organisations syndicales.

La violence joyeuse

manif rené le honzecIl faut mesurer à quoi correspond la violence des casseurs dans les manifestations. Ils sont plusieurs centaines à se faufiler dans la foule, assez bien organisés, et capables de harasser les forces de police, un foulard et un capuchon sur la tête, jusqu’à les affronter directement dans des bagarres de rue impressionnantes.

Pour préparer celles-ci, les casseurs ramassent soigneusement tous les projectiles susceptibles de renforcer leur feu. Ces projectiles, ce sont des canettes des bières, mais surtout des pierres, des pavés, des branches d’arbre qui traînent ou des bouteilles de verre : tout ce qui peut toucher, blesser, faire mal.

Une tactique prisée des casseurs consiste à faire mine de se disperser pour battre en retraite puis, au signal, à faire demi-tour en courant en groupe sur les forces de l’ordre pour les charger, les couvrir de projectiles, de coups, puis repartir en sens inverse. Ces techniques de guérilla sont combattues par les forces de l’ordre avec des grenades lacrymogènes et toutes sortes de gaz qui irritent les yeux.

Le spectacle terrible de l’esplanade des Invalides

Le plus terrible fut le spectacle offert sur l’esplanade des Invalides. Pendant deux heures, des affrontements sporadiques sur l’ensemble de la place ont transformé la manifestation en une sorte de rixe géante où la motivation politique se réduisait à des slogans anti-capitalistes.

Les casseurs présents sont-ils vraiment des étrangers ? Sont-ils vraiment minoritaires ?

En vérité, le petit millier de jeunes décidés à en découdre que j’ai vus sur la place parlaient tous français, et certains portaient des bannières syndicales très françaises.

Sur l’esplanade des Invalides, il était un peu question de critiquer la loi Travail. Il était surtout question d’en découdre avec la police.

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