Les 3 stratégies de François Hollande

François Hollande est désormais en campagne : il distribue l’argent public, les bonnes paroles et stigmatise les méchants. Dans quelle catégorie êtes-vous ? À vous de voir !

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Les 3 stratégies de François Hollande

Publié le 2 juin 2016
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Par Serge Federbusch.

By: Jean-Marc Ayrault - CC BY 2.0
By: Jean-Marc AyraultCC BY 2.0

La placidité avec laquelle François Hollande trace son sillon force l’admiration.

Il existe à ses yeux trois catégories d’individus : ceux qu’il faut arroser d’argent public car ils sont potentiellement violents ou votent massivement pour lui ; ceux qu’on peut duper et qu’il berce de promesses et enfin ceux qui votent mal ou ne présentent aucune menace. Ces derniers sont perdus pour sa cause et seront les plus maltraités.

Ceux qu’on arrose

Dans la première catégorie on trouve naturellement les enseignants, à qui un milliard d’euros viennent d’être promis. Certains voient même briller dans un miroir à volatiles la jolie somme de mille euros par mois en fin de carrière ! À ce rythme de dilapidation, l’État se sera effondré avant qu’ils parviennent à l’échelon indiciaire de leurs rêves. La promesse présidentielle n’engage que le nombre de gogos qui y croiront. Mais Hollande n’en a cure : leurs yeux se dessilleront seulement après 2017, sait-on jamais.

Il n’y a aucune limite au pari de la stupidité des électeurs que François Hollande fait en permanence. Manipulation et enfumage sont l’alpha et l’oméga de sa méthode de gouvernement.

Au même moment, sont confirmées en effet les distributions aux intermittents du spectacle, retirées les quelques mesures d’économies dans la recherche, satisfaits les dockers, cajolés les élus locaux, les contrôleurs aériens, les éleveurs, augmenté le point d’indice des fonctionnaires et les rémunérations des apprentis, etc, etc. Il ne faut d’ailleurs y voir qu’une forme d’emballement, d’accélération pré-électorale.

Encore des promesses

Depuis plus d’un an, à chacun de ses déplacements, Hollande égrène les promesses. Ses dépenses pré-électorales s’élèvent déjà à 6 milliards d’euros. Sachant que le scandale Bygmalion portait sur une dizaine de millions et le dépassement des comptes de campagne reproché à Sarkozy 18 millions, Hollande méritera bientôt le surnom de « Bygmilliard ».
Dans ces circonstances, la seule question qui vaille est : cette méthode délétère sera-t-elle politiquement efficace ? Hélas, il n’est pas dit que cette démagogie ne soit pas un peu payante. Prenons l’exemple alsacien. En avril 2015, le (p)résident de la République a fait escale à Strasbourg où il a signé deux contrats avec la ville et la région Alsace.

Le premier, «Strasbourg, capitale européenne» portait sur une durée de trois ans (2015-2017), comme par hasard, et s’élevait à 148 millions d’euros dont plus de 40 versés par l’État. Cet argent va notamment financer «la construction du quartier d’affaires international», dixit alors Roland Ries, le maire de Strasbourg. Il servira aussi à améliorer l’accessibilité de la ville, à renforcer le rayonnement culturel européen ou au développement du campus européen.

Pour ce dernier chantier, François Hollande a assuré qu’il y aurait «des crédits supplémentaires». Le second texte était un contrat de plan par lequel l’État entend octroyer 394 millions d’euros des 836 millions d’euros d’investissements prévus, notamment un projet de contournement routier. Les élus locaux étaient aux anges et les lobbies du cru satisfaits.

Et que s’est-il passé dimanche dernier lors d’une élection législative partielle à Strasbourg ? Dans la première circonscription du Bas-Rhin, le socialiste Éric Elkouby a conservé le siège d’Armand Jung à la « gauche » avec 53,8% des suffrages, face à son adversaire LR Jean-Emmanuel Robert. La participation y était ridiculement faible. Mais, là comme en Loire-Atlantique sur les terres d’Ayrault il y a quelques semaines, le vote des fonctionnaires, notamment territoriaux et celui de tous les perfusés et stipendiés n’en a eu que plus d’impact.

La démocratie représentative dévoyée

Hollande 3 stratégies rené le honzecC’est l’illustration parfaite de la démocratie représentative dévoyée par le clientélisme lui-même financé par la dette. La route de la servitude est parsemée de petits relais où l’on peut se délasser aux frais de l’État-qui-paie-c’est-gratuit, tant que celui-ci ne s’est pas encore effondré.
En petit politicien arrivé par miracle dans la cour des grands, François Hollande fait le pari que ces méthodes, étendues aux grandes corporations, seront efficaces au plan national.

Mais ce calcul est douteux. Certes, Hollande parviendra sans trop de difficultés à obtenir que Bruxelles le laisse tranquille jusqu’en 2017.

La drôlatique manière dont les 15 milliards d’euros d’économies affichés par le gouvernement au titre du budget de 2015 et brandis à Bruxelles se sont révélés, selon la Cour des comptes, 300 misérables petits millions, ce qui n’a pas eu l’heur d’inquiéter la Commission. Les fonctionnaires qui la peuplent veulent éviter que la France ne plonge et ne les entraîne dans sa déroute.

Plus délicate en revanche est la compétition corporatiste immédiate que cette tactique a déclenché. Le pouvoir faible est rapidement assailli et, au fond, Martinez, chef de la CGT, ne fait que son travail et rend même service à la démocratie en éclairant d’une lumière crue la logique à l’œuvre dans les palais gouvernementaux.

Nul doute que, s’il doit recourir à nouveau à l’article 49 alinéa 3 de la constitution pour faire adopter la loi El Khomri, François Hollande tentera de calmer les frondeurs en leur expliquant que l’exemple strasbourgeois leur laisse quelque espoir de réélection.

En attendant, le niveau de l’eau, monte, monte, monte et la pluviosité ambiante en est comme une traduction symbolique, un signe que les Anciens auraient interprété comme celui du courroux divin.

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  • C’est vrai que la France vu de l »étranger, même proche, donne une impression d’un pays non gouverné. En France tout le monde s’en fout de l’intérêt commun et ne regarde que son nombril sous couvert du service public, comme les intermittents du chômage ou les fonctionnaires dont le nombre semblent exploser notamment dans les collectivités territoriales. On embauche sans raison, j’ai même le cas dans ma famille où le Conseil Général des Vosges (pardon départemental) embauche alors qu’il n’y a strictement aucun besoin.
    Flamby est le pire président que j’ai connu, le plus incompétent total, complètement dépassé par les évènements, mais au final il s’en fout lui aussi et ne regarde que son nombril pour se faire ré-élire. Oui la France est entrain de crever, surement en phase terminale d’ailleurs…avec la remonté des taux prochainement, le pire reste à venir pour que la France coule sous sa dette insolvable.

  •  » françois hollande est une escroquerie  » ( julien assange ) ; une petite phrase qui est une réalité ;

  • « Il n’y a aucune limite au pari de la stupidité des électeurs que François Hollande fait en permanence. »
    Entièrement d’accord avec vous Serge, Hollande est un cynique de la pire espèce mais on ne saurait trop lui en vouloir puisque les gens continuent de voter comme des cons. Cependant je trouve aussi que ça commence à sentir un peu et Hollande me fait penser à Al Pacino à la fin du « Parrain » quand il se fourre le nez dans la coke sans retenue. Il règne un parfum de débâcle et je sens venir le moment où il va sortir son arsenal du placard, défourailler dans tous les coins et essayer d’entraîner un maximum de monde avec lui dans sa chute. Malheur à ceux qui passeront à proximité mais il ne pourra pas tenir bien longtemps. L’année 2016 va être très dure pour tout le monde…

  • Je ne vois pas l’intérêt que vous portez à ce triste Pierrot
    Faire de la publicité à un parjure notoire qui … persiste … et … signe !!!!

    • Je ne porte aucun intérêt à ce sinistre personnage, mais il a une capacité de nuisance qui m’interdit de lignorer. Il ne faut pas demander aux français moyens d’être héroïques, désintéressés en permanence. La pratique éhontée du chéquier, pratiquée sélectivement au bon moment est dune grande efficacité électorale. Comme le résultat est toujours 50% à peu de chose près, il peut suffire davoir les quelques suffrages qui font la différence dans une catégorie, les profs les fonctionnaires.
      Ensuite, je suis vraiment bon, jai été réélu et après moi le déluge.

      • Oui enfin vu le temps ces jours ci c’est plutôt « pendant moi le déluge ». Encore un exploit hollandesque…

        • En effet, il n’a plus besoin de sortir pour qu’il pleuve!
          Cet individu est la pire chose qui ait été infligée à la France depuis la seconde guerre mondiale.
          Il n’a pas de personnalité, il est très moyennement intelligent et pas très cultivé; il n’est ni poli, ni brillant, n’a pas le sens du ridicule, il est profiteur, menteur, il ne sait pas se vêtir, il est maladroit, goujat, jaloux et revanchard avec les hommes meilleurs que lui…
          Evidemment, il n’a honte de rien…Lorsque cet intrus partira, je me demande s’il loupera la dernière marche en descendant l’escalier….

  • L’insignifiant opportuniste qui occupe le poste de chef de l’État est prêt à tout depuis 4 ans pour se faire réélire: c’est son seul objectif. Et malgré ses 15% d’opinions favorables, c’est un politicien suffisamment cynique, retors, intelligent, tenace et persévérant pour utiliser les failles du système et l’incompétence de ses opposants pour réussir son projet de hold-up.
    Je répète ça depuis 3 ans et on me regarde comme un débile. Tout démontre aujourd’hui qu’il sera réélu.

    • Ce matin hollande est à 13% source TNS Sofres-OnePoint pour Le Figaro

    • On ne devrait pas vous regardez comme un débile, votre pari tient la route avec suffisamment de « si » : « si » Hollande est second au premier tour, et « si » le peuple se laisse enfumé comme en 2002.
      Mais ça reste un pari.
      Au demeurant, je serais fort aise de le voir se barrer, mais aucun des prétendants plausibles ne me semble mieux, de sorte que ça ne serait hélas pas si grave si il se maintenait à la présidence…

  • Une gestion responsable ? Les frondeurs l’ont déjà dit : ils n’ont pas été élus pour ça! Dépenser l’argent que l’on a pas, voilà une vrai valeur du socialisme.

  • Votre constat est malheureusement juste. Maintenant une question me taraude et me met en colère: Pourquoi si peu d’électeurs se déplacent-ils? Par lassitude?

    • La question à poser est plutôt « pourquoi tant d’électeurs se déplacent encore ? » ça va changer quoi ? pas l’assemblée nationale, pas la politique de Hollande/Valls, et dans un an ils revotent.

  • Je viens de terminer ma déclaration d’impôts sur le revenu, et ça fait très très mal !
    Vous me direz qu’il vaut mieux payer beaucoup d’impôts que peu ou pas.
    D’accord avec vous, sauf que …
    je n’approuve pas du tout ce que ce gouvernement fait de mon argent !
    Le pays s’enlise, la dette s’accroît pour les générations futures. Le niveau scolaire ne cesse de baisser. Nos entreprises ferment les unes après les autres. Mais notre président distribue de plus en plus généreusement en France et à l’étranger le fruit de notre travail ! Si l’avenir est rose pour lui, pour moi le ciel français est bien noir !
    J’espère que les électeurs se mobiliseront en 2017 pour un vrai changement, mais je suis plus que pessimiste.

  • C’est fort bien résumé, mais ces trois « stratégies » sont en réalité trois tactiques au service d’une seule et même stratégie, le but ultime étant sa réélection et l’accompissement définif de « La Décomposition française », que décrit Malika Sorel-Sutter.

  • Merci à Serge FEDERBUSCH pour son analyse.
    François HOLLANDE est un homme politique d’une grande finesse qui a su tirer les leçons du Gaullisme et du besoin des français de confier les clefs de « la république » à ce qu’ils croient être l’homme providentiel du moment.
    Notre président sait donc considérer les français pour ce qu’ils sont et, pour ce qu’ils sont capables de faire, notamment, pour formuler des revendications sectorielles ou catégorielles sans se préoccuper de l’intérêt général.
    Par exemple, l’état d’esprit libéral, le respect des droits de chacun et les décisions politiques et économiques qui peuvent y être associées, ne peuvent avoir cours en France; ceci, alors même que dans un pays libéral voisin – la Suisse – on est parvenu au plus haut niveau de vie d’Europe avec un taux de chômage inférieur à 3%.
    Le boute-en-train MACRON est descendu dans l’arène politique pour sauver la situation avec le rôle de « picador » contre les « éléphants » de l’opposition..
    Quand la corrida du deuxième tour aura lieu………à chacun ses pronostics !

  • avant de chercher une stratégie il faut se définir un but.
    le but de hollande…..rester en place , la stratégie est donc très simple et même simpliste: utiliser son pouvoir pour conquérir les gens influents et /ou influençables : 40 ans qu’il pratique , il a de l’expérience..en fait , il n’a même pas besoin de changer ses habitudes ni d’avoir de stratégie, et cela se voit dans son mépris total des français (ou autres) sans importance pour arriver à ses fins .

  • Les commentaires sont fermés.

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