Marrakech 2016 : le Maroc relève le défi du changement climatique

Publié Par Isidore Kwandja Ngembo, le dans Afrique

Par Isidore Kwandja Ngembo.

Drapeau marocain

Drapeau marocain By: Kristian ThøgersenCC BY 2.0

Le Royaume du Maroc va accueillir, pour la seconde fois, la vingt-deuxième session de la Conférence des parties (COP22) de la Convention-cadre des Nations unies sur le changement climatique (CCNUCC) du 7 au 18 novembre 2016, à Marrakech. Une rencontre annuelle pour faire un état des lieux des avancées réalisées, depuis l’accord de Paris, dans la lutte contre les changements climatiques. Parmi les axes prioritaires autour desquels s’articulera l’action du Royaume du Maroc, il y a en bonne place la mise en application de l’accord de Paris et l’appui aux pays en développement et vulnérables, notamment les petits États insulaires.

Pour rappel, le Maroc en 2001 et l’Afrique du Sud en 2011 sont les deux pays africains qui ont déjà accueilli une conférence des Nations unies sur le changement climatique. Les accords issus de la septième session de la Conférence des parties (COP7) de Marrakech avaient non seulement défini les règles d’application du Protocole de Kyoto, mais aussi permis de mettre en place de nouveaux instruments de financement et de planification en vue de l’adaptation aux changements climatiques, et d’établir un cadre pour le transfert de technologies.

Une année après la réussite de la COP21 de Paris qui a abouti à un accord historique pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES), le Maroc met les bouchées doubles pour accueillir de nouveau la COP22, quinze ans après, dans la même ville de Marrakech. Le souverain du royaume chérifien, Sa Majesté le Roi Mohammed VI, a chargé les différents ministères de son gouvernement à concourir à une bonne préparation de cette conférence mondiale sur le climat, pour en assurer un succès retentissant.

C’est dans ce cadre qu’un colloque international, sous le thème « Migrations climatiques : tendances et enjeux », a été organisé le vendredi 20 mai 2016 au Centre d’accueil et de conférences du ministère de l’Équipement à Rabat.

Inclure la question des migrations climatiques à l’agenda international

La question des migrations climatiques préoccupe au plus haut point le Maroc qui est tout à la fois un pays d’émigration, d’immigration et de transit pour les migrants qui cherchent à gagner le territoire européen. Le gouvernement du royaume chérifien tient à saisir l’occasion qui lui est offerte d’accueillir de nouveau la COP22 pour attirer l’attention de la communauté internationale sur la nécessité de protéger les droits des personnes qui sont forcées de quitter temporairement ou définitivement leur milieu de vie habituel à cause des effets du changement climatique.

De ce fait, le Maroc voudrait s’engouffrer dans la brèche qui a été ainsi ouverte dans le préambule de l’accord de Paris qui consacre la création d’une Task force pour faire face à la mobilité humaine, pour intégrer la question des migrations climatiques à l’agenda international. Une question qui jamais auparavant n’a figuré en une aussi bonne place sur l’agenda international que voudrait faire le Maroc.

Ainsi, en réunissant les experts et éminents spécialistes dans le domaine des migrations climatiques venus d’Amérique du Nord, d’Europe et d’Afrique pour un colloque international, le pouvoir organisateur de la conférence de Marrakech a bien voulu, par l’entremise du ministère en charge des Marocains résidant à l’étranger et des Affaires de la migration, prendre le pouls de différentes opinions au sujet du lien direct ou indirect entre les catastrophes naturelles dues aux changements climatiques et les flux migratoires que l’on observe ces dernières années, pour développer son argumentaire face à cette problématique, lors de la COP22.

La diaspora marocaine met la main à la pâte pour le succès de la COP22

Le gouvernement marocain qui tient à mobiliser le plus grand nombre d’États et d’organisations de la société civile à participer activement à la COP22 a voulu formellement associé également les Marocains issus de la diaspora, en leur offrant un espace de réflexion et collaboration pour assurer un franc succès à cet événement planétaire. Ils ont répondu présents et sont venus de tous les continents pour participer à ce colloque. Chacun, à sa manière, a apporté un éclairage particulier au mieux de ses compétences pour aider leur pays à tirer le meilleur parti des avantages de la tenue d’une telle conférence mondiale sur le territoire national.

La présence à ce colloque du ministre chargé des Marocains résidant à l’étranger et des Affaires de la migration, Monsieur Anis Birrou et de celui des Affaires étrangères et de la coopération, et président en exercice du comité de pilotage de la COP22, Monsieur Salaheddine Mezouar, accompagnés du Commissaire et du président du comité scientifique de la COP22, était un signe évident que le gouvernement marocain ne veut rien laisser au hasard pour le succès de cette conférence.

Aussi bien dans les discours introductifs du ministre Mezouar que de celui du ministre Birrou, tous ont déclaré que la COP22 sera celle de l’action et de la mise en œuvre des résolutions de la COP21. Il s’agit bien entendu d’assurer le développement et le transfert Nord-Sud, voire Sud-Sud des technologies propres et novatrices en matière d’adaptation et d’atténuation aux effets du changement climatique; de crédibiliser et renforcer la confiance des pays en développement et vulnérables qui payent déjà le plus lourd tribut, tant économiquement, socialement qu’écologiquement; de mobiliser les gouvernements, les acteurs non étatiques et la société civile dans le cadre du Plan d’actions Lima-Paris consacré à l’Accord de Paris ; de mobiliser et encourager le plus grand nombre des États parties à ratifier l’accord de Paris ; et surtout de mobiliser les États à honorer leurs engagements financiers, notamment les 100 milliards de dollars promis à la COP21 d’ici 2020.

Le Maroc qui ambitionne d’exercer un leadership stratégique dans la lutte contre le changement climatique en Afrique et jouer le rôle pivot pour faciliter le partenariat triangulaire Nord-Sud-Sud, voudrait attirer le plus d’investissements vers le continent africain, qui ne parvient toujours pas à capter autant de financements du Fonds vert pour le climat, faute de projets bancables. Il veut également accompagner les pays en développement dans la préparation de leurs plans nationaux d’adaptation et apporter une assistance technique aux pays vulnérables dans la préparation de leurs projets afin d’accéder facilement au financement.

En effet, si la COP20 de Lima était favorable pour négocier un accord contraignant, la COP21 de Paris était celle de finalisation et d’adoption de cet accord. Espérons, en définitive, que la COP22 de Marrakech sera bien celle de l’action et de la mise en œuvre de cet accord conclu à Paris. Une COP22 devra faciliter l’adoption des outils opérationnels dans la ligne droite du plan d’actions Lima-Paris-Marrakech.

 

  1. et surtout de mobiliser les États à honorer leurs engagements financiers, notamment les 100 milliards de dollars promis à la COP21 d’ici 2020.
    Tout est dit.
    Et pour le justifier, il suffit de qualifier de « climatiques » toutes les migrations. L’espèce humaine, qui a le plus de capacités à s’adapter ne saurait pas le faire face à une augmentation de moins de 1° par siècle?

  2. Article qui prend pour acquis le caractère anthropique du réchauffement climatique au XXème siècle, donc déjà, ce n’est pas très sérieux. En plus, je suis étonné de voir que sur un site libéral, on fasse la promotion de transferts/investissements de 100 milliards de dollars de manière étatique et non pas en laissant faire le jeu de l’attractivité de chaque pays.

  3. Albert Labranche

    Changements climatiques, rien a voir avec l’activité humaine.
    C’est le soleil qui décide. Nous commençons une période de refroidissement
    Les changement climatiques anthropiques, l’arnaque scientifique du sciecle.
    Honte a vous
    Vous pouvez ignorer la vérité, mais vous ne pourrez pas ignorer les résultats.

    1. « Nous commençons une période de refroidissement »
      Sûr ! Ça saute aux yeux : http://imgur.com/ZCB1STU

        1. Vous avez remarqué que ce sont les mêmes données. La seule différence est que votre graphe :
          – débute en ’80, ce qui masque le contexte
          – s’arrête en mai 2015, et ne montre donc pas le températures record de ces derniers mois
          – montre les moyennes mensuelles, ce qui donne une grande importance au bruit (la variabilité naturelle) par rapport au signal.

          Une comparaison plus judicieuse aurait été http://woodfortrees.org/plot/hadcrut4gl/mean:12 simplement (avec toujours les derniers mois absents, parce que les données de woodfortrees ne sont pas à jour).

          1. Ça ne change pas grand chose à la conclusion. Le fait qu’il y ait eu un réchauffement durant le XXème siècle est indéniable et non-remis en cause, du moins à la marge. J’ai fait commencer en 1980 pour justement être honnête et montrer qu’il y avait une tendance haussière auparavant.
            Mais on voit bien que nous oscillons autour d’un plateau depuis une quinzaine d’années. Vous êtes tout content car ces derniers mois, ça monte, mais je pense que vous n’auriez pas accepté que quelqu’un vous montre ce même graphe lorsque la tendance était à la baisse il y a quelques années (la courbe « qui descend » juste avant que « ça remonte »), ça aurait été malhonnête.
            La tendance est là : il n’y a pas de corrélation avec le CO2.

      1. Si vous préférez continuer a croire ceux qui vous mentent depuis 20 ans libre a vous.
        Au moins informez vous sur les refroidissements climatiques et activité solaire.
        Le réchauffement a cessé en 1998 le refroidissement en 2007

        1. Le refroidissement commence en 2007

  4. Que vient faire un article apologétique de la cop21/22 sur ce site, L’escroquerie sous le soleil serait-elle plus glamour?
    Les tartufes fortement rémunérés serons comblés!

    1. Si la pluralité des points de vue vous gène, il y à l’Huma , l’ensemble de la presse CGT subventionnée, France.Sphincter (ex Radio Paris) et la télé pour vous satisfaire.

  5. tous les avis peuvent s’exprimer , une telle adhésion au réchauffement climatique sur contrepoint me laisse sans voix

  6. Là je vois qu’on en est déjà au second degré…

  7. Les marocains ne sont pas stupides, ils se disent « Pourquoi ne pas tenter de piquer un maximum de fric a ces idiots sui croient en l’idéologie (infondée) du réchauffement climatique anthropique ! »

  8. Qu’est-ce qu’on fait pour tous les migrants européens qui vont se réfugier au Maroc en hiver pour des raisons climatiques. 22 vla Marrakech prévoit-il qqch ?

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