La France, pays des blocages

Publié Par Marc Lassort, le dans Social

Par Marc Lassort.
Un article de l’IREF-Europe

La France, pays des blocages

Grève By: patrick janicekCC BY 2.0

Preuve que la contestation sociale et les conflits du travail paralysent l’activité économique, la France est championne du nombre de jours de grève au sein d’un ensemble de 16 pays avancés, selon les calculs de la fondation allemande Hans Böckler, avec 139 jours de travail perdus pour faits de grève dans le secteur privé sur 1000 actifs sur la période 2005-2012. L’Allemagne est loin derrière avec 16 jours de grève sur 1000 actifs, quand le Royaume-Uni est à 23, l’Autriche à 2 et la Suisse à 1, sur la période 2005-2013 (voir graphique). Cela cause évidemment des effets négatifs sur la productivité et la rentabilité des entreprises, et empêche un dialogue social sain et productif entre les partenaires sociaux.

Les syndicats de salariés sont la principale force de blocage

Les syndicats de salariés sont les principaux responsables de cette situation. Ils constituent l’une des principales forces de la résistance au changement en entraînant un maximum de salariés dans la confrontation sociale lorsque les réformes ne se conforment pas à leur idéologie. Toutes les réformes du marché du travail engagées par les gouvernements successifs dans les trente dernières années ont entraîné les oppositions musclées des principales forces syndicales « représentatives » par le biais de nombreuses manifestations, grèves et actions politiques. Pourtant, la France se distingue par le plus bas taux de syndicalisation en Europe (à l’exception de l’Estonie) et un des plus bas taux au sein des pays de l’OCDE : il était de 7,7 % en France en 2013, contre 16,2 % en Suisse, 18,1 % en Allemagne, 25,8 % au Royaume-Uni, et entre 50 et 70 % dans tous les pays nordiques (voir graphique).

Le financement des syndicats doit reposer sur les cotisations

En France,cette sous-représentativité des salariés français est d’autant plus inquiétante, anormale, voire malsaine que ces syndicats qui ne représentent pas grand-chose ont tout pouvoir sur les négociations sociales qu’ils négocient pour l’ensemble des salariés et souvent malgré l’avis de ces derniers. Au surplus, le financement de l’activité syndicale souffre d’une immense opacité qui a été notamment remise en cause par le rapport Perruchot. Selon ce rapport, le nombre de salariés syndiqués a été divisé par 4 tandis que les ressources financières ont été multipliées par 20 depuis une soixantaine d’années.

De plus, même si les évaluations sont approximatives et sujettes à caution, le financement des syndicats repose principalement sur les contributions des entreprises et des employeurs (environ 90 %), sur les subventions de l’État et des collectivités territoriales (4 à 5 %), sur des dotations versées par des administrations comme l’Unedic, les caisses de Sécurité sociale ou sur les fonds récupérés au titre de la formation professionnelle (2 %). Les entreprises contribuent également beaucoup par le biais de mise à disposition de locaux. Mais les cotisations des membres ne représenteraient que 3 à 4 % du total ! Il n’est pas étonnant qu’avec un niveau aussi faible de cotisations, les syndicats ne cherchent pas à attirer de nouveaux membres et qu’ils défendent avant tout les intérêts de leur propre organisation et d’une minorité d’activistes plutôt que les intérêts de long terme des salariés dans leur ensemble.

Pour faire accepter les réformes, il faut sortir du centralisme à la française

Pour mettre fin à cette situation insupportable de blocage et de refus de la modernisation nous proposons deux réformes à engager successivement :

1) Pour faire en sorte que les syndicats redeviennent une force de proposition et de réforme, plutôt que d’opposition et de blocage, il faut revenir à un syndicalisme d’adhésion et accroître le taux de syndicalisation. Il est urgent de supprimer les subventions de l’État et des collectivités aux syndicats, ainsi que les dotations au titre du paritarisme, de supprimer le monopole de la représentativité syndicale, et d’imposer la transparence des ressources en imposant la publication des comptes consolidés des organisations syndicales. Ainsi, les syndicats devront chercher à accroître le taux de syndiqués et commencer à défendre leurs intérêts plutôt qu’une idéologie dépassée.

2) Pour que les réformes soient mieux acceptées par la population, et que le marché du travail puisse s’adapter aux réalités économiques locales et sectorielles, il faut que l’État substitue le centralisme et la législation nationale au dialogue social avec les syndicats au niveau des entreprises, et accessoirement seulement au niveau des branches professionnelles et interprofessionnelles. Il faut que la loi ne définisse que les principes généraux du droit du travail, et laisse aux partenaires de l’entreprise le soin de négocier les conditions de travail, d’hygiène et de sécurité, le niveau des salaires, la durée du travail… Mais cette réforme ne saurait être envisagée avant d’avoir d’abord profondément réformé le financement des syndicats, en le faisant reposer bien davantage sur les cotisations plutôt que sur la subvention publique et le financement par les entreprises.

Sur le web

  1. C’est ce qui se disait à « C’est dans l’air » hier. Je pense qu’il serait mieux pour réformer la France de commencer par Négocier avec les syndicats leur propre réforme de fonctionnement, sur les bases que vous proposez. Et laissons tomber la loi « connerie » pour l’instant, cela évitera une chute économique catastrophique en juin.

  2. Je pense que le seul moyen de réformer la France serait de voter Mélenchon ! Les Français ont besoin de voir ce qu’un socialiste pur jus et jusquauboutiste ferait et d’en voir les résultats. Trop de Français ne comprennent toujours pas l’économie et vivent encore la lutte des classes et dans une France à l’ancienne, c’est le seul moyen de les réveiller.

  3. « La France, pays des blocages » : blocage de quoi et pour qui ? Blocage des changements que la finance mondialisée veut imposer aux Françaises et aux Français (comme elle le fait dans tout les autres pays du Monde), via son bras armée l’Europe ? Blocages des casses sociales qui aboutissent à sur-enrichir une poignée de familles voire de personnes, et à sur-appauvrir toutes les « autres » personnes ou familles ? C’est de la faute du travailleur si la pauvreté s’étend plus en plus sur la Terre en en France singulièrement, alors qu’une poignée de personnes ou de familles capte à son profit la moitié au moins des richesses produites ? Ne serait il pas temps de repenser tout cela, de mettre un terme à cette situation source d’injustices insupportables, de misères et de désespoirs de tous ordres ? Je ne suis encarté nulle part, ni dans un parti politique, ni dans un syndicat. Je ne l’ai jamais été, mais si je n’approuve pas la violence, je la comprends dans ce qui ses passe ici en France et ailleurs puisque c’est devenu la seule voie possible de résistance. La démocratie ne fonctionne plus nulle part. Ceux du « monde d’en bas » qui veulent faire entendre leur voie, ne sont pas entendus et encore moins écoutés par ceux du « monde d’en haut » qui manipulent, mentent, falsifient, trompent et dilapident de manière outrancière.

    1. Ha, quel tissu d’absurdités. Vus savez que votre argumentaire est très semblable à celui d’Hitler (il ajoutait juste juive à la finance mondialisée) ? On sait qui vous auriez soutenu en 40 (80 % des collabos étaient des gauchistes. A lire l’historien Simon Esptein)
      Au la méchante finance complote contre la France. Lol. Il faut arrêter de fumer

      Il faut lire « La France injuste : 1975-2006 : pourquoi le modèle social français ne fonctionne plus » de Timothy Smith qui est social démocrate (donc on ne peut pas l’accuser de biais idéologique), celui ci démontre comment le modèle social francais loin d’être redistributif envers les plus pauvres sert à certaines catégories de personnes (notamment les fonctionnaires). Cet ouvrage démontre, dans une perspective de centre gauche, que le modèle français est : premièrement, de manière générale, non redistributif envers les pauvres ; deuxièmement, il est lui-même la cause principale du chômage ; troisièmement, il est injuste pour les jeunes, les femmes, les immigrés et leurs descendants ; enfin, quatrièmement, il est intenable financièrement.»

      1. texte complet sans bug : Je ne change aucun iota à ce que j’ai écrit et vos insultes ne me touchent absolument pas. Je ne puise pas mes pensées dans un vivier de pensées émises par d’autres. Je suis assez grand garçon pour penser « par moi même » au lieu de me mettre à la remorque d’une quelconque bien pensance subventionnée directement ou indirectement par la finance.
        En savoir plus sur http://www.contrepoints.org/2016/05/25/254111-la-france-pays-des-blocages#Gv0cawL7yBdST313.99

        1. hum … désolé, mais votre « pensée par vous même » me semble, disons, embryonnaire.
          La fin (à partir de « Ne serait il pas temps de repenser tout cela … ») est un cri de révolte qu’à peu près tout le monde partage — y compris ceux que vous appelez « monde d’en haut » ! — , mais qui ne mérite pas le nom de « pensée » : pas de diagnostic, pas de méthode, pas du but, pas de moyen et, last but not least, pas la moindre volonté de vous engager, c’est à dire d’être près à payer vous-même de votre personne et de vos ressources pour que ça change.
          Le début, pareil, avec en plus des expressions qui, excusez moi, mais sont effectivement de la rhétorique puante (*) et pas de la « pensée ».

          Bref : avant de « repenser tout cela » il va falloir vraiment PENSER, et vous n’avez même pas commencé. Vu d’ici, vous avez l’air complétement « à la remorque d’une bien pensance subventionnée directement ou indirectement » par ceux là-même contre lesquels vous pestez et qui vous transforme en idiot utile à leur profit.
          Au contre de l’auteur de l’article, qui, lui, présente une pensée articulée, avec laquelle vous semblez violemment en désaccord, mais qui est cohérente : si les français sont des adultes, ils sont près à payer eux-même volontairement ce qui est bon pour eux, et le financement forcé des syndicats ne se justifie pas : ils les financeront eux-même de bon cœur. A contrario, prétendre qu’un financement forcé se justifie c’est affirmer que le peuple est idiot et que son avis n’a aucune importance, c’est à dire que c’est prétendre que la démocratie c’est nul : il ne faudra pas venir se plaindre après que « La démocratie ne fonctionne plus » …

          (*) Hitler n’était pas, de loin, le seul à mobiliser ce genre de rhétorique, il n’était donc ni très fin ni très juste de la part de Jacques de marquer son point godwin

    2. Il faudra nous expliquer pourquoi tant de francais s’exilent dans des pays bien plus libéraux (Grande Bretagne, Australie, Suisse,….) ?
      Pq les immigrés ne veulent pas aller en France et préfèrent la Grande Bretagne ?
      J’imagine que pour vous, tous ces gens sont masocistes.
      Vous allez encore nous vanter le fameux modèle social que tout le monde nous envie mais que personne ne copie ??

      « a pauvreté s’étend plus en plus sur la Terre » Guignol avant de dire n’importe quoi, il faut se enseigner. Il n’y a jamais eu aussi peu de pauvreté au niveau mondial. La pauvreté mondiale a été divisé par deux ces dernières décennies. Il n’y a jamais eu aussi peu de faim dans le monde

      Tous les égalitaristes perdent toute crédibilité quand on voit qu’ils passent sous silence le rôle joué par l’état dans la montée des inégalités. Par exemple, les banques centrales jouent un grande rôle dans la montée des inégalités expliquée ici
      http://davidstockmanscontracorner.com/how-central-banks-cause-income-inequality-mises-org/
      Pourtant, les gauchistes ne parlent jamais de cela. Cela me fait marré tous les gauchistes qui sont immigrationnistes et qui sont favorable aux QE: les QE creusent les inégalités tout comme l’immigration dans les pays riches accroissent les inégalités dans ces pays. C’est incohérent de défendre l’immigration puis reprocher qu’il y a trop d’inégalités dans notre pays. http://www.emploi-2017.org/quel-lien-entre-immigration-et-inegalites,a0478.html L’université de Linnæus a démontré que sans l’immigration les inégalités n’avaient pas augmenté en Suède. Je pense que dans bcp de pays riches, si on faisait de tels études, on arriverait à de tels résultats à savoir que sans l’immigration, il n’y a pas eu d’augmentation des inégalités.
      Attention, ce n’est pas pour cela qu’il faut être contre l’immigration. De nombreuses études ont montré le bienfait de l’immigration au niveau économique notamment les études du PNUD, de l’OCDE ou encore pour la France de l’université de Lille
      Faites des études sur l’inégalité en France en prenant en compte l’immigration et je suis prêt à parier que les inégalités n’ont pas augmentés

      1. J’espère pour vous qu’une fois que vous m’ayez traité de « guignol », vous vous sentez apaisé et fortifié de l’intérieur : vous vous êtes bien défoulé ! Mais rassurez-vous je ne m’aventurerai pas à descendre dans le caniveau avec vous. Pour commencer, vous me parlez de « gauchiste » comme si j’en été un, alors que j’ai pris la peine d’indiquer que je ne suis encarté à aucun mouvement politique et à aucun syndicat : je suis un Français libre qui pense librement et qui s’exprime librement sans chercher à agresser quiconque. Cela dit, je suppose que, pour avoir écrit ce que vous avez écrit, vous ne devriez pas connaître les fins de mois difficiles, ni ce que c’est d’être malnutri, carencé, l’estomac vide, d’être mal logé dans des conditions difficiles et inhumaines lorsqu’on l’est, de ne pas disposer de moyens suffisants pour s’habiller, pour se faire soigner, pour s’éclairer à l’électricité, se chauffer convenablement lorsqu’il fait froid à l’extérieur non seulement parce que « le chauffage connais pas » mais aussi parce que « vêtements chauds connais pas aussi », d’être obligé d’aller quémander quelques moyens de subsister auprès des « restos du cœur » (par exemple), de ne pas pouvoir mâcher sa maigre pitance parce que l’on est « sans dent » et que l’on ne peut pas demander l’aide d’un dentiste, de regarder défiler les touristes sans pouvoir aller plus loin que la croisée de chemin d’à côté, etc. etc. Je ne vais pas me lancer dans une énumération exhaustive : vous comprenez bien ce que je veux dire. Quant à affirmer « qu’il y a moins de pauvreté dans le monde », ça c’est la propagande officielle. Il y a « tant de Français qui s’exilent dans bien de pays plus libéraux », me dites vous et vous me citez des pays situés hors de l’Europe » (sauf la GB qui réfléchit sérieusement à en sortir), ce qui prouve bien que l’Europe devient de plus en plus une vaste et évidente zone de non-liberté et de non-avenir pour ces Français qui s’en éloignent et pour vous qui approuvez implicitement ces éloignements. Quant à la politique migratoire, il y aurait beaucoup à dire, mais le temps et la place ici me manquent. Pardonnez-moi.

    3. L’extrême pauvreté tombe sous les 10 % de la population mondiale en 2015. C’est du jamais vu. Il n’y a jamais eu aussi peu de pauvreté dans le monde.

    4. La rigidité du travail crée du chomage de masse. Je sais que pour vous, mieux vaut un chomeur pauvre qu’un travailleur pauvre. La plupart des pauvres (et surtout ceux qui sont dans un état de pauvreté extrême) dans nos pays sont des gens ne travaillant pas. Donc, il est faux d’affirmer que la flexibilisation du travail appauvrit les gens. Dans les pays où les marchés d’emplois sont flexbles, les travailleurs précaires sont les jeunes et les gens sans qualifications deux sortes de catégorie qui en France sont au chômage. Le marché d’emploi flexible permet aux jeunes de s’inrérer dans le marché du travail (et même si au début, ils auront des emplois précaires. Ils auront au fur et à mesure du temps des meilleurs emplois). Le travail permet aux personnes peu qualifiés d’acquérir de l’expérience et de la qualification

    5. votre commentaire serait valable si effectivement c’était la » France d’en bas  » qui bloquait le pays. Or pour l’instant ce n’est pas le cas. La grande majorité de ceux qui bloquent le pays sont des privilégies au contrat de travail avantageux .
      Drôle de pays où Personne ne veut payer d’impôts , et pourtant 47% en payent sans qu’on leur ai demandé leur avis. et ça ne gêne pas les 53 % qui n’en payent pas.
      Drôle de pays où plus personne ne veut travailler: le travail c’est dur ,le travail c’est pénible, pas le samedi, pas le dimanche, pas trop longtemps ,c’est mal payé, mon patron m’exploite ,le travail méne au burn out, j’ai mal au dos ….. Mais bordel arrêtez de geindre . Si vous n’êtes pas content partez, allez voir ailleurs ayez ce courage là plutôt que d’emmerder et de pourrir la vie des autres . Secouez vous , libérez vous, décidez d’être autonome et vous comprendrez peut être que le bonheur ça ne se décrète pas, ça se vit .allez courage et au revoir.

    6. Exact oh combien Delor. Mais quelle action internationale (seul niveau où une action pourrait avoir quelque chance d’efficacité) proposeriez vous de mener contre ces « ultra-riches » ? Car toute action « locale » est nécessairement vouée, du fait des échanges internationaux, à n’amener qu’appauvrissement plus grand au plan de ce « local »…

    7. On peut comprendre que les trop nombreuses personnes qui ont des difficultés soient sensibles aux discours des syndicalistes qui prétendent défendre les salariés et agir pour leur bien. Mais faire écho à la révolte des gens peut être aussi un moyen de les manipuler.
      N’avez-vous pas remarqué que ces altruistes refusent obstinément que leurs conventions collectives rejoignent les conditions normales? Qu’ils se battent surtout pour leurs propres avantages que les autres paient (entre autres ceux qui ont des difficultés qui sont évoqués plus haut)? Que depuis ds décennies qu’ils sont à l’oeuvre, le chômage n’a cessé d’augmenter ainsi que les lrélèvelents, et donc les salaires réels?

      Enfin, peut-on simplement dire qu’on en a assez de ces gens des syndicats et de l’Etat qui, depuis des années, disent qu’ils veulent faire notre bonheur malgré nous et même contre nous? De quel droit nous dire que ces blocages, c’est pour notre bien? N’est-ce pas à nous de juger de ce qui est bon pour nous?

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