La Loi Travail en lambeaux

La secrétaire d'Etat à la ville Myriam El Khomri aux côtés du maire de Pierrefitte-sur-Seine Michel Fourcade (Crédits : Chris93, licence CC-BY-SA 4.0)

La loi travail promettait de réformer le code du travail, elle s’attachera finalement à des détails.

Par Jacques Garello.

Myriam El Khomri, ministre du travail et de l'emploi, aux côtés du maire de Pierrefitte-sur-Seine Michel Fourcade
La secrétaire d’Etat à la ville Myriam El Khomri aux côtés du maire de Pierrefitte-sur-Seine Michel Fourcade (Crédits : Chris93, licence CC-BY-SA 4.0)

Les jours à venir vont nous ménager d’agréables surprises à l’Assemblée Nationale. Christophe Sirugue, rapporteur du texte en lambeaux de la loi El Khomry, a fait son compte : il manquait 40 voix. 40 = 49-3 c’est la nouvelle équation de Valls, qui pourtant n’aime pas passer en force, ce qu’il a fini par faire.

Il faut dire que tout s’est ligué contre cette belle loi, saluée au départ avec un enthousiasme irréfléchi comme la totale réforme du Code du travail. Les coups les plus rudes ont été portés par les syndicats choqués de se voir éliminés des entreprises qu’ils ont mises un demi-siècle à coloniser. Mais ensuite les jeunes, ces braves garçons et filles de l’UNEF, ont apporté leur écot, ce qui leur a permis de toucher à leur tour un écot sous forme d’allocation universitaire. Enfin, c’est Nuit De Boue qui a subjugué les médias et les forces de l’ordre, donnant à l’opposition à la loi son vrai visage : contre les réactionnaires et pour la lutte des classes.

Devant Nuit Debout, le pouvoir s’est couché, ce qui est signe d’une vraie démocratie. Donc le chômage pourra désormais s’inscrire dans une courbe ascendante à forte pente. La paix sociale aura pu renaître de ses cendres et de ses casses. La guerre civile n’est pas pour demain, à moins qu’il y ait un mort, tel jadis Malik Oussekine. À tout prendre il vaudrait mieux que ce soit un gendarme.

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