Le « troll » de Moscovici sur les racines chrétiennes de l’Europe

Racines chrétiennes de l’Europe : Moscovici cherche à cliver à bon compte en trollant les « de droite » pour mieux resserrer les rangs des « de gauche » derrière son parti.

Par Guillaume Nicoulaud.

Pierre Moscovici ne croit pas aux racines chrétiennes de l'Europe.
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Ainsi donc, Pierre Moscovici ne croit pas aux racines chrétiennes de l’Europe.

Le christianisme étant né, grosso modo, autour de l’an 30 et l’Europe, au sens géographique comme au sens de ses populations, ayant existé bien avant ça, il est assez évident que les racines de l’Europe ne peuvent être chrétiennes. Concrètement, la christianisation de l’Europe est un phénomène très long qui commence vraiment sous Théodose (l’édit de Thessalonique, en 380) et va se poursuivre au-delà de l’an mil, date à laquelle les peuples scandinaves et slaves seront définitivement christianisés. De ce point de vue, dire que les racines de l’Europe ne sont pas chrétiennes ne relève pas de la croyance mais de l’évidence.

Politiquement et culturellement les racines de l’Europe sont chrétiennes

Néanmoins, d’un point de vue culturel et politique, il est tout aussi évident que les racines de l’Europe sont bel et bien chrétiennes. Où que vous alliez en Europe, vous aurez toutes les peines du monde à trouver un village qui n’ait pas son clocher surmonté d’une croix ; aussi loin que vous remontiez jusqu’à l’effondrement de l’Empire romain d’occident, vous aurez autant de mal à trouver une entité politique qui n’ai pas, à l’origine, fondé son unité et sa légitimité sur le christianisme — la France, fille aînée de l’Église, en premier lieu.

De ces deux simples constatations de bon sens, nous pouvons conclure que la sortie de M. Moscovici ne relève ni d’une conviction personnelle ni d’une quelconque démarche intellectuelle. Le commissaire européen cherche simplement à cliver à bon compte en trollant les « de droite » (avec les réactions qu’on devine) pour mieux resserrer les rangs des « de gauche » (idem) derrière son parti. L’histoire récente des hochets sociétaux et autres considérations symboliques dont nous abreuvent nos politiques démontre assez bien que rien ne mobilise mieux la foule bêlante des colleurs d’affiches. Las, une fois encore, ça marche, cette fois sur les racines chrétiennes de l’Europe.

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