Le droit de grève dans les transports en commun ? [Replay]

Comment concilier liberté de protester et liberté d’accès aux services publics ?

Par Nafy-Nathalie D.

rené le honzec les nouveaux aristos

L’État français, bien imprégné de socialisme, a fabriqué une quantité de « faux droits » et passe son temps à arbitrer entre des droits souvent contradictoires qui limitent les libertés individuelles. Le droit de grève en est un exemple criant. Il est reconnu depuis 1864 et ce sont les libéraux qui l’ont fait adopter.

En effet, si on part de l’idée que le salarié vend son travail à un employeur qui l’achète, rien n’interdit au salarié de mettre en péril son travail et de choisir de faire grève – c’est sa liberté. Je suis profondément libérale et je soutiens ce droit de grève.

Mais comme nous sommes dans un État noyé de socialisme, ce n’était visiblement pas suffisant : il a fallu produire des lois, des règles pour que le salarié qui fait grève ne mette pas en jeu son contrat de travail en la faisant… et là on est retombé dans un système inégalitaire et dans les notions d’égalitarisme et de totalitarisme.

Actuellement, nous connaissons une nouvelle vague de grèves : Radio France, les contrôleurs aériens, bientôt les enseignants, et ainsi de suite.

La définition de la liberté individuelle la plus courante est celle de l’article 4 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 :

« La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l’exercice des droits naturels de chaque homme n’a de bornes que celles qui assurent aux autres membres de la société la jouissance de ces mêmes droits. »

Mais « la liberté est l’autorisation de n’obéir à aucune autre loi extérieure que celles auxquelles j’ai pu donner mon assentiment » (Kant, note de la 2e section de Vers la paix perpétuelle).

Les grévistes ont le droit de faire grève. Les usagers, qui payent, ont le droit d’avoir leur service en retour. Comment se sortir de cette situation ?

Il est impossible de contraindre les grévistes à reprendre le travail contre leur gré parce que ce serait le propre d’une société « esclavagiste »… et nous n’en sommes pas là, enfin, pas encore. Pourtant, en permettant ainsi la grève, il est impossible de ne pas fournir aux autres Français la continuité de service à laquelle ils ont légalement droit.

Précisons tout de même que seuls 6% des Français sont syndiqués. No comment !

De nombreux pays ont trouvé le moyen de concilier liberté de protester et liberté d’utiliser les services publics. L’idée de Thatcher d’autoriser les usagers à mener une action contre les syndicats grévistes ne me parait pas inintéressante. Pourquoi ne pas essayer ?