Nuit Debout et brouillard

René Le Honzec

Par René Le Honzec.

René Le Honzec
René Le Honzec

M. Finkelkraut, le penseur académicien, ancien maoïste, a voulu aller discuter avec les fameux nébuleux « veilleurs de la Nuit », nouvelles idoles de la presse subventionnée. Il s’est fait jeter et les a traités de « fascistes », ce qui montre qu’il a des réflexes de jeunesse et des faiblesses de l’âge, parce que ces « jeunes » ne sont qu’un nouvel avatar du bon vieux gauchisme, maladie débile du léninisme.

Problème, le marxisme s’est enfoncé tout seul dans sa propre fange dans le monde entier, et les peuples ont à peu près intégré que ce fut une catastrophe, bien que l’absence de Nuremberg du communisme permette des envolées lyriques et nostalgiques des Clémentine Autain, Mélenchon ou Pierre Laurent. Sans oublier la CGT, actuellement d’actualité, qui n’a jamais oublié son squelette idéologique et qui frissonne de tentations moustachues.

Problème, le bon vieux temps des années 70, que j’ai bien connues en Fac de Rennes, des AG aux discours élaborés uniformes aussi bien sur la glorieuse lutte du peuple vietnamien que sur l’autogestion yougoslave et les quantités de justes luttes des camarades ouvriers, sans oublier la haine envers la bourgeoisie, la suppression des examens et des notes bourgeois, le capitalisme et ses valets. Moi, j’étais déjà en face, contre, parfois tout contre, et nous étions bien peu nombreux.

Ce qui fait que j’ai l’impression de revivre 40 années de conneries bêlantes dont l’axe de pensée était de « faire un monde meilleur de solidarité entre les travailleurs du monde entier« , de la mythique « grève générale », de créer une société de contre-consommation, d’élever les chèvres au Larzac ou d’aller chercher l’illumination dans les herbes indiennes ; les discussions interminables qui visaient à permettre aux activistes d’imposer leurs points de vue par lassitude, les gens se barrant…

Il y a maintenant la touche bobo indispensable, mais toujours les mêmes ignorances revendiquées des économies, des systèmes politiques. Ils peuvent s’en foutre, ils n’ont rien à proposer et en sont conscients. Juste un brouillard idéologique rosâtre, avec un fumigène rouge par-ci par-là et des bougies vertes bio.

Nuit debout et brouillard : à mon tour de frémir en glissant que cela me rappelle de terribles moments de notre Histoire que je ne veux pas voir revenir…