Emmanuel Macron lance son mouvement politique « En Marche ! »

Emmanuel Macron a lancé ce soir à Amiens son propre mouvement politique appelé "En Marche !"

Par Alexis Vintray.

Emmanuel Macron, ministre de l'économie, lance son mouvement politique "En Marche !"
OECD Development Centre-Emmanuel Macron(CC BY-NC-ND 2.0)

Au cours d’une réunion citoyenne organisée à Amiens ce soir, le ministre de l’Économie Emmanuel Macron a annoncé le lancement d’un mouvement politique appelé « En Marche ! ». Un mouvement qui n’est pas un vrai parti mais vient conforter les ambitions politiques du jeune ministre (38 ans)/ Transpartisan, le mouvement acceptera la double appartenance pour les adhérents PS ou LR qui souhaiteraient le rejoindre.

L’annonce a été relayée aussitôt sur un compte Twitter créé pour le mouvement et qui a gagné en quelques minutes 1500 abonnés :

Dans le même temps, le hashtag #enmarche s’imposait sur Twitter comme « Trending Topic » ou #TT, c’est à dire l’un des sujets de discussion les plus actifs en France. A priori en raison d’une surcharge de trafic, le site du mouvement En Marche ! était inaccessible à 21h ce soir.

La ligne politique du mouvement présentée par Emmanuel Macron est cohérente avec son positionnement personnel, et résumée ainsi :

« Pour ceux qui sont convaincus que le pays est bloqué, qui ont le goût du travail, du progrès, du risque, qui vivent pour la liberté, la justice, et l’Europe. »

Les ambitions politiques d’Emmanuel Macron agitaient le microcosme politique depuis quelques mois et son annonce vient partiellement y répondre. Il a déclaré lors de cette réunion publique qu’une candidature à la présidentielle de 2017 « n’était pas sa priorité » confirmant son soutien annoncé à François Hollande pour la candidature PS à la présidentielle :

« Ce n’est pas un mouvement pour avoir un énième candidat de plus à la présidentielle, ce n’est pas ma priorité aujourd’hui. Ma priorité c’est la situation du pays. »

Très populaire pour son discours réformiste et d’ouverture de la France à la réforme et au monde, Emmanuel Macron a suscité un intérêt certain chez les libéraux, qui voient en lui un espoir pour une réforme « douce » de la France. Ainsi de Nicolas Beyls qui soulignait récemment dans ces colonnes les propos du ministre : « Je ne crois pas à la lutte des classes. » Au contraire, « être de gauche, […] c’est être davantage du côté du risque que de la rente. »

Reste à voir si les ambitions politiques d’Emmanuel Macron avec son mouvement « En Marche ! » déboucheront sur quelque chose : pour un Tony Blair ou un Bill Clinton, il a fallu auparavant une Margaret Thatcher et un Ronald Reagan. Enfin, comme l’écrivait l’historien Jérôme Perrier : « Rappelons-nous que tous les prédécesseurs d’Emmanuel Macron qui ont voulu moderniser la gauche de gouvernement ont tous échoué face aux courants majoritairement étatistes de leur propre parti. »

Souhaitons que cela ne soit pas le cas et que, au contraire, cette annonce bienvenue d’Emmanuel Macron renforce un courant réformateur à gauche, qui sache inventer un social-libéralisme à la française.

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Clip du mouvement :