Le socialisme si particulier de M. Macron

Publié Par Nicolas Beyls, le dans Économie générale

Par Nicolas Beyls.

Emmanuel Macron - Crédit Photo : OECD Development Center via Flickr (CC BY-NC-ND 2.0

Emmanuel Macron – Crédit Photo : OECD Development Center via Flickr (CC BY-NC-ND 2.0

Emmanuel Macron a lancé en novembre sa deuxième loi fourre-tout, intitulée « Nouvelles opportunités économiques », qui permettrait de déréglementer certains secteurs de l’économie française. Le ministre de l’Économie semble ainsi adopter la nouvelle politique économique de gauche préconisée par l’économiste libéral Jean-Marc Daniel dans un ouvrage de 2011, Le socialisme de l’excellence.

Dans l’introduction de son livre, Jean-Marc Daniel opère une distinction entre les premiers penseurs socialistes (Fourier, Saint-Simon) qui souhaitaient améliorer le sort des plus démunis, et ceux d’après 1848 qui veulent détruire la richesse au nom de la lutte contre la pauvreté. Emmanuel Macron marche dans les pas des premiers lorsqu’il paraphrase Paul Ricoeur dans l’émission Des paroles et des actes1 : « Être de gauche, c’est rendre l’homme capable ». Son but est d’améliorer la condition individuelle, mais sans recourir à une fiscalité punitive. Il déclare ainsi qu’être de gauche, « Ce n’est pas être un égalitaire jaloux »2.

D’après Jean-Marc Daniel, le principal clivage de notre société n’est pas la lutte des classes mais l’opposition entre rentes et talents. Emmanuel Macron refuse lui aussi le cadre d’analyse marxiste : « Je ne crois pas à la lutte des classes ». Au contraire, « être de gauche, […] c’est être davantage du côté du risque que de la rente »3. Ainsi seule la concurrence, renforcée par la fameuse loi Macron, permettra de réduire les inégalités et de « redonner plus de place aux jeunes et aux outsiders »4.

L’économiste et le ministre se rejoignent également sur l’obsolescence du statut de la fonction publique. Jean-Marc Daniel note avec malice qu’il a été supprimé en Suède, pays où la social-démocratie est pourtant forte. Cependant Emmanuel Macron a été désavoué par son propre camp lorsqu’il a déclaré en septembre que ce statut n’était plus adéquat.

Dans leur défense du « socialisme de l’excellence », Jean-Marc Daniel et Emmanuel Macron s’opposent d’abord à ce que le premier appelle le « socialisme de l’inflation » et le second « les dogmes des années 1980 »5, c’est à dire le keynésianisme. Tous deux refusent le recours trop facile à l’État, qui se traduirait par toujours plus de dépenses publiques, de dette et d’inflation.

Enfin, tous deux condamnent le quantitativisme simpliste et fustigent la réduction du temps de travail par la loi. Devant l’université d’été du MEDEF le 27 août dernier, le ministre de l’Économie a déclaré que « la gauche a cru que la France pouvait aller mieux en travaillant moins ». Jean-Marc Daniel l’approuve : un authentique social-démocrate ne devrait pas chercher à changer la vie à partir d’objectifs chiffrés comme les 35 heures, mais à promouvoir les talents.

Sur le web

Lire sur Contrepoints notre dossier socialisme

 

  1. France 2, 12 mars 2015
  2. Interview sur BFMTV mars 2015.
  3. Interview à Ouest-France, 1er septembre 2014.
  4. Interview à Paris Match, 27 février 2015.
  5. Interview à Paris Match, 27 février 2015.
  1. Réjouissons-nous si ce ministre est un peu plus éclairé que la bande de démolisseurs économiques obèses d’argent qu’ils n’ont jamais gagné dont il fait partie. Ceci étant, même si, selon l’expression consacré « cela va dans le bon sens », ses lois fourre-tout qui mettent plus d’un an à accoucher ne sont que d’infimes pas de fourmis. Si on reprend les chiffres officiels, 700 emplois par mois sont créés grâce aux « dévérouillage » de l’économie permises par Macron 1, soit 10 000 par an en étant généreux. A ce rythme, il faudra attendre 500 ans avant de retrouver le plein emploi… à supposer que son pédalomanique de patron arrête ses traits de génie qui ont créé 700 000 chomeurs en un peu plus de 3 ans, soit 18 000 par mois…

  2. « Le socialisme de l’excellence »

    Oh le bel oxymore!

    1. Mais si :

      Pol Pot, premier pour le rendement de son camp d’extermination : 99, 95 %

      Staline, premier pour ses déportations : 550 000 tchétchènes déplacés en une semaine

      Mao, premier pour le nombre de morts par famine : entre 30 et 40 millions.

      C’est ça le socialisme de l’excellence.

  3. le problème avec le socialisme, c’est …le socialisme.
    Faire croire qu’il peut être libéral est un non sens.
    Ceci dit, macron n’est pas au ps, et d’autre part ses lois dites libérales ne le sont pas toujours.

    1. Ne soyez pas si manichéen.
      Une entreprise c’est du socialisme pur, tout y est. Mais personne n’est obligé d’y entrer ou d’y rester, et ses relations avec le reste du monde ne relève pas de la prédation mais de l’échange libre. Et ça fait toute la différence.

      1. Une entreprise du socialisme pur ??
        De plus si personne n’est pas obligé d’y rentrer ou d’y rester, vue la pénurie d’emploi que la socialisation générale provoque, dans les faits une personne est bien souvent contrainte d’accepter le peu qu’elle peut obtenir et s’y accrocher coûte que coûte…
        Alors certes le fonctionnement d’une entreprise est fortement socialisé, mais uniquement parce que la législation l’est.
        Un retour au contrat de travail librement négocié, sans le carcan du « droit » du travail, et le « socialisme d’entreprise » ne sera plus.

        1. Une entreprise est toujours le lieu d’une « propriété collective des moyens de production » avec un chef qui dans les fait se comporte comme le seul propriétaire et des relations hiérarchisées.
          C’est à dire qu’elle est purement socialiste, par nature, partout, toujours, pas en raison de la législation spécifiquement française contemporaine. Ce qui explique d’ailleurs que bien des patrons ont été, sont, et seront tout à fait à l’aise avec le socialisme.

          1. Vous n’avez visiblement pas fréquenté beaucoup d’entreprise dans votre vie…

            « Une entreprise est toujours le lieu d’une « propriété collective des moyens de production » avec un chef qui dans les fait se comporte comme le seul propriétaire et des relations hiérarchisées. »

            Une entreprise n’est absolument pas le lieu d’une « propriété collective des moyens de production ».
            Tout ce qui est dans l’entreprise appartient au créateur de l’entreprise, peut importe les moyens mis en place par les socialistes pour le dépouiller de ces biens.

            « Ce qui explique d’ailleurs que bien des patrons ont été, sont, et seront tout à fait à l’aise avec le socialisme. »

            Je connais énormément de patrons. Les seuls qui sont à peu près à l’aise avec le socialisme sont les quelques cyniques qui bouffent dans la gamelle de l’argent des autres.
            Ils sont largement minoritaires.

            Quelqu’un qui connaît la valeur du travail, la difficulté de gagner 1000 euros par soi mêem ne peut par définition pas être socialiste.

            1. + 10000
              Mais Monsieur « M » n’a pas tort en ce qui concerne les entreprises publiques et para-publiques, comme par exemple : la SNCF, la Poste, la Banque de France, GIAT, SNCM… j’en passe et des meilleures. Mauvaise gestion, endettement pharaonique, déficit permanent, rendement sédimenté, productivité négative, effectif pléthorique, pantouflage de connivence, absentéisme chronique… et bien sûr recapitalisation publique… en effet du pur socialisme !

            2. Vous semblez ignorer me semble t’il que nombre d’entreprises sont aujourd’hui sous la forme de sociétés.
              Ce qui sous tend, contrairement à ce que vous écrivez, que l’entreprise est la propriété de ses actionnaires, dont peut faire partie le dirigeant, mais seulement partiellement, et non celle de son créateur exclusivement.

              Je trouve que véhiculer l’idée que l’entreprise appartient au créateur à de nombreuses personnes trop promptes précisément à dénigrer l’entreprise n’est pas salutaire. En effet la méconnaissance des principes juridiques et comptables de nombre de personnes envieuses des chefs d’entreprises les confortent dans leur raisonnement et doit pleinement les satisfaire.

              1. Partiellement… oui
                49.9 pour cent en pleine propriété et quelques pour cent de plus en propriété détournée… famille, amis, autre société…
                Ca peut faire beaucoup non ?
                Arrêtez de ne voir que les « grosses » entreprises cac 40.

                1. Etre actionnaire majoritaire d’une entreprise (PME) n’a rien de choquant en soi. C’est souvent le résultat d’idées (brevet), de travail, et bien sûr de prise de risques ainsi que beaucoup de soucis face à l’hydre socialiste. Et cela doit être récompensé.

                  Ceux qui sont envieux n’ont qu’à se prendre par la main et en faire autant. Mais il est tellement plus facile d’attendre des autres…

                  Dehors le socialisme destructeur, mortifère…

            3. AH, mais c’est que le monsieur que vous citez, comme d’ailleurs beaucoup de gens de gauche, confond joyeusement le patron (l’actionnaire) et le patron (le salarié dirigeant l’entreprise en tant que mandataire social, pour le compte du premier). Ce deuxième « patron » est en effet souvent très à l’aise avec le socialisme, la « stakeholder theory » et tous les progressivissmes du monde qui lui permettent de se goinfrer et de se faire bien voir avec l’entreprise (et donc l’argent) du premier (l’actionnaire, le vrai patron).

              Par contre il est vrai qu’on peut (en détournant un poil le sens des mots, certes) dire qu’une société par action est un lieu de propriété collective : plusieurs actionnaires détiennent en commun un bien, l’entreprise. Mais c’est pas vraiment la propriété collective au sens collectiviste : chacun est propriétaire d’une part exactement définie et n’a de droits de vote et à rémunération (dividende) qu’à hauteur de cette part.

            4. Ma réponse s’était égarée, il semble… La voilà à sa place.

              AH, mais c’est que le monsieur que vous citez, comme d’ailleurs beaucoup de gens de gauche, confond joyeusement le patron (l’actionnaire) et le patron (le salarié dirigeant l’entreprise en tant que mandataire social, pour le compte du premier). Ce deuxième « patron » est en effet souvent très à l’aise avec le socialisme, la « stakeholder theory » et tous les progressivissmes du monde qui lui permettent de se goinfrer et de se faire bien voir avec l’entreprise (et donc l’argent) du premier (l’actionnaire, le vrai patron).

              Par contre il est vrai qu’on peut (en détournant un poil le sens des mots, certes) dire qu’une société par action est un lieu de propriété collective : plusieurs actionnaires détiennent en commun un bien, l’entreprise. Mais c’est pas vraiment la propriété collective au sens collectiviste : chacun est propriétaire d’une part exactement définie et n’a de droits de vote et à rémunération (dividende) qu’à hauteur de cette part.

  4. Je trouve absolument nauséeux ce vent de fronde déclenché contre la rente par l’arrivée de ce président (sous devrais-je dire) au pouvoir. Toutefois ce n’est en rien surprenant. En effet ce fin partisan de la théorie keynésienne est aux antipodes de la rente lorsqu’il privilégie la dette pour distribuer à grandes louchées l’argent du contribuable à des fins électorales sachant que c’est bien ce dernier qui sera redevable duc remboursement.

    Il semble oublier une chose : sans la rente (obligation d’état souscrites par les rentiers entre autres), pas d’argent à gaspiller.

    Qui plus est, lorsque Macron nous déclare que « être de gauche…c’est être davantage du côté du risque que de la rente », lui aussi fait fi de :

    * l’existence de la capitalisation passée (rente entre autres) qui a permis de construire les structures de notre pays.
    * de l’existence d’une épargne abondante (encore la rente) qui permet à certains de prêter à d’autres…pour qu’ils prennent les risques ».

    Qu’il le veuille ou non, Macron n’échappera pas à la rente pour financer son économie (1600 milliards d’assurance vie en euros placés en obligations d’état ou en entreprises pour se financer). Si vraiment il estime ne pas en avoir besoin, les épargnants, qui au passage se font racketter fiscalement sur ces placements, peuvent et doivent l’investir à l’étranger.

    Ainsi les rentiers ne le dérangeront plus et les nombreux assistés français pourront aussi attendre des subsides d’un état qui ne pourra alors plus emprunter pour les faire vivre (ce qui au passage est absolument scandaleux de financer du fonctionnement par le recours à l’emprunt).

    1. pouvez vous me dire depuis quand les libéraux sont devenu des ardents défenseurs des rentes de situation et du capitalisme de connivence au détriment de la liberté d’entreprise ?
      moi qui naivement pensait que le libéralisme permettaient le remplacement de l’héritier de la rente au bénéfice de l’entrepreneur méritant , j’en reste bouche bée ! … m’aurait-on menti ?
      PS : macron adepte du keynésianisme ? … vous parlez bien du macron français n’est ce pas ?
      cordialement

      1. Les libéraux n’ont jamais été opposé à la rente du capital, vous avez-vu cela où ? On doit prêter à taux zéro ?
        De Bastiat :
        Capital et rente
        De la rente
        Gratuité du crédit (polémique avec Proudhon)

        Et MG n’a pas dit que Macron était keynésien, mais que Hollande l’était : ce qui est un fait on ne peut plus avéré ! 😉

      2. Je ne peux pas vous répondre à :  » pouvez vous me dire quand les libéraux sont devenuS des ardents défenseurs des rentes de situation…? ». En effet je n’ai jamais écrit quoi que ce soit qui se rapproche de votre compréhension totalement erronée du sens de mon propos.

        Quant au capitalisme de connivence (sémantique intellectuelle) je serais assez heureux que vous m’en donniez une définition très concrète.

        Je suis surpris de votre interprétation de ce qu’est le libéralisme lorsque vous prétendez qu’il remplacerait l’héritage de la rente au bénéfice de l’entrepreneur méritant. Là encore vous avez une vue désuète et aussi partielle de ce qu’est la rente. En effet, c’est aussi d’une façon générale le revenu d’un patrimoine, ce qui n’exclut en rien la perception de dividendes d’actions. Donc de fonds investis dans les entreprises, ce qui est tout sauf antinomique du libéralisme.

        Par contre que vous prétendiez que Macron (membre d’un gouvernement qui pratique le keynésianisme à tour de bras) n’adhère pas, je suis d’accord. Toutefois, pour moi, quand on fait partie d’une entité gouvernementale, la cohérence veut qu’on soutienne ses thèses ou bien quand on démissionne si on est honnête.

        J’en reste moi aussi bouche bée de votre lecture biaisée…

        1. Le capitalisme de connivence, ce sont les rentes accordées par le pouvoir politique et obtenue par lobbying.

          1. Tout ça ce ne sont que des mots. Des exemples concrets pour étayer vos propos.

            1. Je vous en ai donné un en dessous, il était certes fictif mais expliqué pourtant bien le principe.
              Un autre concret et réel : le conseil général de Poitou-Charentes qui a subventionné Heuliez pendant des années pour ses voitures électriques (merci Ségolène), car personne ne les achetait, ce qui a retardé pendant un bon bout de temps son dépôt de bilan. Comme M. D…, qui lui vendait des draps, Heuliez transformait ses pertes en profits grâce à l’impôt du contribuable.

              1. Merci de votre exemple. Qui plus est, c’est un dossier que je connais bien. Entre Heuliez et Mia , la région a déboursé (en fait les contribuables) avec les résultats que l’on sait, 9 millions d’euros !

                Ceci étant, je n’appellerais pas cela « capitalisme de connivence » mais seulement achat de l’électorat, c’est bien plus parlant. Le comble c’est d’acheter des électeurs avec leur propre argent. En d’autres termes « donne moi ta montre, je te donnerai l’heure ».

                Si les contribuables sont assez bêtes pour se prêter à ce jeu, ils n’ont que ce qu’ils méritent.

                1. « Entre Heuliez et Mia , la région a déboursé (en fait les contribuables) avec les résultats que l’on sait, 9 millions d’euros ! »

                  9 millions ! Et dire que Ségolène ne cesse de répéter qu’elle est contre l’écologie punitive. Quoi que prendre de l’argent à des personnes alors qu’elles n’ont commis aucun tort, et donc cela ne répare pas une injustice, ce n’est plus de la punition mais du vol caractérisé !

                  « Ceci étant, je n’appellerais pas cela « capitalisme de connivence » mais seulement achat de l’électorat, c’est bien plus parlant. »

                  C’est l’expression usuellement employée chez les libéraux, l’exemple que j’ai donné n’est qu’un moyen d’expression parmi d’autres. On peut aussi faire du lobbying afin d’obtenir des réglementations qui favorisent un acteur au détriment des autres, en créant une distorsion de concurrence.
                  Voir capitalisme de connivence sur le wikibéral.

        2. « Quant au capitalisme de connivence (sémantique intellectuelle) je serais assez heureux que vous m’en donniez une définition très concrète. »

          Un exemple concret, bien que fictif, issu d’un écrit de Bastiat sur un dialogue entre Jacques Bonhomme et son percepteur :

          — Raillez-moi, je le mérite, monsieur le percepteur. Mais soyez raisonnable, là, laissez-moi au moins le sixième tonneau. Voilà l’intérêt des dettes payé, la liste civile pourvue, les services publics assurés, la guerre d’Afrique perpétuée. Que voulez-vous de plus?

          — On ne marchande pas avec moi. Il fallait dire vos intentions à M. le général. Maintenant, il a disposé de votre vendange.

          — Maudit grognard! Mais enfin, que voulez-vous faire de ce pauvre tonneau, la fleur de mon chai? Tenez, goûtez ce vin. Comme il est moelleux, corsé, étoffé, velouté, rubané!…

          — Excellent! délicieux! Il fera bien l’affaire de M. D… le fabricant de draps.

          — De M. D… le fabricant? Que voulez-vous dire?

          — Qu’il en tirera un bon parti.

          — Comment? qu’est-ce? Du diable si je vous comprends!

          — Ne savez-vous pas que M. D… a fondé une superbe entreprise, fort utile au pays, laquelle, tout balancé, laisse chaque année une perte considérable?

          — Je le plains de tout mon cœur. Mais qu’y puis-je faire?

          — La Chambre a compris que, si cela continuait ainsi, M. D… serait dans l’alternative ou de mieux opérer ou de fermer son usine.

          — Mais quel rapport y a-t-il entre les fausses spéculations de M. D… et mon tonneau?

          — La Chambre a pensé que si elle livrait à M. D… un peu de vin pris dans votre cave, quelques hectolitres de blé prélevés chez vos voisins, quelques sous retranchés aux salaires des ouvriers, ses pertes se changeraient en bénéfices.

          — La recette est infaillible autant qu’ingénieuse. Mais, morbleu! elle est terriblement inique. Quoi! M. D… se couvrira de ses pertes en me prenant mon vin?

          — Non pas précisément le vin, mais le prix. C’est ce qu’on nomme primes d’encouragement. Mais vous voilà tout ébahi! Ne voyez-vous pas le grand service que vous rendez à la patrie?

          — Vous voulez dire à M. D…?

          — À la patrie. M. D… assure que son industrie prospère, grâce à cet arrangement, et c’est ainsi, dit-il, que le pays s’enrichit. C’est ce qu’il répétait ces jours-ci à la Chambre dont il fait partie.

          C’est une supercherie insigne! Quoi! un malotru fera une sotte entreprise, il dissipera ses capitaux; et s’il m’extorque assez de vin ou de blé pour réparer ses pertes et se ménager même des profits, on verra là un gain général!

          — Votre fondé de pouvoir l’ayant jugé ainsi, il ne vous reste plus qu’à me livrer les six tonneaux de vin et à vendre le mieux possible les quatorze tonneaux que je vous laisse.

          M. D… a su faire un parfait usage du capitalisme de connivence en défendant sa cause devant le parlement afin d’obtenir des subventions pour compenser ses pertes.

      3. Si j’achète des obligations d’état, c’est pour en avoir la « rente », les intérêts en vue d’une retraite proche par exemple, ou pour équilibrer un portefeuille en vue d’une retraite. Rien d’autre.

        Si on m’en empêche, j’achète des stocks de conserves de l’armée… Ou je vais voir ailleurs…

      4. « Quant au capitalisme de connivence (sémantique intellectuelle) je serais assez heureux que vous m’en donniez une définition très concrète. »

        Privatisation de profits obtenus par le monopole de la violence légale exercée par l’Etat.

        1. Des mots. Concrètement définissez le monopole de la violence légale exercée par l’état par des exemples, qui valent mieux qu’un long discours.

          Pour moi, il est vrai l’état nous fait des violences quotidiennement mais pour ce qui est de la légalité ?…

  5. « être de gauche, […] c’est être davantage du côté du risque que de la rente »

    Encore une qui me fait bien marrer. C’est quoi la rente (sauf dans le cas d’une garantie d’État/de la coercition d’une force publique quelconque) sinon le prix du risque ? Le rentier c’est bien le gars qui vit d’avoir investit l’argent qu’il avait donc qui vit de la rémunération des risques qu’il prend avec un capital qu’il a accumulé ou que ses ancêtres ont accumulé… en prenant des risques ? Si j’ai un million que je le place judicieusement et que le rendement de mon placement me permet de vivre sans avoir à pousser des chariots dans une mine, je suis rentier ET du coté du risque.

  6. peut-on parler de socialisme ? On peut faire de nombreux reproches à Macron mais il a le mérite de secouer les socialistes et même de remettre en question la droite.

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