Primaires à droite : Nicolas Sarkozy accroît son retard et touche un plus bas

Nicolas Sarkozy accroît son retard face à Alain Juppé pour les primaires à droite tandis que Bruno Le Maire décolle. Une bonne nouvelle pour la droite ?

Par Alexis Vintray.

Nicolas Sarkozy est à la traîne dans les sondages face à Alain Juppé pour les primaires à droite
Alain Juppé, François Fillon, Carla Bruni-Sarkozy et Jean-François Copé credits ump photos (CC BY-NC-ND 2.0)

 

La primaire à droite prévue pour les 20 et 27 novembre se rapproche et les positions semblent se consolider, au profit d’Alain Juppé et au détriment de Nicolas Sarkozy ou de François Fillon. C’est du moins ce que souligne un sondage de l’institut Ipsos pour Itélé, Paris Match & Sud Radio.

Alain Juppé reste en tête, avec 38% d’intentions de vote au premier tour (-1 point par rapport au précédent sondage datant de mi-février). Cela le place très largement devant Nicolas Sarkozy (27%), qui recule très significativement (-5 points) et se trouve à son niveau le plus faible enregistré par ce baromètre.

Sondage Primaires à droite (Crédits Ifop, tous droits réservés)
Sondage Primaires à droite (Crédits Ifop, tous droits réservés)

Bruno Le Maire émerge de manière de plus en plus claire comme le probable troisième homme du scrutin, avec 16% des intentions de vote, en hausse marquée de 5 points par rapport au dernier baromètre. Le lancement à grands frais de sa candidature semble porter ses fruits, alors qu’à l’inverse François Fillon baisse et se trouve à son niveau le plus faible (8%, -3). Enfin les autres candidats (Nadine Morano, Frédéric Lefebvre, Hervé Mariton, etc.) se trouvent tous sous les 5% et ne voient pas leur campagne décoller.

La progression de Bruno Le Maire, l’outsider un peu plus libéral que la moyenne des candidats, représente un certain espoir pour le libéralisme à droite, même s’il reste à prendre avec des pincettes comme le rappelait Frédéric Mas.

L’image de Nicolas Sarkozy continue à se dégrader, même dans son camp

Pour Les Républicains, le retard qu’est en train d’accumuler Nicolas Sarkozy est plutôt une bonne nouvelle, tant l’image de l’ancien président de la République est mauvaise dans l’opinion publique, selon un autre sondage Ifop pour la Fondation Concorde et Public Sénat.

En effet, « l’actuel Président des Républicains bénéficie auprès des Français d’une image aussi forte que contrastée » comme le dit pudiquement l’institut de sondage.

Les traits d’images reconnus à Nicolas Sarkozy sont le dynamisme (69%), l’autorité (68%) et à un degré moindre (53%) le courage. Mais « seule une part très minoritaire de Français interrogés (autour d’un quart) perçoit Nicolas Sarkozy comme une personnalité comprenant les problèmes des Français, inspirant confiance ou capable de tenir ses engagements ».

Autrement dit, les Français accordent à Nicolas Sarkozy d’avoir une volonté affirmée mais doute franchement qu’il veuille aller dans la bonne direction pour la France. Ainsi, « à peine un gros tiers des Français juge ce dernier capable de vouloir changer les choses (37%), de bousculer les conservatismes et les blocages de la société (36%) et de réformer le pays (34%) et 27% seulement anticipent qu’il pourra sortir le pays de la crise ».

Les Français sont donc très largement convaincus que Nicolas Sarkozy est un mauvais candidat pour la droite et le centre (73% des Français) et plus largement qu’il serait un mauvais Président de la République (« non » à 77%). Même dans son propre parti, 40% des sympathisants des Républicains voient Nicolas Sarkozy comme un mauvais candidat. Parmi les Français qui déclarent compter voter à la primaire à droite, la moitié voit Nicolas Sarkozy comme un mauvais candidat. Des chiffres en ligne avec ce que nous écrivions déjà il y a quelques semaines : Nicolas Sarkozy est en difficulté pour la primaire à droite, même chez Les Républicains.

Sondage Nicolas Sarkozy (Crédits Ifop, tous droits réservés)
Sondage Nicolas Sarkozy (Crédits Ifop, tous droits réservés)

Enfin, l’engluement de Nicolas Sarkozy dans des affaires judiciaires à répétition pèse sur son image puisque seuls 19% des Français interrogés le qualifient d’honnête.

Méthodologie sondage primaires : Échantillon de 8090 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, catégorie socio-professionnelle) après stratification par région et catégorie d’agglomération. Les interviews ont eu lieu par questionnaire auto-administré en ligne (CAWI – Computer Assisted Web Interviewing) du 23 février au 18 mars 2016.

Méthodologie sondage Nicolas Sarkozy : L’enquête a été menée auprès d’un échantillon de 1 504 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne interrogée) après stratification par région et catégorie d’agglomération. Les interviews ont été réalisées par questionnaire auto-administré en ligne du 15 au 18 mars 2016.