Les attentats de Bruxelles au cœur des primaires américaines

Hillary Clinton en campagne pour les primaires démocrates (Crédits Ronald Woan, licence CC-BY-NC 2.0)

Hillary Clinton et Donald Trump s’affrontent sur la réponse à apporter aux attentats récents en Europe.

Par Daniel Girard, depuis Boston.

Hillary Clinton en campagne pour les primaires démocrates (Crédits Ronald Woan, licence CC-BY-NC 2.0)
Hillary Clinton en campagne pour les primaires démocrates (Crédits Ronald Woan, licence CC-BY-NC 2.0)

Hillary Clinton est une politicienne aguerrie. Elle sait que pour remporter une élection présidentielle, il faut séduire les électeurs au-delà de sa base partisane. Et l’ex-secrétaire d’État lit bien les sondages : les électeurs font davantage confiance aux républicains qu’aux démocrates lorsqu’il s’agit de la lutte contre le terrorisme.

Ainsi, dans son discours de mardi à l’Université Stanford c’est la politicienne, mais aussi l’ex-secrétaire d’État aspirant à la présidence, qui s’est adressée au public. Elle a souligné l’importance de défaire l’organisation état islamique, en précisant qu’il ne fallait pas le maîtriser mais plutôt l’éliminer. Une nuance qui lui a permis de se démarquer du président Obama, qui avait comparé Daech à une équipe de basketball du lycée (JV team) qu’il fallait juste contenir.

Cette insistance sur la destruction de Daech permet à Hillary Clinton de montrer autant de détermination que ses adversaires républicains. Elle en profite pour décocher des flèches à Ted Cruz en qualifiant de contre-productive son idée de surveiller les quartiers musulmans en Amérique. Elle s’oppose aussi au retour du recours à la torture, proposé par Donald Trump.

Le milliardaire réplique que l’ex-secrétaire d’État est à Washington depuis plus de 20 ans, active dans les couloirs du pouvoir et que l’on peut voir le résultat aujourd’hui .

Dans la foulée des attentats de Bruxelles, Donald Trump s’est élevé contre le financement américain de l’OTAN, une organisation qu’il juge désuète, inefficace, qui ne fait pas sa juste part pour assurer la sécurité de l’Europe. Il estime qu’elle doit donner la priorité à la lutte contre le terrorisme, c’est urgent.

Hillary Clinton répond que l’OTAN est un excellent investissement pour l’Amérique et que démanteler l’organisation ferait le jeu de Vladimir Poutine. Elle ajoute qu’une victoire de Donald Trump déclencherait une célébration de Noël au Kremlin.

Du même souffle, la candidate démocrate critique sévèrement les pays de l’Union européenne pour leur désorganisation et leur réponse tardive aux menaces djihadistes. Elle déplore les carences des services de renseignement européens, dénonce le financement du terrorisme par les banques, souligne l’insuffisance des missions militaires et réclame une meilleure coordination policière entre les États.

Des critiques dont la validité viennent d’être mises en évidence par la confirmation que les attentats ont été précipités après l’arrestation de Salah Abdeslam, que les policiers n’ont même pas pris le temps d’interroger avec attention.

Cette sortie bien calculée d’Hillary Clinton survient alors que la justice se penche sur son utilisation d’une messagerie non sécurisée alors qu’elle était secrétaire d’État. Ses adversaires ne manqueront pas de constamment le rappeler…

La sécurité nationale et le terrorisme seront ainsi au cœur des primaires et de la présidentielle. Les Américains auront donc un choix difficile à faire qui aura non seulement un impact sur leur nation mais aussi sur le reste du monde.