Ces cotisations sociales qui ne vous serviront jamais

Non, l'État-providence n'est pas là pour tout le monde !

Par Le Parisien Libéral

Claudius DORENROF(CC BY-NC-ND 2.0)
Claudius DORENROF(CC BY-NC-ND 2.0)

 

Un des grands arguments des étatistes de gauche comme de droite, pour défendre l’interventionnisme d’État, les impôts élevés, le rôle écrasant du service public étatisé et fonctionnarisé, la Sécurité sociale monopolistique obligatoire ainsi que de manière générale l’État-providence, c’est que, en France, personne n’est « laissé sur le bord de la route ».

N’avez-vous jamais entendu des phrases du type : « En France, on ne demande pas la carte Visa Gold pour se soigner, contrairement aux États-Unis » ou « On est contre le chacun pour soi, on est pas des Anglais » ou encore « Si tu aimes tant la Somalie ou le Bangladesh, pourquoi tu ne vas pas y vivre ? »

Vous aurez beau dire que, non seulement notre modèle social est payé à crédit (car déficitaire) donc non viable, ou que un Français sur trois ne se soigne plus, faute d’argent, ou que, malgré l’existence des HLM, le mal logement voire le non logement (SDF) sont très répandus, bref, que le modèle social est réservé aux gens bien connectés (cadres moyens de la fonction publique, militants associatifs, diplômés du supérieur, PDG du CAC 40, chefs d’États étrangers, membres de partis politiques de gauche, syndicalistes, intellocrates) mais demeure une fiction pour les outsiders (pauvres, femmes, immigrés, retraités pauvres, jeunes sans qualification, auto-entrepreneurs), il y a des chances pour que votre interlocuteur ne vous croit pas, et reste accroché à l’idée qu’en France, c’est vraiment une chance de bénéficier du « filet de protection de l’État ».

Pourtant, l’histoire du boucher de la Rue de Meaux, dans le XIXeme arrondissement de Paris, montre à quel point le modèle social français est injuste et non protecteur. Le modèle social français, ce sont des gens qui paient, d’autres qui en bénéficient, rien de plus.

La rue de Meaux, vous connaissez. Elle est devenue tristement célèbre suite à la tuerie de Charlie Hebdo. Mais ici, il ne s’agit pas de terrorisme, mais de défaillance de l’État qui dit nous protéger.

Jérôme Hallain, 33 ans, avait ouvert mi 2012 une boucherie artisanale dans la rue de Meaux, dans le XIXème, et avait rapidement recruté deux employés. Il est typiquement le genre d’employeur que Hollande et la gauche devraient applaudir et célébrer.

Seulement, ce jeune chef d’entreprise a eu un problème de santé : après un diagnostic de cancer, il a souffert d’une tumeur germinale métastatique grave qui l’a empêché de travailler. Il a dû procéder au licenciement des employés de la boucherie, fermer son commerce fin 2013, et les dettes et les impayés de loyer se sont accumulés.

Aujourd’hui, l’ancien entrepreneur va se faire expulser de son logement : il n’a pas répondu à une convocation du commissariat relatif au conflit pour loyers impayés l’opposant à sa propriétaire car il était hospitalisé le jour du rendez-vous, et a reçu un courrier lui annonçant qu’il pourrait être expulsé à la fin de la trêve hivernale.

Est-ce que notre ancien entrepreneur, qui a donc créé des emplois, et généré des cotisations sociales, a droit à une aide ou à une HLM pour pouvoir continuer à habiter quelque part ? Non. 

Ce que la mairie de Paris lui propose, c’est de contacter les foyers de SDF pour voir s’ils n’auraient pas une place pour lui.

Si on admet l’idée qu’il est juste que la collectivité aide les gens en difficulté à se loger (idée contestable) et que chacun paie, par le biais du financement du système social pour cela, ne peut-on pas considérer que Jérome Hallain semble correspondre aux critères, en tout cas bien plus que d’autres ?

Il ne faut surtout pas croire que nous sommes égaux, en Socialie, quand vient le temps des difficultés. Et ce n’est même pas une question d’argent, mais avant tout une question de connections. Pour se soigner, il vaut mieux connaitre un grand ponte de la médecine. Pour se loger, avoir un contact chez les sénateurs maires.

Voila pourquoi la privatisation du social est juste. D’une part, un système assuranciel privé, régulé par le marché, est plus juste qu’un système public opaque où chacun est forcé de cotiser, à perte.

D’autre part, face à la faillite de l’État-providence, qui, malgré tout, continue à spolier prélever, la meilleure protection est double : c’est la possession d’actifs réels, si possible hors de France, si il vous reste des économies après tous les prélèvements obligatoires, mais c’est aussi, évidemment les solidarités réelles, comme tous ces Parisiens qui veulent se mobiliser pour aider le boucher de la rue de Meaux. 

Sur le plan politique, privatiser les HLM est une proposition qui prend tout son sens.

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