Bloquer Trump : mission impossible ?

Donald Trump (Crédits : Gage Skidmore, licence CC BY-SA 2.0), via Flickr.

À la primaire du Nevada, Donald Trump vient de fracasser un autre record : il a franchi la barre des 40%.

Par Daniel Girard

Donald Trump (Crédits : Gage Skidmore, licence CC BY-SA 2.0), via Flickr.
Donald Trump (Crédits : Gage Skidmore, licence CC BY-SA 2.0), via Flickr.

Napoléon Bonaparte, qui adorait les mathématiques, rêvait, après Waterloo, de se rendre en Amérique pour y vivre sa passion des sciences. Qui sait, peut-être sa présence de surdoué aurait-elle eu un impact important sur l’art d’utiliser le calcul dans l’analyse politique. Car ce talent fait cruellement défaut, ces jours-ci, à ceux qui extrapolent sur la course à l’investiture républicaine.

D’une primaire à l’autre, le milliardaire ne cesse d’accroître le pourcentage de ses partisans. À la primaire du Nevada, Donald Trump vient de fracasser un autre record : il a franchi la barre des 40%. Il a vaincu ses adversaires sur tous les fronts, diplômés, non diplômés et même chez les Latinos.

Mais plusieurs analystes n’en démordent pas : chaque nouveau sommet, disent-ils, représente un plafond ! On a plutôt l’impression que Donald Trump fait monter le plancher…


Là où la logique analytique étonne c’est quand on se fait expliquer que, oui, Donald Trump a 40% des appuis, mais 60% des électeurs républicains ne l’ont pas choisi. Il aura donc, précise-t-on, la tâche ardue de trouver des partisans dans ces 60%. Pourtant, la même logique s’applique à ses deux principaux adversaires, Marco Rubio et Ted Cruz. Dans leur cas, 75% et plus des électeurs républicains ne votent pas pour eux !

Et quand un candidat, comme Jeb Bush, disparaît, c’est Donald Trump et non ses adversaires qui recueillent les votes !

Surviennent d’ailleurs des calculs qui relèvent davantage de la rêverie que de l’analyse. Il suffirait, dit-on, d’un abandon rapide de Ted Cruz ou de Marco Rubio, pour qu’un seul candidat puisse mobiliser le vote anti-Trump. Ted Cruz n’a pas eu une bonne performance au Nevada (il a eu autour de 21%) et sa déception était perceptible dans son discours, plutôt court par rapport à son triomphalisme habituel.


Ted Cruz reste un homme extraordinairement têtu qui se présente comme le candidat anti-establishment par excellence, dénonçant même le cartel de Washington. Sénateur du Texas, il compte sur une victoire de son État et dans le Sud lors du super mardi du 1er mars (13 États en jeu), pour redorer son blason. Mais même si Donald Trump continue de dominer, il est peu probable que Ted Cruz abandonne si tôt dans la course.

Marco Rubio a l’avantage d’avoir l’appui de l’establishment républicain. Nul doute qu’il recevra l’argent des Supers-PAC déterminés à vaincre Trump. Mais c’est une arme à double tranchant. Car plus il recevra de fonds des donateurs, plus cela renforcera le statut d’outsider de Donald Trump, autofinancé, qui gouvernera sans devoir rien à personne. Concevoir une stratégie pour le vaincre devient drôlement compliqué.

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