Primaire US : Trump, envers et contre tous !

Donald Trump crédits Mark Nozell (CC BY 2.0)

Le candidat Donald Trump se maintient malgré ses opposants et ses déclarations tonitruantes.

Par Daniel Girard, depuis les États-Unis

Donald Trump crédits Mark Nozell (CC BY 2.0)
Donald Trump crédits Mark Nozell (CC BY 2.0)

La candidature de Donald Trump n’en finit plus d’être sur le point de s’effondrer. Le magnat immobilier devait mordre la poussière après avoir dénigré les Mexicains, mis en doute le statut de héros de guerre du sénateur John McCain et invoqué la nécessité d’interdire d’entrée aux États-Unis les musulmans… Et voilà qu’il s’en prend maintenant à la famille Bush… en Caroline du Sud, l’un de ces rares États où George W Bush est demeuré populaire. L’ex-président vient d’entrer dans la course pour appuyer son frère dont la campagne bat de l’aile.

Donald Trump demande à Jeb Bush sur son compte Twitter si l’implication de son frère permet de lui poser des questions sur ce qu’il a fait durant sa présidence :

Samedi dernier, lors du seul débat télévisé avant le vote du 20 février en Caroline du Sud, il a rappelé à l’auditoire que c’est W qui était le président lors de l’attentat 9/11. W, dit-il, qui a lancé, en 2003, une guerre inutile, dommageable et coûteuse contre l’Irak. Cette charge à fond de train de Donald contre la famille Bush étonne plusieurs commentateurs qui estiment qu’il s’agit là d’une manœuvre risquée

Les attaques de Donald Trump contre la famille Bush ont certes indisposé des républicains qui ont vu le débat. Mais ils ont aussi été nombreux à apprécier la combativité du candidat new-yorkais. Ils étaient cinq contre lui, de s’exclamer l’un des membres de l’auditoire, c’est bien sûr qu’il doit jouer se défendre avec force. Il s’écrit beaucoup de choses sur le populisme de Trump, une appellation surtout utilisée pour le discréditer. Mais si on l’écoute attentivement, on constate que ses positions sont tranchées et ne sont pas noyées dans les périphrases. Les commentaires qu’il fait sur ses adversaires sont révélateurs. Pour lui, un leader a une obligation de dynamisme. C’est pourquoi il écorche Jeb Bush pour son manque d’énergie. À Ted Cruz, il reproche son incapacité à négocier, un gros défaut dans l’univers de Trump, univers bâti autour de négociations musclées avec des gens forts et intègres au bénéfice des parties.

Donald Trump l’isolationniste

L’importance de maîtriser l’art de la négociation se voit aussi dans les positions de Trump en politique étrangère. Donald est convaincu que les États-Unis se sont fait rouler économiquement par la Chine et que l’entente avec l’Iran est mauvaise. Il estime que les USA n’auraient jamais dû intervenir en Irak. Il croit que la meilleure option est parfois de tolérer un régime dictatorial au lieu d’intervenir et de créer un chaos qui empire la situation, comme ce qui se passe avec Daech. Il a même ce bon mot pour Saddam Hussein.

« Saddam Hussein était un méchant mais au moins il tuait des terroristes ». Pour Donald Trump, un régime autoritaire a parfois des vertus. Un allié peu recommandable peut servir à lutter contre l’islamisme radical. Donald Trump a un style abrupt et ne manque pas de formules à l’emporte-pièce, mais son discours révèle un leader qui privilégie l’intérêt national et ne veut pas être le gendarme du monde. Sa vision est pragmatique. Il trouve contre-productif de tenter d’imposer la démocratie à des régimes qui ne sont pas prêts ou taillés pour elle. Il préfère transiger avec des personnalités fortes et directes avec lesquelles il peut nouer des partenariats. Il voit d’un bon œil Vladimir Poutine avec qui il serait possible, dit-il, de faire avancer des dossiers au Moyen-Orient. Le président russe a pour sa part déjà dit que Donald Trump était brillant. Donald a beaucoup de chemin à parcourir pour se rendre jusque-là, mais alors que ses adversaires se retirent les uns après les autres, on a l’impression que la voie s’ouvre de plus en plus juste pour lui

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