[Mise à jour]L’impact économique des 35 heures

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OECD Development Centre-Emmanuel Macron(CC BY-NC-ND 2.0)

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[Mise à jour]L’impact économique des 35 heures

Publié le 24 janvier 2016
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Par Julien Barlan.
Un article de Trop Libre

OECD Development Centre-Emmanuel Macron(CC BY-NC-ND 2.0)
OECD Development Centre-Emmanuel Macron(CC BY-NC-ND 2.0)

 

L’impact économique des 35 heures, un serpent de mer de la vie politique française depuis près de 20 ans… Le débat a été relancé récemment par la députée socialiste Barbara Romagnan, rapporteuse d’un projet d’étude sur le sujet qui y voit  objectivement une réussite. Pourtant, une analyse économique sérieuse ne permet que d’affirmer que les 35 heures n’ont eu, au mieux, que peu d’effets. Plus grave, le débat sur l’efficacité des 35 heures élude souvent les vrais sujets économiques.

Mme Romagnan se félicite que les 35 heures aient tiré le chômage vers le bas « comme il n’avait jamais baissé pendant 40 ans » et réfute la thèse selon laquelle la conjoncture économique des années 1990 soit responsable des emplois créés durant cette période. Le débat économique est décidemment tombé bien bas. Un peu de hauteur ne fait ici pas de mal : si c’était effectivement le cas, comment se fait-il que les 35 heures ne soient plus en 2012 ce « moteur de la croissance européenne » comme le prétend Mme Romagnan ? Une telle hypocrisie politique ferait sourire si 6 millions de personnes n’étaient pas au chômage dans la France de 2014. Bien évidemment, le contexte de croissance internationale a été le moteur de l’économie de l’époque.

Plus généralement, le débat politique entre les partsans et les opposants aux 35 heures dénote d’une dégradation singulière de la place de la pensée et de la réflexion chez un bon nombre de gouvernants.

On dit tout et son contraire, on ne réfléchit même plus. Désormais, comme le fait si bien Mme Romagnan, on prend de simples corrélations, de simples coïncidences, pour des liens de causalité. Le fait qu’avec la même durée de temps de travail, 35 heures, deux conjonctures économiques différentes, à savoir la croissance des années 1990 et la crise de fin années 2000, aient abouti à deux situations sur le plan de l’emploi diamétralement opposées devrait plutôt faire réfléchir sur la compétitivité de la France dans un contexte d’économie mondialisée, plutôt que de s’affronter politiquement sur une mesure dont les effets directs sont décidément bien difficiles à quantifier.

La raison de cela est probablement que la durée du temps de travail n’est pas la variable principale dans les décisions d’investissement, au contraire, par exemple, d’un climat fiscal stable et attractif. Comme le souligne paradoxalement Mme Romagnan elle-même, deux éléments ont été au cœur du dispositif des 35 heures :

  • la baisse des charges pour les entreprises,
  • une plus grande flexibilité du droit du travail.

Ce sont très probablement ces mesures qui ont incité les entreprises à embaucher et non pas le temps de travail réduit.

De plus, la théorie économique nous indique aussi qu’à productivité constante, on produira davantage en travaillant plus. Le corollaire de cela est que travailler moins conduira à moins de richesse, moins de croissance et donc moins d’emploi. Aussi, vénérer béatement les 35 heures dénote d’une vision dépassée de l’économie : pour régler les problèmes de chômage, partageons les emplois, n’en créons pas des nouveaux ! Ce défaitisme économique fait froid dans le dos. C’est justement la notion même de croissance qui est niée, à savoir que l’économie peut grossir et créer des richesses grâce aux mécanismes d’emprunt et d’investissement.

Pour élever encore plus le débat, les statistiques données par Mme Romagnan sont fausses. D’après elle, les 35 heures sont à l’origine des emplois créés à la fin des années 1990 tandis que dans le reste de l’Europe ça n’a pas été le cas malgré une croissance continentale de 2,2 %.

C’est archi faux.

Le graphique suivant présente le taux de chômage dans les principaux pays européens, ainsi qu’au Japon et aux États-Unis. On voit bien que le mouvement global de baisse du chômage en Europe n’est pas une spécificité française liée aux 35 heures. Quant au Japon, englué dans la « décennie perdue », ses problèmes de chômage étaient liés à la spirale déflationniste. Enfin, la remontée du chômage aux États-Unis au début des années 2000 ne s’explique pas par une hausse de la durée légale du temps de travail mais par l’explosion de la bulle internet.

libre

Ce débat sans fin élude donc les vraies questions : comment rendre la France compétitive dans un contexte d’économie mondialisée et financiarisée au possible.

Ces débats politiques franco-français sont bien dérisoires. Dans son interview, Mme Romagnan mélange tout et n’est pas capable de voir que ce sont les assouplissements fiscaux et légaux, contreparties aux 35 heures, couplés à un contexte de forte croissance internationale, qui sont à l’origine de la forte baisse du chômage des années 1990. C’est cela qui est à mettre au crédit du gouvernement de l’époque. Mais par idéologie dépassée, on refuse de l’admettre.

Les 35 heures et la lutte contre le chômage ne devraient pas être un thème de combat politique partisan. Je serais le premier à reconnaître leur efficacité et à les applaudir si elles étaient économiquement efficaces. Or rien ne prouve que ce soit le cas. La France reste un pays très normé, fiscalement instable, dans lequel le Code du travail fait des milliers de pages et où les taxis bloquent dans l’indifférence générale les accès aux aéroports quand ils ne sont pas contents. Élevons le débat aux vrais enjeux et cessons de revenir en permanence pour des considérations politiques sur des lois qui ont presque 20 ans et dont il est très difficile d’isoler l’impact positif.


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  • « des considérations politiques sur des lois qui ont presque 20 ans et dont il est très difficile d’isoler l’impact positif. » ..ou négatif

    c’est sans doute là le problème majeur : on fait des lois sans en étudier l’impact au préalable et si l’impact n’est pas mesurable il est fort probable que cette loi n’a pas lieu d’être

    • Ouaip.
      Le principe de précaution, ces braves poly-tocards l’imposent à la science mais s’en moquent comme d’une guigne pour leur logorrhée législative…. S’ils devaient prouver à chaque texte qu’il ne peut pas avoir d’effets négatifs, on n’aurait pas ces tonnes de lois pourries.

  • L’autre problème majeur c’est qu’un politique croit qu’il suffit de décréter son idée ou sa vision pour que cette dernière fonctionne comme il le souhaite.

    Le jour où on rendra les politiques et leur parti responsables financièrement de leurs décisions, non seulement ils commenceront à réfléchir, mais du coup ils ne feront plus rien.

    C’est pas gagné.

  • Mais comment diable se fait-il que nos élus politiques … Et particulièrement ceux de gauche, n’aient jamais eu l’idée de devenir chefs d’entreprise ?????
    Tous ces sachants gonflés de certitudes auraient fait œuvre utile pour donner du travail aux millions de français qui en sont privés.
    Aveuglés qu’ils sont par leur idéologie mortifère, ils ne doutent pas eux ! Ils légifèrent en réduisant la liberté de ceux qui prennent tous les risques.
    Le chef d’entreprise méconnaît les certitudes,
    son bon sens le guide, et il avance toujours avec pragmatisme.
    Le chef d’entreprise est toujours RESPONSABLE !!! Lui…

  • Quelle valeur peut-on attribuer aux raisonnements de cette députée ? Entrée au PS dès 21 ans (1995), sciences popo et enseignante philo au lycée … Rapporteuse de la Commission 35 heures.
    Un CV parmi bien d’autres expliquant l’état ravagé du pays …

    Cette réalité en fait-elle une économiste, pétrie de discernement, une praticienne des heures de travail en entreprises, lors qu’elle n’a trainé ses basques qu’en milieu public … hyper politisé ? Un petit quiz sur le sujet des lieux de travail lui collerait un zéro pointé !

  • on ne peut pas être à la fois de gauche, de bonne foi et intelligent. manifestement, cette femme est stupide et de mauvaise foi. il faut vraiment être de mauvaise foi pour dire que les 35 heures ont un impact positif. la mauvaise foi des gauchistes m’étonnera toujours. la gauche francaise est complétement déconnecté de la réalité. ces gens ne pigent vraiment rien à l’économie (ils utilisent toujours des sophismes démontés au 19 siècle)

  • même dans la plupart des autres pays d’Europe, la gauche n’est pas assez bête pour vouloir faire les 35 heures. je connais des tas de non Français qui se moquent de la France à cause des 35 heures. l’ingéniérie sociale de grande ampleur n’a jamais marché et ne marchera jamais quand les Français comprendront cela….Rappelons que cette mesure nous avait été vendue à l’époque comme une politique structurelle (et non plus conjoncturelle) qui devait éradiquer définitivement le chômage dans notre pays grâce à la logique implacable du « partage du gâteau ». Échec complet

  • En tout cas ce n’est l’humilité qui les étouffe !
    Cette capacité à vouloir intervenir sur tous les sujets est sidérante.
    Comment accorder une once de respect à ces « élus » carriéristes qui ne méritent que mépris, mais il est vrai que les c… Ça ose tout !
    Pauvre pays.

  • C’est une fonctionnaire! Vous avez déjà vu un(e) fonctionnaire capable de comprendre la réalité du fonctionnement de l’économie?

  • sauf erreur les 35h n’ étaient pas au départ destinées aux fonct mais je serai très étonné que ce n’ était pas dans les tuyaux !
    Autre est l’ aspect psychologique ou la valeur travail est dévalorisée par rapport à la valeur divertissement
    Mais c’ était à mon avis un coup électoral
    Il aurai tété préférable de faire du long terme par exemple d’ améliorer les transports , et les conditions de travail , la formation ….etc mais ça n’ aurait pas cartonné électoralement

  • Les 35h n’avaient pas vocation à être généralisées uniformément…
    – le medef’s’y est farouchement opposé, alors que ses dirigeants négociaient dans leurs propres entreprises tant ils étaient convaincus d’y gagner sur plusieurs tableaux.
    – devant l’obstination idéologique employeur, le gouvernement de l’epoque a répondu par une généralisation…

    Ce n’est qu’un succès marginal sur l’emploi direct… Mais cela à contribuer à développer les emplois touristiques… Et ce n’est pas rien.
    Les entreprises en ont profité pour supprimer toutes les pauses, réorganiser les planning, serrer les déplacements sur 4 jours, etc, qui cumulé avec la,modération salariale des années suivantes ont bien amorti le cout reel.

    Hors fonction publique ont les 35h ne se sont pas accompagner des gains de productivité du privé, la phobie des 35h releve d’une fenéantise intellectuelle .
    Les 35h ne sont pas le miracle décrits par les gauchos, ni une martingale pour une droite en panne d’idée courageuse.

    Le chomage c’est un cout de protection sociale plus ellevé qu’ailleurs, et surtout un gros retard sur l’automatisation de l’outil industriel .
    L’incompétence des chefs d’entreprise vis à vis de l’innovation, l’engouement pour la délocalisation .et le clientelisme politique complètent le sinistre tableau

  • « D’après elle, les 35h sont à l’origine des emplois crées à la fin des années 90 tandis que dans le reste de l’Europe « ça n’a pas été le cas » malgré une croissance continentale de 2,2%. »
    D’après mon souvenir, la baisse du chômage en France avait été d’environ 35 % alors que les autres pays d’Europe affichaient des baisses d’en moyenne 65 % (Suède, Pays-Bas,…). Seul le Luxembourg faisait moins bien mais avec 1 % de chômage….

  • L’origine des conséquences négatives, c’est surtout les 35h payées 39…

  • Pour ma part je soulignerai plus les grèves à répétition dans la fonction publique et dans les entreprises publiques à vocation commerciale comme obstacle aux entreprises du privé, créatrices de richesse, que les taxis comme éléments de perturbation.

    Je rajouterai que la croissance (c’est bien la seule !) des effectifs de fonctionnaires sont autant de moyens retirés à la sphère économique privée, la seule à même de créer du PIB marchand. C’est là aussi un énorme boulet que nous traînons et qui participent à obérer les finances publiques et à compromettre la reprise économique.

    Les 35 heures sont une des nombreuses galéjades de ces socialistes juste bons à se servir de l’état à défaut de le servir…

    Il faut impérativement bouter ces incompétents des responsabilités !

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