La faillite de Paris, de l’Essonne et la Seine-Saint-Denis

Moyan Brenn-Paris (CC BY 2.0)

Certaines collectivités franciliennes sont en grande difficulté financière.

Par Le Parisien Libéral

Moyan Brenn-Paris (CC BY 2.0)
Moyan Brenn-Paris (CC BY 2.0)

 

Paris, l’Essonne et la Seine-Saint-Denis sont dans un bateau… et le bateau coule ! Ce bateau, il ne s’appelle pas Titanic, il s’appelle finances publiques de la République socialiste Française.

Prenez un peu l’actualité de ces derniers jours :

  • « L’Essonne se dit dans l’impossibilité de payer ses aides sociales »1.
  • « La Seine-Saint-Denis a décidé de ne pas prendre en compte dans son budget la hausse du RSA »2.
  • « Standard & Poor’s prévoit toutefois une dégradation des comptes de la capitale en raison des baisses de dotations de l’État, la hausse des dépenses sociales et l’augmentation de la péréquation »3.

Les faits sont clairs : les collectivités franciliennes sont pour certaines en grande difficulté (euphémisme), pour d’autres contraintes de faire face à une explosion des dépenses sociales. Et cela ne dépend pas de la couleur de la majorité actuellement aux commandes : le socialisme, de gauche comme de droite, atteint ses limites.

En effet, que s’est-il passé ? Le contexte global, chacun l’a bien en tête. Alors que les finances publiques sont globalement déficitaires (il y a soit trop de dépense publique au sens large, soit pas assez de prélèvements d’impôts et de taxes), l’État a mené une politique assez hypocrite de transfert de charges (notamment, le paiement du RSA, délégué aux départements), sans transférer aux collectivités territoriales les ressources afférentes. Il ne s’agirait quand même pas que les départements soient libres de taxer et de dépenser comme ils le veulent !

Cette politique de cavalerie jacobine, encore une fois, on ne peut pas simplement l’attribuer à Manuel Valls et François Hollande. C’est bien la précédente majorité qui l’a initiée. En revanche, ce qui pourrait être considéré comme drôle (et qui ne l’est pas, puisqu’au final, ce sont les bénéficiaires potentiels qui trinqueront), c’est que les collectivités locales, toutes de gauche jusqu’aux premières défaites socialistes, à partir de 2013, ont avalisé cet état de fait ; mieux, elles l’ont applaudi, comme s’il s’agissait, dans ce domaine comme dans d’autres, de dire qu’une bêtise mise en oeuvre par la gauche n’est pas vraiment une bêtise.

Souvenez-vous de la renonciation d’Anne Hidalgo et Bertrand Delanoé à réclamer à l’État PS le milliard d’euros des Parisiens, alors qu’ils n’avaient cessé de s’époumoner quand Sarkozy et Fillon dirigeaient le pays !4

Mieux, que faire de tous ces élus députés PS qui sont aussi, à temps partiel, des élus départementaux dans le 93 ou ailleurs ?

On entend dire « l’État doit prendre en charge les difficultés budgétaires des départements ». Mais l’État, outre le fait qu’en théorie, on devrait dire « les contribuables, représentés par les autorités publiques », n’est-ce pas toujours un peu les mêmes personnes qui, un jour, sont conseillers généraux, le lendemain ministre de la ville (chargé de dépenser), le surlendemain député (chargé de voter et contrôler les dépenses) ?

Les citoyens ont voulu croire au miracle, oubliant que les dépenses publiques ne tombent pas de nulle part. Le retour au réel va faire mal.

Dommage qu’ils n’aient pas voulu entendre le langage de vérité, notamment celui des libéraux, surtout quand on sait que le RSA et les dépenses sociales n’aident pas les pauvres à s’en sortir. Ils ne font, au mieux, que maintenir les bénéficiaires dans la pauvreté et la précarité sous tutelle5 administrative !

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