La France déclare la guerre à l’économie numérique

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La France déclare la guerre à l’économie numérique

Publié le 8 janvier 2016
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Par Éric Verhaeghe.

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L’économie numérique doit-elle disparaître en France ? La lecture des propos de Myriam El-Khomri à la sortie du rapport du Conseil National du Numérique sur le travail pose de sérieuses questions sur l’acharnement que le gouvernement devrait avoir dans une résistance tous azimuts à la numérisation de l’économie française.

L’économie numérique et le travail

Le rapport du Conseil National du Numérique n’est pas inintéressant en lui-même, dans la mesure où il recense de façon plutôt claire et exhaustive les problèmes posés à la société française au sens large par la numérisation du travail. Il a le mérite de retracer les grandes controverses sur le sujet, en documentant un certain nombre de questions.

On regrettera toutefois que ce texte de plus de 200 pages n’utilise que 7 fois l’expression « contrat de travail ». L’avenir de ce contrat se situe pourtant au cœur de la problématique. Comment construire demain une relation collaborative dès lors que le numérique permet de réintermédier autrement les relations entre producteurs ?

L’exemple fameux donné par Uber montre bien que la mise en relation d’un fournisseur et d’un client par une plate-forme numérique modifie radicalement la relation entre ceux-ci. Nul besoin d’un employeur pour organiser le circuit de production : la plate-forme s’en charge. Comment, dans ce cadre radicalement nouveau, penser la relation entre les acteurs de la chaîne ?

Cette question centrale est approchée par le rapport, mais elle n’y est pas réellement traitée ni résolue. C’est dommage, car tout concourt ainsi à donner le sentiment que la société française refuse d’examiner librement ses certitudes acquises au regard des disruptions qui touchent la production économique classique.

L’économie numérique et le revenu universel

Un autre mérite du rapport est de mettre en haut de la pile le sujet du revenu universel, et au cœur de mon prochain livre sur la Sécurité sociale. Le rapport fait toutefois une proposition qui reste en retrait sur le sujet, avec un scénario de remplacement du RSA par un revenu universel.

L’intérêt de la proposition repose cependant dans les conséquences que le rapport entend tirer de la distinction entre emploi et travail. De fait, l’économie numérique distingue fortement ces deux concepts et dissocie volontiers la valeur et le travail. Comment, dans cet univers nouveau, rémunérer les travailleurs ?

On voit bien ici l’intérêt du revenu universel, à propos duquel le rapport tire une série de conséquences fiscales qui ont au moins le mérite d’être listées, même si l’on pressent que les rédacteurs du rapport ne sont pas encore allés au bout du processus qui, dans les années futures, devraient produire une révolution dans le financement public. Quel sort réserver aux revenus tirés d’une activité collaborative privée ? Comment recalculer le revenu de chacun, au-delà des rémunérations versées par un employeur au titre du contrat de travail ?

L’économie numérique et la ministre du Travail

Face à cette pépinière d’idées, la réponse à chaud de la ministre du Travail fait froid dans le dos, tant elle procède d’une défense de l’existant et d’une fermeture systématique de toutes les portes que les rapporteurs ont ouvertes. Sans attendre les propositions que doit remettre au Premier ministre, début février, le député PS Pascal Terrasse sur ce sujet, elle a déclaré souhaiter que « lorsqu’il y a situation de dépendance économique, il est légitime de se demander si la plate-forme n’a pas une forme de responsabilité sociale, qui doit l’amener à contribuer à la protection de ces travailleurs, par exemple en finançant leur formation ».

On a tous bien compris ce que cela signifiait : la réglementation guette les secteurs qui ne sont pas encore réglementés, en accord d’ailleurs avec certaines organisations patronales. Au lieu de profiter de la disruption numérique pour réformer, le gouvernement entend bien faire entrer la nouvelle économie dans les habits usés d’une France vieillissante. C’est à se demander si le Premier ministre prend la mesure du désastre auquel il prépare le pays avec une ministre du Travail inexpérimentée et forte d’un maigre parcours professionnel dans la vie associative.

Sur le fond, l’objectif du gouvernement devrait se limiter à imposer des normes sociales coûteuses à des situations qui ne s’y prêtent pas.

L’économie numérique plombée par des normes exorbitantes ?

Dans la pratique, le choix du gouvernement devrait donc consister à plomber les acteurs du numérique par une réglementation sociale dont le poids ne tardera pas à étouffer le secteur et à favoriser des délocalisations massives. Alors que le modèle français de protection sociale est à bout de souffle et amenuise la compétitivité de nos entreprises par son coût élevé pour de piètres performances, la ministre du Travail semble bien décidée à faire passer les nouveaux acteurs sous ses fourches caudines.

Les conséquences capitalistiques de ces choix sont bien connues : seuls les grands acteurs installés comme Orange disposeront des moyens nécessaires pour développer de nouveaux produits, ou de nouvelles plates-formes. Les nouveaux acteurs seront pour leur part écartés du jeu par un coût d’entrée élevé.

Le plus agaçant tient sans doute à la cécité totale de la ministre face à cet encouragement de fait donné au « grand capital », au détriment des nouveaux entrants. Une fois encore, la France sacrifie ses petits entrepreneurs sur l’autel d’un capitalisme d’État verrouillé par la technostructure.

La mort du revenu universel

Quant au revenu universel, la ministre est passée à côté du sujet, en s’interrogeant sur son coût. Manifestement, elle n’a pas cherché à comprendre que ce revenu venait en déduction des dépenses publiques actuelles et constituait une opportunité pour rebattre les cartes.

Sic transit gloria Franciae.

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  • C’est surtout une guerre contre la modernité, commune à tous les partis de France…

    La révolution numérique va se faire, avec ou sans eux, à moins de transformer la France en Corée du Nord ce ne sera pas possible.

    Curieux de voir leurs gesticulations futures sur les imprimantes 3D, la réalité augmentée et la réalité virtuelle..ça risque d’être comique !

  • Ca ressemble à la bataille contre la mondialisation. Ils ne sont toujours pas au courant que leur bataille était perdue avant de commencer, l’ennemi c’est eux.

  • La séparation du travail et de l’emploi existe déjà pour toutes les professions libérales, tous les indépendants, qu’ils soient informaticiens ou agriculteurs.
    La différence reste fondamentale : pour les employés, notamment du secteur public, les revenus ne dépendent pas du travail effectivement fourni, mais seulement du fait d’avoir un salaire à la fin du mois, même sans avoir effectivement « travailler ». Pour les autres, le revenu dépend directement du travail fourni.
    C’est pourquoi confondre « travail » et « emploi » arrange beaucoup de monde.

    • Vous avez raison, mais il est bon de préciser que ca arrange VRAIMENT tout le monde , employés comme employeurs, car on a l’impression de lire entre les lignes que ca arrange les travailleurs en CDI surprotégés. La problématique de l’employeur est de donner une charge en adequation avec le « salaire » fourni, le salaire étant a la base une retribution pour son travail. Et à ce titre là nombre d’employeurs , et même de professions libérales, ont une balance qui leur est bénéfique puisque des employés travaillent plus que leurs charges acceptable. C’est trop facile de mettre les employés du « secteur public  » + « ne fournissant pas de travail » comme base d’analyse. Le fait que le salaire soit borné par un nombre d’heure est une contrainte, des fois énorme car la charge est faible, mais ce n’est pas la source du problème, la source étant d’avoir assez d’esprit d’entreprendre pour supporter la charge à fournir. Un entrepreneur qui entrepend pas , c’est comme un travailleur qui travaille pas, ca génère pas de plus value. Donc in fine un emploi sans travail ce n’est pas la faute du contrat de travail !
      De même contracter mais ne pas honorer pour être sûr d’avoir trop de charges ce n’est pas une manière d’entreprendre correctement.

      Un exemple : ma boite ne paie pas les heures sup mais les écrète, environ 150 000 heures par an, soit 100 employés base 35h. Donc je confirme vos dire: pour les employés le salaire ne depend pas du travail fourni, mais seulement c’est dans le mauvais sens !

      Après on peut parler du fait que la charge n’est pas stable est donc le CDI handicapant, mais ce n’est pas le même débat.

      • @Irion : il me semble que vous dominez assez mal le concept de plus value et de salaire.

        le salaire d’un travailleur est égal peu ou prou à sa productivité, il ne dégage pas de plus value en tant que tel.

        Ce concept marxiste de plus value sur le travailleur est parfaitement faux (si tant est qu’il y est eu un seul concept marxiste de vrai ?)

  • Désespérant,

    Nommer ministre du travail un fonctionnaire qui n’a jamais travaillé, ne sait pas ce que veut dire travailler, un comble.

    D’accord, comme d(habitude, ce gouvernement de fonctionnaires nomme ses ministres en fonction des études de communication, et de marketing sociologique, et surtout pas pour des compétences, donc c’est normal.

    La ministre n’est là que pour faire de l’enfumage et un maximum de bruit.
    Pendant que le Croque-Mort continue ses célébrations, faute de mieux.

    • Les nomenklaturistes socialo-communistes se recrutent uniquement sur profil politique. Vous voudriez aussi qu’ils soient intelligents et cultivés ?

  • sur le revenu universel, je ne vois pas en quoi il viendrait en réduction des dépenses publiques ????

    Comme disait Coluche :

    ils manifestent pour du travail, de l’argent leur suffirait en fait !

    le revenu universel est une absurdité de bobo déconnectés de la réalité

    • Ca depend du contexte. Si on considère ce besoin en relation des valeurs actuelles type SMIC, et cout du pain / internet/ loyer parisien / high tech oui.
      Si on considère qu’on est passé à l’age d’une civilisation assez évoluée pour ne pas avoir besoin de depenser pour les besoins primaires, non. En gros, payer non, mais avoir le minimum gratuitement pourquoi pas, puisqu’il est de moins en difficile de fournir les services de base.

      Le problème se situe dans le fait de savoir si on paie pas certaine schoses très chères pour ce qu’elles sont, et si nous n’avons pas des contraintes qui existent actuellement dans l’unique but que cette philosophie ne soit pas adaptable.

      Si on me donne 400€ pour manger des plats de base, avoir la possibilité de vivre dans une maison a bas cout dans un lieu peu couteux, et communiquer un minimum, mais qu’on me laisse avoir la possibilité de travailler sur ce lieu, c’est en adequation avec le fait que pour faire mon travail je n’ai actuellement pas besoin de me déplacer, même sur mon lieu de travail … Je ne coute donc pas cher, mais j’ai pour autant la possibilité de génerer de la valeur. A ceci le seul problème: aucun infrastructure ni idéologie en place pour une solution tout à fait envisageable.

      • Vous ne coûtez peut-être pas cher, mais pour combien comme vous chacun de ceux qui paient contribuent-ils ? Et comment choisissez-vous ceux qui paient ?

        • Vous allez trop vite je pense. Il s’agit pas de penser que c est une bonne idée en l’état, mais de penser que c est peut être une moins mauvaise idée que de donner tout ce qu’on donne déjà actuellement. J’ai parfaitement conscience , et pourtant en tant qu’employé, de donner plus de 66% de mon gain à l’Etat, d’autant que c est assez facile a calculer (le bilan de mon patron – mon net – moins mes impots direct – les taxes compensatrices – la tva). aussi un revenu inconditionnel equivalent à (500€de démonstration) 16% de mon don est LAARRGEMENT inférieur à mon don actuel. Ceci a condition que cet outil soit comme proposé dans l’article une redistribution des cartes.

          De plus comme je l’ai dit il s’agit d’un point de vue économique. Il n’est pas necessaire de me donner 500€ si les besoins correspondant à ce revenu sont abaissés, étant pour la moitié surpayé du au commerce actuel qu’on en fait. Argent donné = achat supérieur = concurrence = baisse des prix il me semble non ? Pourquoi, en guise exemple deja donné, aurais je besoin d’un revenu pour acheter plus d essence si je bosse en ligne, car j’ai enfin LE DROIT ?!

          Enfin je suis d’accord avec vous sur l’aspect anti libéral de l’idée dans son expression actuelle: qui paie un truc en plus , plutôt de qui paie des choses en moins, a la condition qu’il y ait un truc en plus unifié ?

          • @ irion : vu comme cela, d’accord

          • « Argent donné = achat supérieur = concurrence = baisse des prix il me semble non ? »

            Non, cf INSEE : 70% des aides au logement sont parties dans des hausses de loyer.

            Dans vos équivalences l’erreur se situe à « achat supérieur » qu’il faudrait remplacer par « demande supérieure » et alors tout dépend comment l’offre s’ajuste et du niveau du coût marginal. Mais en général une demande supérieure implique déjà une hausse de prix même après avoir retrouvé un équilibre offre demande.

            Un bon exemple ce sont les forfaits mobiles. Si l’on met de coté l’entente sur les prix pour lesquelles les opérateurs ont été condamnés, entente qui avait peut-être gonflé les prix de 20%, une forte demande n’a pas engendré une baisse des prix, bien au contraire et alors que le coût marginal d’un nouveau client est pratiquement de zéro (hors subvention du téléphone). C’est juste l’arrivée de Free qui a permis de bouleverser la donne.

            Si l’argent gratuit arrive dans un foyer tendu ce seront les biens importés qui seront favorisés : cf les distributions d’argent dans les années 80.

            Vous faites l’erreur de croire que la croissance vient en boostant la consommation, c’est ce que font les socialistes depuis 1980.

            Les prix n’ont pas besoin d’argent gratuit pour baisser : exemple le prix de l’électroménager : avec 1 smic net vous achetez 3 machines à laver vs 1 seule il y a 30 ans et 0.08 il y a 60 ans.

          • Je ne comprends pas : si au lieu de donner cet argent (via le tuyau générateur de pertes en lignes de la redistribution étatique), vous en gardez la disposition, n’allez-vous pas le dépenser ? Le dépenser en échange de services qui vous améliorent la vie, mais qui aussi permettent à ceux qui vous les fournissent de gagner honnêtement le montant en question, et de le dépenser à nouveau.
            La différence est que dans un cas rien n’est produit en échange, dans l’autre c’est ce qui vous améliore la vie qui l’est.

      • @ Irion :

        réponse de Ayn Rand, à méditer :

        Dans la mesure où les choses dont l’homme a besoin pour survivre doivent être produites, et où la nature ne garantit le succès d’aucune entreprise humaine, il n’y a pas et il ne peut pas y avoir de garantie d’une sécurité économique. L’employeur qui vous donne un emploi n’a aucune garantie que son entreprise va rester en activité, que ses clients vont continuer à acheter ses produits ou services. Les clients n’ont aucune garantie qu’ils auront toujours la capacité et l’envie d’échanger avec lui, aucune garantie de ce que leurs besoins, choix et revenus seront dans le futur. Si vous vous retirez dans une ferme autonome, vous n’avez aucune garantie vous protégeant des conséquences d’une inondation ou d’un ouragan sur vos terres et vos cultures. Si vous laissez tout aux mains du gouvernement et lui donnez tout pouvoir pour planifier l’économie dans son ensemble, cela ne garantira aucunement votre sécurité économique, mais garantira l’abaissement de la nation entière à un niveau de pauvreté misérable – le résultat pratique que toutes les économies totalitaires, communistes ou fascistes, ont démontré.
        Moralement, la promesse d’un impossible « droit » à la stabilité économique est une infâme tentative d’abrogation du concept de droits. Elle ne peut signifier et ne signifie qu’une seule chose : la promesse de réduire en esclavage tous les hommes qui produisent au bénéfice de ceux qui ne travaillent pas. « Si certains hommes ont le droit de bénéficier des fruits du travail des autres, cela signifie que ces autres sont privés de droits et condamnés à travailler en esclaves. » Il ne peut y avoir de droit de réduire en esclavage, i.e. de droit de détruire les droits.
        Ayn Rand, « The Ayn Rand Letter » ; *Ayn Rand, « Capitalism: The Unknown Ideal ».

        • Je dois encore méditer sans doute, mais je suis tout à fait au courant. Seulement je ne rejète pas l’idée d’evolution de societé dans son état actuel vers une unification des revenus premiers (que personnellement j’associe pour fonctionner a la baisse des charges diverses actuelles) au profit de l’idéologie révée.

          Sans rentrer dans les détails, l’actualité peut me faire perdre mon poste à tout instant. En attendant ma boite existe sous diverses formes depuis 70 ans, soit quasiment ma vie, et prospère actuellement sans commune mesure. L’inconsistance entre l’expression idéologique et la réalité du terrain. Demain on recoit une bombe H coréeenne, mais en attendant j’ai pas vu une coupure d’elecricité chez moi depuis 12 ans. Je table donc raisonnablement plus sur une vie prospère basée sur une qualité energetique plutôt que sur la fin de mon monde. A ce titre là je prefère qu’entre mon patron et moi la difference se situe plus au niveau d’un revenu inconditionnel, plutôt qu’au niveau actuel. (ce qui veut dire en gros je préfèrerais juste payer moins en premier 🙂 )

          Enfin « la nature ne garantit le succès d’aucune entreprise humaine » : et sinon vous avez vécu sur quelle planète ? Tout ce qui commence doit sans doute finir, mais l’entreprise « humanité » se porte quand même sacrément bien depuis quelques centaines d’années. Excusez moi du référentiel !

          • @ Irion :

            votre boite existe et prospère depuis 70 ans, très bien pour vous, mais je vous retourne la question : vous vivez sur quelle planête ?

            Les faillies d’entreprises (de plus de 1 personnes) en France battent record sur record depuis 5 ans (plus de 65 000 par an), les chomeurs officiels sont de 6 millions, etc etc etc …

            Où voyez vous une expression idéologique dans ces faits ?

            Ayn Rand nefait que décrire le phénomène à l’oavure en cas de revenu universel : l’esclavage pour certains, la masière pour tout le monde.

            Depuis 200 ans, l’humanité se porte bien grace au libéralisme et non au revenu universel (qui est du socialisme in fine) qui n’a jamais existé, voici le vrai référentiel …

    • Stéphane Boulots
      8 janvier 2016 at 15 h 59 min

      @Stéphane :

      Il existe deux versions complétement opposées du RU, l’une d’inspiration libérale, l’autre égalitariste.

      La version défendue par Friedman et d’autre est très mal comprise des libéraux Français, qui la confonde avec la seconde.

      Les préalables du RU sont les suivants :

      – le RU s’applique en remplacement de la progressivité de l’impôt, il n’a de sens qu’avec une flat tax.
      – le RU est imposable, et cela dès le premier centime.
      – le RU supprime et remplace toutes les allocations de type « assurance » : assurance maladie, assurance chômage, assurance vieillesse, etc… sous leur forme obligatoire, qui sont elles privatisées.
      – les revenus de substitutions payés par les assurances privées sont imposables, comme tous les revenus.
      – le RU est fourni sous forme d’impôt négatif, il n’est pas distribué, mais soustrait à l’impôt, sauf quand le total de l’impôt du est négatif.
      – le RU est annualisé dans son calcul (et les impôts mensualisés) , pour éviter les effets d’aubaine.
      – les personnes n’ayant jamais payé d’impôts n’ont pas le droit au RU.

      En gros le RU, c’est la fin de l’URSAAF, du RSI, de l’AGIRC et de l’ARCO, de l’ISF, du RSA et des niches fiscales, et également la fin des privilèges clientélistes d’allocations particulières.

      On fait plus « communiste » ou « bobo » comme proposition non ?

      En mode « calcul », cela produit à peu près la même protection pour les couches à faible revenu (sous le revenu médian) que le bazar actuel, tout en diminuant énormément les coûts, en particulier les coûts de gestion.

      • Bonjour Stéphane boulots

        Un vrai libéral 😉 milite pour restreindre l’emprise de l’état sur l’individu, le RU sanctuarise la légitimité de l’intervention de l’état sur le pouvoir d’achat des citoyens, le fameux à chacun ses besoins.

        Vous le dites bien dans la fin de votre post; ‘ produit la même protection’, on est donc bien tjs dans l’état providence.

        C’est comme le mariage homosexuel, un libéral doit limiter l’emprise de l’état sur la vie privée des citoyens, et donc l’extension du mariage pour tous va dans le mauvais sens, il faut restreindre l’intervention et militer pour le mariage pour personne 🙂 .

        Tous cela est furieusement constructiviste.

        • Stéphane Boulots
          9 janvier 2016 at 17 h 05 min

          @Gilib :

          Bonjour,

          Je ne ferais pas de commentaire sur le « vrai » libéralisme, passons.

          Pour le mariage, je suis en partie d’accord : l’Etat n’a pas à se mêler du mariage. De là à « militer » : non, chacun fait comme il veut en terme d’engagement religieux.

          Sur le RU, vous mettez le doigt sur le vrai problème : que signifie l’Etat ? Je pense que l’on ne sortira pas de cette discussion si simplement.

          Est-ce que l’on peut envisager autrement l’Etat que comme une machine à contraindre les citoyens (et à réparer les problèmes qu’elle crée ?), que comme un Pouvoir, mais plutôt comme une représentation de la société, comme un Etat non socialiste, c’est à dire non basé sur la réglementation mais sur la résolution des conflits d’intérêts.

          Le RU n’est qu’un pas, celui de la transformation de la société vers un modèle où l’individu a sa place. Et entre la coercition du régime social obligatoire collectif et l’impôt négatif, je choisi le second sans hésiter.

          Libéralisme ne veut pas dire anarchisme, enfin pas pour moi. L’Etat est l’élément central de la société, ce n’est pas parce que les gauchistes en ont fait une machine à réaliser tout les fantasmes qu’il faut s’éviter de penser et rejeter l’Etat par dogmatisme (et/ou par gauchisme)

          (gauchisme : confusion entre réalité et vérité)

          • « Le RU n’est qu’un pas, celui de la transformation de la société vers un modèle..  »

            C’est bien cela le pb, c’est une vision constructiviste de la société.

            Je suis pour l’ordre spontanée, et l’état doit se limiter à ses fonctions régaliennes, mais je sais que tout les libéraux ne sont pas de cette avis.

            • Stéphane Boulots
              10 janvier 2016 at 10 h 18 min

              @glib :

              Moi aussi, je suis pour l’ordre spontané, sauf que ce n’est pas le cas de l’ensemble des gens, surtout après 3500 ans au minimum de vie socialisée.

              Je serais même plus extrémiste que vous, je ne pense pas que le rôle de l’Etat soit le régalien au sens Pouvoir, c’est déjà mille fois trop. Il faut absolument séparer Etat et gouvernement, l’Etat doit être une manifestation de la société, un accord commun, un pilote, pas un maître.

              C’est « constructiviste » si vous voulez.

              • Vous avez raison, le pb c’est l’état dont on a pas besoin, c’est une scorie de la monarchie absolue, surtout en france.
                On a besoin d’une entité qui s’occupe uniquement de son rôle (justice, police, armée) avec subsidiarité (police municipale, police fédérale..); conseil municipal, assemblée régionale, conseil fédérale.
                C’est le concept de l’état qui est de trop, état souverain absolu au lieu au d’entités de pouvoir au limites définies.

                • Stéphane Boulots
                  10 janvier 2016 at 13 h 43 min

                  Totalement d’accord, cet arrogant « Etat Pouvoir » et tous ces subsides (patrie, nation etc…) inventé non pas par la monarchie absolue, mais par la constituante de 1793 qui établit la souveraineté populaire absolue.

                  DDHC 1793 – article 25 : « La souveraineté réside dans le peuple ; elle est une et indivisible, imprescriptible et inaliénable. »

                  La France vit dans l’illusion (et le socialisme) depuis lors.

  • L’économie numérique ? En Gévaudan la « bète » en rève pour ne pas crevern 😉 https://websdugevaudan.wordpress.com/

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