Faut-il acheter ou louer sa résidence principale ?

Publié Par Clément Pitton, le dans Logement & immobilier

Par Clément Pitton.

L’immobilier a toujours été considéré comme un secteur où il est possible de s’enrichir facilement et rapidement. Si vous cherchez à faire un coup immobilier en achetant pas cher et en revendant au prix fort, alors cet article n’est pas pour vous. En revanche, si vous vous interrogez sur un achat immobilier dans une optique de bon père de famille, j’espère que ces quelques lignes où je partage mon expérience de gestionnaire immobilier sauront vous satisfaire, pour décider si vous devez acheter ou louer votre résidence principale.

Pourquoi être propriétaire ?

Posséder sa résidence principale est une idée fortement ancrée en France et il est indéniable que cela procure plusieurs avantages :

La flambée des prix de l’immobilier depuis 20 ans en a encore accru l’importance en créant un sentiment d’urgence immobilière. Acheter son appartement est ainsi devenu l’obsession de notre génération qui a peur qu’à force de rester locataire, elle ne puisse jamais acheter, la hausse continue des prix la déclassant mécaniquement.

De la difficulté de prédire l’évolution des prix de l’immobilier

Cette évolution montre le rôle clé de la montée des prix sur la volonté ou non d’acheter sa résidence principale et, en la matière, il y a sujet à échanger de nombreux arguments.

Les prix hauts reposent sur des facteurs conjoncturels (faibles taux d’intérêts, forte création monétaire,…) et, parce qu’on a jamais vu un arbre monter jusqu’au ciel, ils devront bien s’assagir à un moment ou à un autre.

Inversement, il convient de se rappeler que les théoriciens de la baisse voyaient déjà les prix chuter après les subprimes en 2007 et que le niveau actuel de prix, à la différence des années 1990, repose sur des facteurs plus structurels : une demande des particuliers et une raréfaction de l’espace dans les grands centres urbains.

Deux idées fortes à garder en tête sur les évolutions des prix

Savoir si les prix vont monter ou baisser, dans quelles zones, à quel horizon de temps et dans quel calendrier sont des spéculations plutôt hasardeuses. En revanche, et dans l’optique de répondre à la question titre de cet article, je considère qu’il y a deux grandes idées à garder à l’esprit :

  • Sur le long terme, les prix de l’immobilier montent dans les zones denses : capitales, grands centres économiques, etc… C’est un effet mécanique de la loi de l’offre et de la demande.
  • Sur le long terme, aucun produit n’est à l’abri de crises. Les prix des actifs immobiliers ne font pas exception et ils ne peuvent pas durablement augmenter plus vite que la capacité d’investissement des gens qui les achètent. Cela n’est pas contradictoire avec une hausse supérieure à l’inflation en raison, par exemple, de la baisse des taux qui a boosté la capacité d’investissement ou de l’arrivée d’acheteurs au pouvoir d’achat accru.

Acheter ou louer sa résidence principale ? Une conclusion de bon sens mais une mise en œuvre plus difficile

En supposant une augmentation des prix à long terme, la conclusion qui s’impose est d’acheter sa résidence principale surtout dans les grandes villes. Il devient dangereux à partir d’un certain âge de rester locataire car cela expose à une insécurité immobilière tout en se privant d’une prise de valeur.

En revanche, en intégrant le scénario d’une crise conjoncturelle, la question qui se pose est de savoir quand et quelle résidence principale acheter.

Les risques d’un achat prématuré

Si vous achetez un studio quand vous êtes un célibataire de 20 ans, vous devrez certainement en changer si vous vous mettez en couple ; idem pour un couple sans enfant et qui achète un appartement avec une seule chambre.

À certaines périodes de la vie, notre situation personnelle évolue et nos besoins immobiliers aussi. Le danger d’acheter à ce moment là est de se retrouver collé en cas de baisse temporaire des prix. C’est l’exemple de nombreuses familles qui, dans les années 1990 ou plus récemment aux États-Unis, ne pouvaient pas vendre leurs appartements à cause d’une baisse de prix, et ce malgré des situations personnelles difficiles : promiscuité, couple qui ne peut pas divorcer car la vente de la maison entraînerait une trop forte moins-value.

Au delà de l’aspect financier, un achat immobilier doit s’inscrire dans un projet de vie au risque de se retrouver dans des situations complexes : couple se retrouvant à l’étroit dans une trop petite surface acquise parce qu’elle était dans leur budget, désillusion sur un quartier choisi pour ses prix abordables mais dont on découvre par la suite les défauts…

La prudence doit être d’autant plus de mise qu’acheter et revendre un appartement entraîne d’importants frais de transaction, d’environ 10% en intégrant les frais de notaire et de droits d’enregistrement à l’achat, et les frais d’agence à la revente.

Acheter pour revendre quelques années plus tard nécessite donc que les prix aient progressé d’au moins 10% seulement pour amortir les frais de transaction.

Quelques fausses bonnes idées sur acheter ou louer

Les acheteurs compulsifs justifient souvent leurs achats en arguant que louer c’est « jeter l’argent par les fenêtres » et que s’ils doivent déménager sans pouvoir vendre, ils mettront leur bien en location.

Ces deux arguments sont pour moi typiquement des fausses bonnes idées.

Quand on achète un bien, on « jette aussi l’argent par les fenêtres » en payant les intérêts à la banque, lesquels sont d’ailleurs parfois supérieurs au loyer, net des charges et des frais d’entretien, que l’on aurait payé en restant locataire.

Il ne faut pas oublier qu’une part non négligeable d’un loyer ne bénéficie pas au propriétaire. Selon les cas, c’est entre 20% et 50% qui sont absorbés par les charges ou les travaux d’entretien.

Acheter n’est donc pas toujours la bonne affaire qu’on croit. Ces charges et ces travaux, eux, demeurent même si le loyer disparaît. De plus, si on corrige le loyer payé des charges et travaux, on se rend compte que la location n’est finalement pas si chère que ça ni très rentable pour le propriétaire.

S’il n’y avait qu’une seule question à se poser avant d’acheter

S’il ne devait y avoir qu’une seule question à se poser à mon sens avant d’acheter, ce serait de savoir si on peut rester a minima entre cinq et dix ans dans le logement qu’on projette d’acheter avant de devoir le vendre, ou d’en changer.

C’est une durée suffisante pour amortir une éventuelle crise immobilière. Ou pour que les prix aient, de manière quasi certaine, augmenté suffisamment pour financer les frais de transaction et permettre un remboursement au moins partiel de la dette.

Dans la négative, tout projet d’achat aurait à mon sens une dimension spéculative car dépendante d’une hausse des prix. Ce n’est pas en soi un mal et ces vingt dernières années ont montré que ce n’était pas obligatoirement un pari insensé, bien au contraire, mais cela n’en reste pas moins un pari…

  1. L’auteur « l’usage d’un logement n’étant pas (encore) taxé. »

    Sauf erreur, la taxe d’habitation est payée par les personnes qui disposent ou jouissent de locaux d’habitation à titre privatif.

    Si ça c’es pas une taxe, c’est quoi ? Nos bons gouvernants n’ont surtout pas besoin de conseil de ce genre pour inventer une nouvelle taxe…

    Quant au reste de l’article…il enfonce des portes ouvertes…de logement !

    1. L’auteur parlait évidemment du loyer qu’on tirerait normalement du logement, non taxé. À Bercy l’idée circule depuis longtemps, elle est appliqué en suisse.
      La taxe d’habitation c’est autre chose.

      1. elle est appliqué en suisse

        Et comme par hasard, les loyers y sont élevés, surtout à Genève, très socialiste. Seuls reste sur le marché des institutionnels qui savent faire pour en tirer le maximum. Vu la proportion très faible de logements à la location, vous prenez ce que vous trouvez, au prix demandé qui ne baisse jamais.

        Dans les années 1988-1991, j’avais payé plus en impôts que ce que j’aurai pu en tirer en loyer ou si j’avais loué la même surface, surtout lors de la crise immobilière. Conclusion : 1 acheteur en moins. Et même bien plus…

      2. En Belgique aussi. Depuis longtemps.
        Cependant, il faut savoir que le revenu cadastral reste fort bas par rapport au loyer qu’on peut tirer d’un appartement. Et il faut dire aussi qu’il a augmenté par indexation des cours de 1975 et à l’exception des nouvelles maisons, est fort inférieur par rapport aux cours actualisés… (d’ailleurs, les communes commencent à s’en plaindre…)

        1. Au Luxembourg, ce sont les nazis qui l’avaient introduite. Il fallait bien racler les fonds de tiroir.
          En Belgique, je suppose que c’est la même chose ❓

      3. La taxe d’habitation est une « taxe d’usage ». Quant à taxer le logement inoccupé en adossant la taxe à un loyer potentiel, oui, c’est dans les tuyaux et on peut leur faire confiance. Mais ce n’est pas une taxe d’usage mais au contraire une taxe de « non usage » visant à soi-disant mettre à disposition des logements libres pour ceux qui sont en demande.

        Le seul résultat prévisible : ralentissement de l’investissement immobilier…

      4. Je vous confirme que je parlais effectivement de cette imposition là
        Merci d’avoir précisé ce point

  2. L’intervention de l’état affaiblit mais ne fait pas disparaître l’argument essentiel : si la location est une mauvaise affaire pour le propriétaire, ce qu’elle est devenue, alors c’en est une bonne pour le locataire ! Financièrement, s’entend, car outre les avantages à être propriétaire de son logement évoqués dans l’article, il y a celui de pouvoir aménager son domicile comme on l’entend, ce qui donne une qualité de vie bien supérieure mais augmente aussi en général le budget logement au delà des seuls remboursements d’emprunt.

    1. Faux : dans ce pas qui n’a de démocratie que de nom , vous ne pouvez pas faire ce que vous voulez dans votre logement . Même si votre maison vous appartient , vous devrez demander un autorisation pour abattre le moindre mur ou construire une cabane de jardin ( afin que tout ceci soit taxé ).
      C’est aberrant , mais puisque personne ne dit rien , c’est comme ça .
      De même que les loyers fictifs : vous verrez que personne ne dira rien et que ça passera . Ne comptez pas du tout sur les députés pour vous défendre , ils sont bien trop contents d’en croquer , ils pourront encore , avec cet argent , augmenter leurs faramineuses indemnités .

      1. Entièrement d’accord, la liberté de faire évoluer son interieur librement est un rêve. J’ai voulu récemment transformé un garage en habitation… On m’a dit « très bien, mais si vous supprimez une place de stationnement abritée, alors il en faut une autre sur le terrain. » car ma commune/région/département (je n’en sais rien) m’oblige a avoir une place de stationnement… Même si je ne possède pas de voiture. État partout pour tout. Et je n’aborde même pas le sujet du la couleur des menuiseries exterieures, des murs, du type de toiture, du SHON,…. Et pas non plus de la simple transformation dune fenêtre en porte fenêtre qui est soumis a accord… Bref clairement être propriétaire ne nous laisse pas libre du tout de faire ce que l’on veut chez soit.

  3. Bon article de synthese, surtout n’etant pas du metier. Je dirais que l’article a une valeur internationale, ayant vecu a l’etranger, et maintenant m’installant (pour le reste de ma vie ?) en Nouvelle Zélande . D’autant que nous (avec mon épouse) sommes devenus investisseurs (entre autre).

  4. Vous ne mentionnez pas la fiscalité du propriétaire : les taxes, impôts, la fiscalité des loyers…

    1. C’est effectivement un très bon point. Je l’aborde de manière indirecte en parlant des coûts cachés de la détention et de la mise en location.
      Il est bien sur difficile de faire une réponse générale mais lorsqu’on additionne tous ces coûts, cela fait relativiser le coût des loyers

  5. « être propriétaire procure l’avantage d’une fiscalité accommodante »… entre les taxes foncières (qui montent inexorablement partout), la taxe d’habitation (qui, pour comparaison, n’existe pas en Allemagne et qui me paraît déjà être un impôt sur la jouissance d’un bien immo lorsque le bien n’est pas loué) et les (gros) travaux de maintien en état, de réparation, voire de modernisation ou d’optimisation (économie d’énergie p. ex.) qui incombent au propriétaire (y compris dans un logement loué) et qu’il a intérêt à faire pour préserver la valeur de son bien, il faut être tordu pour penser re-imposer l’usage de son propre bien. Ce qui revient à le payer 2 fois, puisqu’un locataire par définition ne paie pas l’acquisition. Ce procédé fiscal relève de l’escroquerie et de la négation du principe la propriété privée. Si ce droit fondamental est encore plus malmené qu’il ne l’est déjà, nos sociétés finiront de s’écrouler. Mais c’est sûrement ce que souhaitent nos gauchistes destructeurs dans leur illusion de pouvoir ainsi mieux redistribuer les cartes (= et s’attribuer ainsi les biens des autres), expropriation viscérale et esprit révolutionnaire obligent.

    1. Le respect de la propriété privée, pilier de la démocratie est bien sûr ce qui dérange le plus nos thuriféraires de la « République  » socialo-faciale ! 😄

    2. Je comprends votre point mais l’expérience a malheureusement montré que nos gouvernements ne prennent pas toujours les meilleures décisions
      Pour ce qui est de tous les coûts que vous mentionnez, vous avez tout à fait raison – c’est ce que j’appelle les coûts cachés de la détention immobilière

  6. Le moins cher c’est le logement social et il y en a des masses ( nos collectivistes ont pour objectif que 40% de la population soit ainsi assistée). Il me semble que la raison majeure d’acheter n’est pas financière mais plutôt sécuritaire ( sentiment qu’il reste quelque chose à soi, surtout dans le contexte actuel où ils peuvent se servir directement sur les comptes en banque!) . Bien sûr ceci est en partie une illusion car en augmentant toujours plus les taxes pour les salauds de propriétaires et en augmentant les contraintes et les humiliations ( via normes bidons, obligations, interdictions ….) le propriétaire ne fait pas en fait ce qu’il veut chez lui. Le mieux est de se révolter ou de fuir dans des pays où la propriété privée et la liberté individuelle ont encore un sens.

    1. Certes , mais en général les logements sociaux genre pavillon c’est toujours fait avec des matériaux très bas de gamme , il n’y a rien qui tient dans ce genre de logement . Un logement dans le privé est en général bien plus costaud .

    2. Je ne l’ai plus sous la main malheureusement mais j’avais vu un article qui détaillait absolument tous les couts (taxes, entretient, cout du credit, impayes, mutation, cout d’opportunité des sommes en engagées …) et benefices (location et plus value) sur le « cycle de vie » d’un appartement, et il ressortait clairement que quelqu’un pas manuel du tout qui donc fait faire tout l’entretien, se retrouve à la fin du cycle à ne gagner QUE le plus value …
      On comprend tres bien pourquoi tout est fait pour que les prix montent sinon sois tous les investisseurs (enfin ceux qui restent) vont dégager sois l’état devra se serrer la ceinture pour laisser un peu de rentabilité.

  7. Dommage que l’article ne prenne pas en compte un élément : la différence entre le montant du loyer et celui des mensualités.
    Avec un bon courtier on peut avoir des mensualités inférieures au montant d’un loyer.

    1. L’article mets justement en lumière des paramètres plus globaux. Même si on peut avoir des mensualités très compétitives, il ne faut pas oublier les couts cachés et surtout l’évolution des prix de l’immobilier.

      J’ai la certitude que les prix vont baisser, mais est-ce dans l’absolut (en unités monétaires) ou relativement à d’autres classes d’actifs? Tout dépend des actions à venir du gouvernement et de la BCE.

    2. Effectivement mais cela dépend de l’apport or il faudrait normalement valoriser le coût de l’opportunité de l’apport (absence de revenus qu’on aurait pu retirer en plaçant cet apport). De même, les mensualités peuvent être inférieures au loyer mais lequel ? Il faut, selon moi, raisonner, en termes de loyer net c’est à dire loyer moins toutes les charges qu’on assume en tant que propriétaires et que les autres commentateurs ont abondamment listées (taxe foncière, entretien, travaux…)

  8. Quand, grâce à des taux d’intérêt trés bas, les remboursements mensuels (capital + intérêts) sont inférieurs au coût du loyer pour un logement équivalent, le choix est vite fait, sauf si on doit être mobile facilement.

    1. C’est aussi le problème: les taux bas vont-ils durer? Combien de temps?

      Mais il en va de même pour beaucoup de « dimensions » d’un achat ou d’une construction de maison. C’est comme un contrat de mariage (dont on dit que c’est surtout un contrat de divorce!).
      Il n’y a pas de choix à conseiller: tout est une question de calculs, en tenant pourtant compte des facteurs non chiffrables (agrément personnalisé; sentiment de sécurité; situation et exposition etc …).

      10 ans après mon choix, je suis satisfait, mais il y a 10 ans, je n’étais sûr de rien ou de pas grand chose! Et les conseilleurs ne sont pas les payeurs.

  9. Marc Candelier a écrit un programme Excel qui est un simulateur comparant location et achat suivant un tas de paramètres.
    « …ce simulateur calcule le délai de retour sur investissement d’un achat immobilier destiné à devenir votre résidence principale. Pour chacune des deux solutions, achat et location, il calcule le patrimoine accumulé en fonction du temps et détermine le délai au-delà duquel le propriétaire occupant commence à gagner de l’argent par rapport à la solution location. »

    http://www.marc-candelier.com/article-21790588.html

    Voir l’exemple commenté en pdf avant de se lancer dans les calculs.

  10. Un point non abordé dans l’article : le choix d’être propriétaire ou locataire influe sur le déroulement de la carrière professionnelle car elle la limite ou permet son évolution suivant la mobilité professionnelle que ce choix permet. Il semble qu’en france ce choix accentue la probabilité de se retrouver au chômage et d’y rester.

    1. Faux hormis pour le côté psychologique de l’affaire.
      Si on achète rien n’interdit de mettre en location et de déménager.
      L’achat n’est pas une assignation à résidence.

      1. Je crois qu’avant d’être aussi péremptoire, il convient de tenir compte de la situation de chacun. Et c’est à chacun d’en décider.

        Si on vous lit, cela parait très simple. Dans la vraie vie c’est un peu plus compliqué…

      2. Rien n’interdit … sauf l’équilibre financier de l’opération.
        Sur Paris en tous cas, il est rare de pouvoir rembourser une mensualité d’emprunt en mettant un appartement en location une fois qu’on a payé toutes les charges

        1. Bien disons que je l’ai fait plusieurs fois sans difficulté.
          Il faut juste tenir compte de cette possibilité au moment de l’acquisition et avoir une connaissance parfaite du marché avant de se lancer mais là où je vous rejoins c’est que cela demande une expertise que peu de particuliers peuvent avoir.
          De même ne pas pouvoir rembourser intégralement une mensualité d’emprunt par un loyer perçu n’est pas forcément un désavantage.

  11. Se demander si on va rester 5 ou 10 ans c’est un raccourci pas forcément pertinent. La vraie question à se poser c’est celle de l’achat contre la location d’un bien équivalent et ça se calculé au cas par cas.

    Ah et le coup de la croissance sur le long terme euh… Les arbres ne montent pas jusqu’au ciel

    1. Non! Si on se demande, dès l’achat, si on va rester dans une résidence, achetée, pendant 5 ou 10, ans, soit on est coutumier du marché immobilier (semi-professionnel et donc semi-spéculateur) soit, on s’abstient purement et simplement.

      Soit, mais c’est un autre calcul, si on achète un bien à mettre en location: « la pierre » est une valeur (payée à son prix normal, donc moyen, sauf arguments pour lesquels existe ben un maché) qui remplace intelligemment les autres formes d’épargne, actuellement et qui est peu sensible à l’inflation, et moins sensible aux « bulles » que la bourse, puisque c’est un bien concret. Et là, alors, un calcul sans trop d’inconnues est possible, sans oublier pourtant que la fiscalité ne va pas diminuer dans les prochaines années!

      Il n’y a pas à sortir de là!

      Car les frais sont bien plus élevés que ce qui n’est décrit: je ne vois pas la notion d’assurance « solde restant dû », éventuelle assurance « perte d’emploi », frais de déménagement, frais d’installation (que n’achète-t-on pas quand on « s’installe » dans une « nouvelle » maison pour y créer SA vie, en termes de tentures, de peinture, de modifications, de nouveaux meubles, de luminaires, de décoration etc … On est vite à au moins 12 500 €, irrécupérables! L’assurance vie-solde restant dû, je l’ai payée en 6 ans pour une couverture de prêt de 10 ans, elle dépend de l’âge.

      Ne pas oublier qu’au début du remboursement d’un prêt, on paye essentiellement des intérêts, et ce n’est qu’à la fin du prêt qu’on rembourse le capital: j’exagère pour une meilleure compréhension.

  12. « Acheter pour revendre quelques années plus tard nécessite donc que les prix aient progressé d’au moins 10% seulement pour amortir les frais de transaction. »

    Bah, non. Faut prendre en compte les loyers économisés d’un côté, et les surcoûts liés à la propriété de l’autre (taxe foncière, charges de copropriété, etc.)
    Article imprécis.

    1. Et surtout ne pas oublier le cout du credit que l’on rembourse.
      Meme a 3-4% taux minore de l’inflation, apres 10 ans, l’on a paye entre 35 et 50% de plus que la valeur d’achat, donc 10% de plus value a la vente est loin de faire le compte.
      Il me semble de plus que la taxation a la vente sur la plus value ne prend pas en compte le paiement des interets de son credit. Meme avec un credit sur 10 ans a 4%, avec les frais de revente, il faut bien plus de 60% de pseudo plus value pour rentrer dans ses frais, a la vue de ce que l’on aura vraiment paye.
      Autre point, il me semble que la raison principale d’un achat est surtout la possibilite de prendre une surface plus grande que ce que l’on peut louer.

      1. Malheureusement, aujourd’hui et surtout sur Paris, la solution pour avoir la plus grande surface est la location. L’achat rime souvent avec petite surface

  13. Sujet intéressant mais article superficiel qui passe à côté d’aspects essentiels. Comme certains commentateurs l’ont déjà signalé, la comparaison financière entre la location et l’achat, cela se calcule et il n’y a pas de réponse unique: tout dépend de votre situation, de la taille du logement, des prix de marché (loyers, prix du logement, taux d’intérêts…) Cela dépend aussi de vos anticipations sur l’evolution du marché et de votre patrimoine (épargne ou logement).

    Un des domaines où les anticipations sont vitales est la fiscalité. L’immobilier étant impossible à emporter avec soi si on veut fuir la folie taxatoire…

    1. Effectivement – si on veut mettre le sujet en équation il y a de nombreux paramètres à intégrer et d’hypothèses à faire mais là c’est une question de jugement personnel et bien heureux celui capable de prédire l’évolution de tous ces paramètres

  14. Difficile à dire, parce qu’au delà de la question des loyers, des charges, des taxes et des intérêts, on est aussi propriétaire d’un bien que l’on peut revendre. Et à moins d’un krach immobilier (assez probable, je sais), c’est de l’argent qu’on a placé et qu’on peut revoir.
    Le désavantage d’être propriétaire, c’est que c’est plus facile de déménager lorsqu’on est locataire que propriétaire et que vivre en copropriété peut devenir un piège…

  15. Traiter en trois coups de cuillères à pot un sujet aussi dense , prégnant et àfortes variables m’interpelle sur le sérieux de l’article .
    On a bien compris que la démarche est un plaidoyer pro domo pour l’offre gestion locative et produits dérivés .
    Les réponses sur ce sujet complexe dépendent des variables âge , revenus , profession , statut …..mais aussi régions ville , centre ville , capitale , arrondissements , maille de l’arrondissement ……
    La réponse ne sera pas la même en fonction du patrimoine détenu , de la position familial sur ou vers le curseur ISF ,de la résidence principal outil de travail ou pas , de la détention en propre ou via une structure ad hoc .
    La vrai difficulté, qui n’est pas lié qu’au seul sujet du patrimoine immobilier , est la prédiction fiscale et sa variabilité fiscale : ou sera demain le curseur ISF ? Quelle prospective à 20 ans pour les impôts fonciers ? Comment évoluera le concept outil de travail ( l’archi , le toubib ou l’artisan qui réside en principal dans un bien mixte ) ? ……
    Sur ce dernier point une contribution vécue ,Bercy applique déjà la contribution sur le loyer fictif en réajustant systématiquement lors des contrôles les avantages en nature logement de fonction versés sur l’assiette d’un loyer moyen de la maille ( arrondissement où ville ) , donc réintégration en IR du loyer fictif . Bizarrement les avantages en nature de nos chers fonctionnaires disposant d’un logement de fonction ne sont pas ( encore ) concernés par cette chasse au loyer fictif dont l’ essence en France précède bien l’existence !
    Pour ma part si j’étais en phase ( âge ) de constitution de patrimoine , ce qui n’est hélas plus mon cas , je privilégierai plutôt une retraite par capitalisation ,qui finira très vite par défaillance de la répartition à se mettre en place , par l’acquisition de biens immobiliers qui ne sont pas destinés à la résidence principale et en jouant sur la gamme des produits individuels ou collectifs en phase avec la structure de notre pyramide des âges et des besoins .

    1. Bonjour
      Vous avez tout à fait raison de pointer le sujet de la fiscalité et c’est bien sûr un sujet complexe. J’aurais aimé pouvoir traiter toutes les dimensions de la question immobilière mais ce n’est pas un article qu’il aurait fallu faire mais une dizaine d’ouvrages.
      Comme mentionné dans mon préambule (peut être insuffisamment), l’ambition de cet article est seulement de fournir un conseil éclairé et pratique sur les principaux aspects de la propriété immobilière.

  16. Merci Mrs les spécialistes!
    Vos conseils ne mentionnent pas (par Omission,peut-être ?), de consulter l’état sur la destination des futurs migrants. Des propriétaires ont d’ores et déjà vu leurs patrimoines fondrent d’un tiers de leurs valeurs pour cette raison, c’est bête n’est-ce pas !
    Par quels conseils répondez vous à cette question, qu’il est judicieux d’intégrer ?
    Merci par avance.

    1. Bonjour,
      Je raisonne, par déformation de l’habitude surement, essentiellement sur Paris et la premier couronne.
      Après et au delà du cas spécifique des migrants, il faut bien sur toujours intégrer les facteurs d’évolution de son quartier et tout ce qui pourrait le dégrarder

      1. Bonsoir Monsieur,
        Votre réponse porte à polémique. Paris n’étant pas la France,ce qui est du bon sens.
        Quelle alternative à des milliers de personnes en province et sans ressources autres que des allocations à charge des contribuables ? Pensez vous que ce soit durable ?
        A très court terme, déplacements vers les grandes villes, dont Paris, seules pourvoyeuses capacitaires à des emplois salariés. La si vantée décentralisation des industries aurait-elle eu lieu à l’intérieur de notre pays ?
        Vos arguments, Monsieur, Ne tiennent pas la route, et je suis convaincu que vous en êtes parfaitement conscient.
        Je suppute que vous ne puissiez pas faire autrement…
        Salutations.

  17. Votre analyse est très intéressante et je la partage.
    Vous pouvez ajouter un facteur a l’évolution future de l’immobilier : si les gens lisent votre article et restent majoritairement locataires, plus de biens seront sur le marché et cela risque de faire baisser les prix… Et donc de vous contredire dans quelques années !
    Cordialement

    1. Et de faire … augmenter les loyers, par diminution de la concurrence. Bien vu de la part des sotsialistes …

    2. Bonjour,
      Bonne remarque – et d’ailleurs c’est probablement la volonté du gouvernement actuel qui fait beaucoup pour dissuader notamment les propriétaires investisseurs
      Ceci dit les prix dépendent de tellement de facteurs qu’il est difficile d’isoler un seul

      Bien à vous

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