Interdiction de l’affichage de pré-enseigne : liberticide et ruineux

publicité par Mermet circa 1880 - cc by 2.0 - trialsanderrors

L’interdiction des pré-enseignes publicitaires pénaliseront d’abord les petits entrepreneurs. Illustration.

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Contrepoints a évoqué en septembre l’une des dernières avanies que l’État va faire subir aux petits commerces ruraux : l’interdiction de l’affichage de pré-enseigne publicitaire.

Parce qu’un exemple est plus parlant que trois pages de théorie, voici un article paru dans la presse régionale (Maine Libre), qui illustre parfaitement ces effets pervers. Il évoque les effets de la loi pour un restaurateur d’un village de 500 habitants dans la Sarthe, dont 10% du chiffre d’affaires provient de ces préenseignes indiquant son établissement situé à l’écart des grands axes. Quand on sait que la marge nette d’un établissement de ce type représente en général moins de 5% de son CA, la perte est tout à fait significative. L’homme emploie 9 personnes, il devra peut être réduire la voilure et restructurer son équipe. Le gouvernement prétend lutter contre le chômage mais chaque mois, il promulgue des lois qui ont pour effet de l’augmenter…

pre enseigne rené le honzecRappelons le contexte : l’entrée en vigueur, le 13 juillet de cette année, d’une nouvelle loi sur l’affichage, votée du temps du gouvernement précédent, la loi Grenelle de l’Environnement, du très regrettable Jean-Louis Borloo. Vous voyez qu’une fois de plus, le clivage gauche droite est parfaitement suranné, les liberticides sont partout.

Cette loi énonce que tous les panneaux de « pré-enseigne » des commerces et autres activités sont interdits hors agglomération et dans les villes de moins de 10 000 habitants n’appartenant pas à une grande agglomération, introduisant au passage une inégalité devant la loi entre petites et grandes communes. Les dérogations seront accordées au compte-goutte par les préfets ou les maires de communes s’étant dotées d’un règlement local de la publicité, et ne concerneront que les monuments historiques, les manifestations temporaires (concerts, événements sportifs, braderies, fêtes de village, etc) et les commerces dédiés à la vente de produits du terroir.

Bref, la supérette ou le restaurant de petit bourg qui voulait faire savoir à l’automobiliste de passage sur la déviation dudit bourg qu’il pouvait y manger peuvent aller se faire voir, ou plutôt ne plus se faire voir : si la loi est appliquée dans toute sa rigueur, il leur sera impossible d’avertir le chaland de leur présence.

Sera-t-elle appliquée ? L’article du Maine Libre semble indiquer que oui. Rappelons que 600 000 à 1 million de panneaux devraient être effacés du fait de la loi, si elle est appliquée avec zèle.

Eh oui, dans cette France que d’aucuns qualifient d’ultra-libérale, l’État multiplie les tracasseries et attentats à la liberté d’entreprendre, sous les encouragements de la partie de l’électorat acquise à l’anticapitalisme teinté de vert, et dans l’indifférence d’une majorité silencieuse car trop lasse de compter les coups, et qui se contente de chercher à surnager, sans trouver l’énergie de remettre en cause les fondements du système.