Score du FN : l’aubaine de la gauche plurielle

La défaite du FN ne doit pas masquer les petits calculs électoraux de la gauche plurielle.

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Cécile Duflot, ministre du logement

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Score du FN : l’aubaine de la gauche plurielle

Publié le 18 décembre 2015
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Par Éric Verhaeghe.

Cécile Duflot, ministre du logement
Cécile Duflot, ministre du logement

On les a entendus, au vu du score du FN, dimanche soir, tous ces émules de la gauche plurielle, se féliciter, la main sur le cœur, devant les caméras de télévision, du sursaut républicain qui avait permis de garder le fromage des régions entre les habitués de la gamelle. C’était touchant. Mais cet étalage de bons sentiments cachait une toute autre logique et un tout autre calcul qui commence dès cette semaine à déployer ses ailes peu reluisantes.

La gauche plurielle et Hollande le petit Machiavel

On se souvient que, depuis septembre, François Hollande se réjouissait dans les alcôves de l’Élysée d’une victoire probable du Front National dans le Nord. Cette perspective a justifié qu’il ne pousse pas Martine Aubry à prendre la place de Saintignon dans le rôle du mort. Le Nord constituait un excellent laboratoire pour prouver à l’ensemble de la gauche qu’un excès de candidatures plurielles au premier tour des présidentielles conduirait à son élimination séance tenante, et à une défaite cinglante de la gauche aux législatives. C’en serait fini des accords électoraux qui permettent aux parasites de tous poils de se prendre une place au chaud à l’Assemblée Nationale : tout ce petit monde devrait retrouver un boulot fissa.

Au soir du second tour des régionales, cet argument s’est retourné contre son auteur ! Tout le monde a compris, au vu des résultats du FN, que Hollande paierait cher pour rassembler la gauche au premier tour. C’est le moment de revendre chèrement sa place de concert au marché noir ! Pour tous ceux qui se sont fait laminer aux régionales, les écologistes, le Front de Gauche, la vague FN s’est transformée en aubaine : elle fait mécaniquement monter les enchères pour une neutralité dès le premier tour.

Décidément, Hollande n’a vraiment pas les épaules d’un Machiavel. Il avait par avance acheté la corde qui servira à le pendre.

Cécile Duflot à la manœuvre

Côté Cécile Duflot, il est déjà à peu près acquis que le marché est simple. Soit elle se dispense de se présenter au premier tour, et le PS lui laissera sa circonscription à Paris. Soit elle fait de la résistance et la Fédération PS de Paris se chargera de lui coller dans les pattes une candidature socialiste dont il est sûr qu’elle la fera perdre.

La Fédération PS n’aura pas à chercher bien loin pour trouver des candidats bien décidés à faire perdre la belle Cécile. Sa suppléante, Danièle Hoffman-Rispal, qui fut députée du coin en son temps, n’aura pas besoin de se faire prier pour prendre sa revanche sur la gourou des Verts.

La stratégie du Front de Gauche

De son côté, Jean-Luc Mélenchon n’est pas encore complètement acquis à l’idée de ne pas se présenter au premier tour de la présidentielle. Si l’énorme flop de sa campagne aux régionales relativise l’enjeu de cette candidature pour François Hollande, rien ne garantit que l’intéressé ne recommence pas l’exploit de son premier tour. Mélenchon le sait et compte bien négocier chèrement son éventuel ralliement à un Parti Socialiste qu’il déteste autant qu’il l’a trahi, et à un Hollande dont il sait tout le mépris social et politique qu’il lui porte.

Il semblerait que le Front de Gauche ait d’ores et déjà commencé à réfléchir aux candidats qu’il pourrait aligner dans certaines circonscriptions sensibles pour faire battre le candidat socialiste. Si, à ce jeu-là, personne ne sait jamais qui est le dindon et qui est la farce, plusieurs noms de cibles potentielles circulent déjà, avec une possibilité de billard à plusieurs bandes où Alexis Corbière serait chargé de tenir la queue.

Le mouvement est intéressant : il montre que le Front de Gauche risque bien de garder sa réponse sur sa participation ou non au premier tour de la présidentielle jusqu’à la dernière minute. Il pourrait donc y avoir du sport, à gauche, d’ici à avril 2017…

À quelque chose FN est bon

Les téléspectateurs naïfs qui ont vu la gauche plurielle se lamenter des résultats du FN ont donc mal compris le scénario. En réalité, l’excellent score de Marine Le Pen en réjouit plus d’un à gauche : il permet de monnayer au prix fort un soutien à un François Hollande très affaibli qui ne pourra probablement pas faire la fine bouche. On peut même craindre, d’ici 2017, des revirements économiques, à moins que Valls ne décide d’ouvrir du champ à sa droite.

D’ores et déjà, les états-majors sont en pleine suractivité et se lancent dans des danses endiablées autour du volcan, avec la conviction profonde que le FN ne peut remporter la présidentielle.

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  • « Si, à ce jeu-là, personne ne sait jamais qui est le dindon et qui est la farce »: malheureusement si, nous savons qui sera le dindon. Certainement pas celui du Palais, mais nous, les contribuables, car ledit Bouffi du Palais va ouvrir en grand les vannes du fric « public »pour essayer de vivre cinq ans de plus comme un « riche », de bien bedonner, avec le fruit de notre labeur…

  • La gauche se réduit à meute de loup, de vautours de requins assoiffés de pouvoir, d’argent et de privilèges

    • Dommage que ces « requins » soient aussi des « crabes » dans les dossiers qu’ils auront à gérer, ce qui est très manifestement secondaire! Et ça, c’est inquiétant dans l’état actuel de la France!

      Si, au moins, il était possible d’avoir un décompte des votes blancs, d’ici, là.

  • En fait, la gauche n’a même plus les cartes en main.
    Dans tous les scenarii elle ne se qualifie pas au second tour…

    Inutile de faire le grand écart.

    • Le premier tour c’est dans 18 mois d’ici là Hollande a largement le temps d’attirer à lui les électeurs de gauche qui lui manque (au premier tour des régionales le total gauche devance le total droite) et de s’imposer dans un duel de loosers que cela soit face àSarkozy ou Juppé et de se retrouver aux 2nd tour face à Le Pen.

      Dans cette configuration la question est Hollande battra t’il Le Pen, parce qu’autant lors d’un deuxième tour droite FN le résultat est entendu, autant le rejet massif de Hollande par une bonne partie de l’électorat de droite pourrait bien aboutir à l’élection de Marxine.

  •  » On peut même craindre, d’ici 2017, des revirements économiques, à moins que Valls ne décide d’ouvrir du champ à sa droite » Extrêmement peu de chances. Divers raisons rends cela très peu probable. La première étant le réalisme. Mettre en oeuvre un programme plus à gauche est totalement irréaliste contenu de la situation francaise. Si Hollande a du changer de cap, c’est juste parce qu’il n’avait pas d’autres choix. EN plus, même si c’était possible de mettre en oeuvre un programme plus à gauche, cela nuirait à l’économie francaise et ce n’est pas une bonne chose pour le gouvernement d’avoir une mauvaise situation économique.
    La second étant une raison plus électorale. Electoralement, le PS ne serait pas du tout gagnant d’un virage à gauche. La majorité des Francais (y compris à gauche) sont suffisamment réalistes pour comprendre la ligne économique actuelle du gouvernement, seule une petite minorité veut un virage à gauche . La gauche de la gauche ne pèse plus grand chose électoralement parlant. Hollande pour gagner doit non seulement avoir le vote de la gauche de la gauche mais aussi des votes centristes (je crois que c’est même l’auteur de cet article qui expliquait cela). Or, le réserve de voix chez les « modérés », les « centristes » est bcp plus importante que chez la gauche de la gauche. Donc, si il faut choisir entre les deux, il est clair qu’Hollande privilégiera les centristes à la gauche de la gauche.

    En plus, comme des tas d’articles de e site l’ont montré, la ligne économique du gouvernement actuelle loin d’être réformiste ou social libérale reste immobiliste et socialiste. Le soi disant changement de lignes et de réformes s’est surtout de la comm’

    Pour attirer la gauche de la gauche, Hollande n’a pas besoin d’appliquer leur programme, il suffit juste de leur donner des sièges. Le pari d’Hollande n’est pas bête, il sait que la peur de perdre des sièges pour la gauche de la gauche permettra une union de gauche. La seule raison de la gauche de la gauche de refuser l’union nationale c’est la croyance qu’électoralement, ils pourraient être gagnant mais c’est faux. Le problème c’est que la gauche de la gauche est composé en grande partie de crétins complètement idéologisés persuadés qu’ils pourront créer un podemos francais ne comprenant pas qu’électoralement, ils n’ont aucune chance de réussir. La gauche de la gauche est composé de gens ayant un problème avec la réalité alors tant qu’ils croyeront réalisables la création d’un podemos francais, ils ne s’allieront pas avec la gauche gouvernementale. Ce n’est que s’ils se rendent compte qu’ils risquent de perdre leurs sièges qu’ils accepteront l’unité.
    Je pense que le racket de la gauche de la gauche se fera non pas au niveau de leur programme mais au niveau des postes (c’est le principal pour eux).

    • Aux extrêmes les « réalistes » qui sont près à monnayer des place au pouvoir en échange d’un ralliement se font toujours jeter par les purs.
      Il y aura donc des candidats verts, d’extrême gauche etc.
      La question est seulement de savoir si ce seront des poids lourds ou des jeunots sans notoriété ni expérience, et, surtout, si ils feront une campagne qui abimera le PS, ou pas.

      • @ P

        Vous croyez que les électeurs vont, une fois de plus compter sur les « éléphants »?

        Je serais Français, à l’assemblée nationale, je préférerais donner ma voie à un jeune, n’espérant plus rien des « vieux ».

        • La question est : Que valent les jeunes?
          Les quadra des années 90 se sont avérés être des médiocres.
          Les jeunes cadres semblent tous être sur le même moule libertaire et donc différent d’une grande part de la population du pays. Comment relier les uns aux autres sans hypocrisie ?

  • Vous écrivez qu’en cas de non ré-élection :  » tout ce petit monde devrait retrouver un boulot fissa ».
    Vous oubliez qu’ils sont à 90% fonctionnaires et qu’ils conservent une place bien au chaud dans l’administration.
    Quand on est élu, on doit démissionner de la fonction publique et ainsi tout le monde sera sur un pied d’égalité.
    Mais il suffit de voir la tronche qu’a faite Le Fol dimanche quand Bruno Le Maire a formulé cette exigence.
    Pas folle la guêpe : on veut tous les avantages en même temps et aucun inconvénient.

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