François Hollande : de la nébulosité en politique

François Hollande credits Parti socialiste (licence creative commons)

Pourquoi le président s’intéresse-t-il plus au bien-être de l’Humanité qu’à celui de ses compatriotes ?

Par Cédric Parren

François Hollande credits Parti socialiste (licence creative commons)
François Hollande credits Parti socialiste (licence creative commons)

 

Il semblerait que le président ad interim de la France tienne enfin son billet pour l’éternité, ce coup d’éclat qui lui vaudra au moins une double page dans les manuels scolaires du prochain millénaire. Seul le souvenir évanescent des attentats du 13 novembre empêche que la sublimité de son action ne soit proclamée dès à présent et que la population ne scande son nom par monts et par vaux, le nom sacré et révéré de Hollande le Grand, dit aussi Hollande le Bel.

Ce succès, ce triomphe, c’est évidemment la COP21, qui a abouti paraît-il à un accord juridiquement contraignant, à la différence du Pacte de stabilité ou de la Convention européenne des droits de l’homme, auxquels il suffit de dire qu’on va déroger pour en être aussitôt exonéré1. Un triomphe donc, d’autant plus éclatant qu’il a pour théâtre non les étroites frontières de la France, mais le vaste horizon du ciel. C’est la preuve qu’à la volonté présidentielle rien ne peut résister, pas même le vent ni les nuages, pas même le soleil. Ses conseillers ajoutent d’ailleurs qu’il fait tomber la pluie sur commande, évidemment sans devoir danser.

À sa manière, Hollande le Grand poursuit la politique de Sarkozy le Bref, qui avait délaissé les risibles enjeux nationaux à ses laquais et ne se préoccupait plus que de l’état du monde. Le monde ! Voilà un théâtre à peine assez grand pour un président dont le regard perce les nuées et qui, du bout des doigts, déplace montagnes et océans. Et lorsque, parfois, il lui plaît de porter son attention sur les affaires humaines, personne n’échappe à sa sagacité, surtout pas les mahométans du lointain Orient.

La question se pose, dès lors, de savoir pourquoi le président s’intéresse dorénavant davantage au bien-être de l’Humanité qu’à celui de ses compatriotes. Pourquoi il lui est, apparemment, plus facile d’inverser la courbe de la température sur les cinq continents que celle du chômage dans la seule France. Pourquoi la politique est devenue chose nébuleuse, au propre comme au figuré, et pourquoi les politiciens ont abandonné tout programme intérieur (et les ministères qui en relèvent) pour ne plus se préoccuper que de l’universel. Peut-être parce que l’universel a l’avantage d’être un domaine non mesurable, où tant les enjeux que les résultats sont imaginaires et donc incontestables. Afin de dissimuler l’impuissance de l’État, Hollande le Grand a décidé de se mouvoir dans le brouillard.

  1. Imaginons la même chose avec le Code pénal. Article 221-1 : « Le fait de donner volontairement la mort à autrui constitue un meurtre. Il est puni de trente ans de réclusion criminelle, sauf si l’auteur a préalablement déclaré vouloir y déroger. »