Régionales 2015 : enfin les prémices d’un vrai sursaut ?

Le sursaut républicain dans les urnes ce dimanche donne-t-il des raisons d’espérer un réel changement ?

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Vote élection (présidentielle 2007 en France) (Crédits : Rama, licence Creative Commons)

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Régionales 2015 : enfin les prémices d’un vrai sursaut ?

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 15 décembre 2015
- A +

Par Claude Robert

Vote élection (présidentielle 2007 en France) (Crédits : Rama, licence Creative Commons)
Vote élection (présidentielle 2007 en France) (Crédits : Rama, licence Creative Commons)

 

Nombreux étaient celles et ceux, observateurs ou simples citoyens, à déceler dans les manifestations post attentat de Charlie les marques d’une réaction énergique, celle d’un pays meurtri qui se redresse, se ressaisit dans l’union, et décide de faire face aux événements. Beaucoup ont retrouvé cette agréable sensation à l’issue des attentats de novembre, à travers des comportements qui ont fait la preuve d’une immense dignité, notamment du fait de l’absence de propos visant l’Islam ou les musulmans en général, et d’une série de détails annonçant une sorte de réhabilitation de la nation française : engagements militaires soudainement en hausse, drapeaux déployés, regroupement autour d’une Marseillaise miraculeusement nettoyée de ses connotations populistes… Toutefois, la part de l’émotion qui sous-tend ces réactions est immense, et laisse planer un doute quant à  la profondeur de celles-ci… Le risque est grand, en effet,  que l’on ait confondu cette émotion avec ce que l’on a interprété comme un réveil plein d’espoir.

Or, ce qui vient de se produire lors du second tour des régionales est probablement bien plus fort que tout cela. Pourquoi ? Parce qu’à la différence des attentats et de leur incroyable violence physique et symbolique, rien parmi les enjeux de ces élections ne comportait de véritable dimension émotionnelle de nature à soulever ces mouvements instinctifs dont les foules ont paraît-il le secret. Ce qui vient de se réaliser sous nos yeux, en ce dimanche 13 décembre, est au contraire magnifique de rationalité et de secondarité, et se trouve combiné selon plusieurs dimensions qui en montrent toute la profondeur : le froid sursaut républicain dans les urnes, la prise de conscience, ne serait-ce que dans le discours, des leaders politiques, et le changement de ton chez de nombreux présentateurs et journalistes.

Tous ces éléments laissent espérer les probables prémices d’une véritable inflexion à l’intérieur du logiciel hexagonal. Qu’on en juge :

Le sursaut républicain

N’est-ce pas magnifique de voir qu’après un premier tour qui se caractérise par un raz-de-marée d’un parti populiste plus ou moins douteux quant à ses racines idéologiques, les Français se sont précipités dans les urnes en plus grand nombre afin de rétablir la primauté des partis dits républicains ? Ce retour en masse s’est d’ailleurs combiné avec des reports de voix qui ont transcendé les courants et les crispations politiques. Ainsi, une majorité de citoyens se sont retrouvés sur l’essentiel : faire barrage à l’extrême droite, au-delà de leurs habitudes électorales.

Ce mouvement citoyen est d’ailleurs assez magnifique dans le sens où il a été spontané et général : la plupart des leaders politiques ont, à l’image du Premier ministre, donné des consignes de désistement, tandis que des milliers d’électeurs supplémentaires se sont déplacés. Ainsi le taux d’abstention s’est réduit de près de 8 points par rapport au premier tour, ce qui n’est pas rien !

Tout cela est d’autant plus encourageant qu’il faut souligner quelque chose de fondamental : à l’inverse des événements post attentats, ce ne sont pas les affects qui se sont manifestés ce dimanche 13 décembre. Aucun soulèvement émotionnel ne peut justifier pareille prise de conscience. Le phénomène mérite donc d’être interprété à sa juste valeur.

La prise de conscience des leaders politiques

Le vent du boulet, le signal d’alerte, le voyant rouge… Toutes ces expressions traduisent bien ce qui s’est produit lors de ces deux tours des régionales, avec un premier tour en signe d’avertissement historique de grande ampleur : un FN aux portes du pouvoir, porté par une exaspération illimitée d’une bonne partie des électeurs, et l’inconséquence d’une classe politique depuis des décennies, inconséquence au sommet de laquelle se trouve un gouvernement socialiste qui cumule tous les échecs possibles et inimaginables depuis 2012.

Cette exaspération, cet avertissement douloureux et plein de menace du premier tour, le fait que les candidats en lice se soient bien gardés de faire appel aux leaders nationaux pour conserver leurs chances, tout cela a été perçu par nos hommes politiques. Dimanche soir, lors du dépouillement des résultats, leurs visages défaits trahissaient l’ampleur de leur malaise. Certes, grâce à la mobilisation de tous, le pire a été évité et les dernières estimations ont du profondément les soulager : aucune région n’a basculé vers l’extrême droite, le Parti Républicain progresse, le Parti Socialiste conserve plusieurs régions et un nombre important de sièges. Mais les leaders se souviendront longtemps du désastre qui aurait pu se produire. Surtout, ils savent que ce même désastre les attend lors des prochaines élections et qu’il n’y aura plus forcément de repêchage au second tour…

Bien sûr, on peut toujours craindre que notre classe politique soit totalement autiste et n’ait toujours pas compris l’état de déréliction de notre pays. Toutefois, dimanche soir, les discours avaient changé, et les propos étaient empreints de quelque chose de nouveau et de plus profond que d’habitude… Ceci aussi est encourageant…

Le changement de ton journalistique

Est-ce une illusion, une tocade passagère ou le début d’un aggiornamento ? En tout cas, dimanche soir, sur les plateaux télévisés des principales chaînes d’information, le comportement des présentateurs donnait l’impression d’avoir changé. L’heure n’était plus aux déclarations victorieuses de chacun des partis en lice, ou aux engagements « promis-juré-on-va-s’atteler-aux-problèmes ». Il y avait comme un langage de vérité, comme une modestie imposée, y compris dans les rédactions des chaînes publiques réputées pour leur complaisance vis-à-vis du pouvoir.

Est-ce une catharsis qui commence à se manifester ? Un ras-le-bol des émissions empesées pendant lesquelles chaque camp distille ses mensonges et ses éléments de langage sous l’œil approbateur des journalistes ? Toujours est-il que les leaders politiques semblaient un peu plus challengés qu’à l’accoutumée. La signification de l’incroyable avertissement du premier tour, et le rétablissement miraculeux du second étaient sur toutes les lèvres. Là encore, il s’agit d’un motif de satisfaction…

Et maintenant ?

Il n’en faudrait pas beaucoup plus pour que le miracle se poursuive et que le pays se métamorphose définitivement. Que manquerait-il pour parfaire ce tableau plutôt enthousiasmant ? C’est finalement assez simple :

  • Que les leaders politiques les plus usés dans l’esprit des électeurs, ceux qui ont fatigué les citoyens depuis trop d’années d’échecs ou de promesses, que ces leaders se retirent et laissent la place à un renouvellement générationnel.
  • Que les journalistes continuent sur cet élan de transparence et d’abstinence idéologique, qu’ils ravalent leur engagement politique et qu’ils se focalisent exclusivement sur le réel.
  • Que la nouvelle garde politique se déclare, abandonne ses tabous, nous parle enfin des problèmes économiques et sécuritaires de notre pays, et ose proposer les seules solutions viables, celles que l’on a différées depuis si longtemps : les réformes libérales.


Sur le web.

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  • Nous sommes à Noël et l’auteur ne semble pas encore sorti de l’enfance et semble croire à ce qui serait un véritable cadeau : la prise en compte de la réalité crue.

    Dans un premier temps je n’ai pas d’éléments qui me permettent de dire que la Marseillaise soit nettoyée de ses connotations populistes, si tant est qu’elle en ait eues. Faudrait m’expliquer…

    Par ailleurs, les 1ers exemples qui démontrent que l’auteur est optimiste :

    * Cumul des mandats: juré, craché chez les socialos : c’est fini. M’expliquer pourquoi LE DRIAN continue de cumuler
    * Alsace : des élus socialistes qui se sont maintenus au second tour malgré l’appel au retrait et qui aujourd’hui vont siéger : la gamelle es bonne.

    Attendons quelques jours pour avoir d’autres exemples…qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil socialo-communiste.

  • « Ce qu’il faudrait est finalement assez simple … »
    Oui, bien d’accord, mais soyons réaliste c’est juste impossible
    Les vieux politicards ne lâcherons pas l’affaire
    Les journalistes ne peuvent s’empêcher de nous saouler avec leurs idées politiques personnelles (souvent à gauche d’ailleurs)
    …. les réformes libérales de par exemple l’Enseignement, la SNCF … etc eh bien même si c’est souhaitable, ce n’est pas pour demain, chacun étant attaché à ses privilèges.

  • Le sursaut de participation a aussi bénéficié au FN…

  • Il existe donc des gens qui ne cesseront de rêver, éveillés !

  • … faisait de l’ironie.

    Mais après relecture, il espère tout simplement ces cadeaux sous le sapin de la Médiocratie!

    Comme écrivait Winston CHURCHILL…
    Le Socialisme est comme un rêve. Tôt ou tard vous vous réveillez dans la réalité.

    Et pour le paraphraser…
    L’angélisme est comme un rêve. Tôt ou tard vous vous réveillez dans la réalité.

    Bon réveil Claude Robert… mais n’est-il pas à craindre que vous ne vous réveilliez avec la gueule de bois?

  • erratum:

    J’ai cru tout d’abord que l’Auteur… faisait de l’ironie!

  • 1- » renouvellement générationnel. »
    Faut pas rêver, les anciens s’accrochent avec raison(trop d’avantages).

    2-« Que les journalistes continuent sur cet élan de transparence et d’abstinence idéologique, »
    tout dépend du coté ou l’on se place: pas certain que marine trouve les journalistes « abstinent »

    3-« Que la nouvelle garde politique se déclare »
    ils le font mais sont tributaires du point 1 et 2.

    A cet égard l’ostracisme dont a été victime les libéraux est scandaleux:
    http://www.partiliberaldemocrate.fr/article/monsieur-le-president-du-csa-faites-respecter-lequite-par-les-medias

  • L’auteur de l’article vit dans une grotte, comment peut-il écrire de telle sornette. Pourquoi le FN ne serait-il pas un parti républicain ? est-il moins républicain que le parti de Melenchon ? Quant à son appréciation des journalistes et chroniqueurs, laissez moi rire, des propagandistes pro Hollande mais surtout objectifs et de parti pris anti-FN avant tout. La France pays démocratique ????? Etat d’urgence, privation des droits les plus élémentaires sous prétexte d’attentats, appel à la dénonciation etc….. demain n’importe qui pourra dénoncer son voisin et la police cagoulée pourra faire irruption, saisir ordinateurs etc…

  • les partis sont tous populistes : il y a juste ceux qui ont accès à la soupe et qui ne veulent pas que les autres y goûtent !!!

    sursaut ? il n’y qu’à voir la réaction de Bartolone : « pas touche à mon fromage » !

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