La priorité, ça devrait être le chômage !

François Hollande-Parti Socialiste-Mathieu Delmestre(CC BY-NC-ND 2.0)

Pourquoi 42.000 chômeurs de plus en octobre ? Pourquoi ne pas utiliser les moyens élémentaires pour créer des emplois ?

Par Jacques Garello.

François Hollande-Parti Socialiste-Mathieu Delmestre(CC BY-NC-ND 2.0)
François Hollande-Parti Socialiste-Mathieu Delmestre(CC BY-NC-ND 2.0)

 

C’est une promesse, c’est un devoir. François Hollande s’est fixé cet objectif. Évidemment il peut s’en dégager maintenant au prétexte d’état d’urgence. Comme le pacte de stabilité, le pacte de l’emploi passerait à la trappe.

Mais réduire le chômage est un devoir : d’abord vis-à-vis des chômeurs, jeunes et séniors, ensuite vis-à-vis de la nation française, traumatisée par cette plaie sociale, qui représente un énorme gâchis, moral et financier, de capital humain. Alors, pourquoi 42.000 chômeurs de plus en octobre ? Pourquoi ne pas utiliser les moyens élémentaires qui permettent de créer des emplois et de n’en point détruire ?

Un accident conjoncturel ?

S’il s’agissait d’un accident, il serait grave. En effet, ce chiffre est le plus lourd depuis janvier 2013. Il porte le nombre total de chômeurs métropolitains de catégorie A à 3.600.000. Si on y ajoute les chômeurs d’outre-mer et de catégorie B et C, c’est 5.700.000 Français qui ne bénéficient pas d’un travail suffisant pour les considérer comme employés. Cela représente maintenant plus de 20 % de la population active française. Le mois dernier l’INSEE osait parler d’une stabilisation du chômage, et nous avons ici même dénoncé les manipulations qui permettaient de faire croire à une reprise de l’emploi, et même à une reprise de la croissance.

Mais il ne s’agit pas d’un accident. Le chômage est inscrit dans le paysage économique français depuis des années. Sous le septennat Sarkozy, le nombre de chômeurs a augmenté de 750.000, Hollande a déjà fait mieux puisqu’en trois ans et demi il a déjà totalisé 700.000.

Il ne s’agit pas non plus d’une conjoncture mondiale dramatique, comme elle a pu l’être après la crise de 2008. Certes, l’Europe n’est pas en plein boom, mais le taux de chômage est de 3,3 % en Suisse, 4,5 % en Allemagne, et inférieur à 6% en Grande Bretagne, Autriche, Luxembourg, Malte, République Tchèque. Donc ni le contexte économique mondial, ni même la faible croissance française ne peuvent expliquer un si haut niveau de chômage.

Le chômage, un scandale public

La situation française n’est pas nouvelle, François Mitterrand se proposait de ne plus jamais atteindre les deux millions de chômeurs. En 1996, l’ALEPS tenait à Paris un colloque international : « le chômage, un scandale public ». L’analyse faite à l’époque reste entièrement valide aujourd’hui.

Le chômage est un scandale public pour deux raisons. La première, scientifique, est que l’on connaît parfaitement l’origine du chômage et la méthode pour l’éliminer. Si l’on a du chômage, c’est parce que, pour des raisons diverses, la classe politique ne veut pas appliquer la méthode. On peut faire un parallèle avec l’inflation. Du jour où on a voulu en finir avec l’inflation, elle a disparu en quelques mois. En 1974, première crise pétrolière provoquée par l’OPEP pour détruire les économies occidentales, l’inflation a disparu en quelques mois, grâce aux politiques préconisées par les monétaristes (Friedman) et les autrichiens (Hayek). Il est donc scandaleux de ne pas éliminer le chômage quand on sait comment y parvenir.

Le scandale est public pour une deuxième raison : les pouvoirs publics sont responsables des millions de chômeurs, parce qu’ils manipulent la monnaie et le crédit, parce qu’ils réglementent et ce faisant dérèglent le marché du travail, parce qu’ils bloquent la croissance avec leurs prélèvements et leurs interventions.

La politique du plein emploi

Keynes a proposé la mauvaise politique : fabriquer de la fausse monnaie pour stimuler les dépenses des consommateurs et des investisseurs, et si nécessaire pour financer des dépenses publiques. Partout et toujours cette politique a échoué. La bonne politique est très simple :

  1. Stimuler l’activité économique et la croissance en diminuant les charges publiques (impôts et cotisations) et surtout en supprimant la progressivité des prélèvements qui pénalise ceux qui veulent davantage travailler, épargner, entreprendre. Les cotisations sociales (retraites et santé) atteignent un taux dramatiquement haut avec les systèmes de répartition.
  2. Libérer le marché du travail en réhabilitant le contrat individuel, au lieu d’imposer salaires et conditions de travail fixés par des négociations collectives ou des réglementations publiques. Le SMIC doit disparaître, comme la durée légale du travail, comme la durée du contrat.
  3. Prévoir un filet social pour aider les chômeurs en leur garantissant un revenu minimum familial, limiter dans le temps cette indemnisation, améliorer la formation.
  4. Réduire les interventions économiques et sociales de l’État, qui créent des revenus immérités au travers de privilèges et statuts, et redistribuent arbitrairement les revenus tirés de l’activité productive, profits, salaires et intérêts.

Ces mesures doivent être à l’abri de toute manipulation, et garantir la stabilité institutionnelle et législative qui permet des anticipations fiables.

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