Gastronomie : unité nationale autour de la volaille

Le coq est le symbole de la France ? Alors, honorons-le. Une fête de la volaille, avec ses colverts et ses faisans, ses poulardes braisées et ses pigeons rôtis.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
poulet roti aux épices credits B Carson CC BY 2.0)

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Gastronomie : unité nationale autour de la volaille

Publié le 24 novembre 2015
- A +

Par Jean-Baptiste Noé.

poulet roti aux épices credits B Carson CC BY 2.0)
poulet roti aux épices credits B Carson CC BY 2.0)

Les Français sont debout quand ils sont à table. En attaquant les cafés et les bars, les terroristes ont attaqué l’âme de la France. En Irlande, il y a les pubs, en Espagne, les tapas, en Allemagne les bars à bières et nous, nous avons les cafés, où l’on peut boire des bières, du vin, du thé, et manger des plats de bistrot. Le café, c’est le parlement du peuple, et ce n’est pas la mort de quelques députés qui va empêcher la démocratie bistronomique de perdurer.

Une France debout, malgré le plus grave et le plus sanglant attentat qu’elle ait connu. Une France qui continue à marcher, à sortir, à célébrer la vie, comme ce coq dont le pays est l’emblème depuis Jules César, et dont on dit que la France l’a choisi parce que c’est le seul animal à chanter les pieds dans le fumier. On dit les terroristes lâches et veules, je les trouve au contraire courageux et malins. Il faut, malgré tout, un certain courage pour se nouer une ceinture d’explosif autour des reins et se faire sauter, il faut un certain courage pour partir en Syrie mener le djihad, et pour revenir en France tirer sur la foule et abattre des passants. Nous avons tort de sous-estimer l’adversaire. De même les cibles ont-elles été très bien choisies ; une soirée parisienne typique en somme : un match de foot ici, un concert là, des terrasses de café là-bas. Preuve que les djihadistes nous connaissent bien.

Normal, nous les avons enfantés et nourris. C’est peut-être ce qu’il y a de plus inquiétant. Tant que la France continue à manger et à boire, à se retrouver dans les bistrots et les restaurants, à se disputer autour des recettes culinaires, c’est que le pays est en sécurité intellectuelle. Le Président appelle à l’unité nationale. Seule la table peut offrir cette unité : gauche, droite, FN, tendances politiques et religieuses, tendances musicales et artistiques, tout le monde se retrouve autour d’un verre de vin ou d’une poule au pot. La voilà la véritable unité nationale, dans la volaille et dans le bistrot. Plutôt que de changer la constitution pour restreindre les libertés et pour faire revenir la République à ses origines dictatoriales, le Président devrait abroger la loi Evin, assouplir les contrôles routiers sur l’alcoolémie, décorer les vignerons de la Légion d’honneur, et placarder les rues parisiennes d’affiches pour le Beaujolais nouveau. Et si le Beaujolais nouveau est infect, transformons-le en fête du vin et de la gastronomie, donc en vraie fête nationale, ce qui est préférable à la fête des têtes coupées et des terroristes sans-culotte que nous commémorons tous les 14 juillet. Le coq est le symbole de la France ? Alors, honorons-le. Une fête de la volaille, avec ses colverts et ses faisans, ses poulardes braisées et ses pigeons rôtis. Apprenons aux écoliers à distinguer une poule de Houdan d’un poulet de Bresse, ce sera moins stupide que d’obliger des Africains à ânonner « Nos ancêtres les Gaulois ». En matière d’intégration, nous avons essayé tout ce qui a raté, reste donc à tenter ce qui peut unir réellement des populations différentes. La volaille est un bel argument de conciliation : un pâté en croûte au foie-gras, une salade de gésiers, des œufs au plat et des œufs mimosa, des œufs, des truffes, du thym et du pain grillé. La paix se fait et nous avons tari les sources de Daesh.

Une belle volaille rôtie, élevée dans les champs, tuée par le fermier et dénichée sur un marché. Une volaille à la peau croustillante et dorée, à la chair brune et dense, avec beaucoup de mâche et de douceur, une volaille dont on déguste les abats : crête, cou, tête, croupion… Faisons le test pour attribuer la nationalité française : peut-on être Français si on dédaigne la saveur d’une volaille ? Rôtie, braisée, bouillie, au vin et à la crème, la poule et le coq s’offrent de mille manières. À chacun de choisir celle qu’il préfère et celle qui lui inspire le plus de rêves et de saveurs.

Sur le web

Lire sur Contrepoints notre dossier art de la table

Voir les commentaires (3)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (3)
  • Bien que cet article soit affublé dans son entête d’un marqueur « Humour », j’ai bien peur qu’il ne fasse rire que les détracteurs de ce site lorsqu’ils découvriront que dorénavant ils pourront argumenter qu’ici il peut vraiment s’écrire n’importe quoi.

  • la fête du cochon est pas mal non plus, peut être encore plus franchouillard:
    la volaille c’est pour les nobles( les oiseaux sont plus proches des dieux)

  • Bonjour

    Le top du top, du gibier, des faisans, des perdrix, des bécasses…

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Outre la santé, l’immigration est sans doute le sujet politique le plus polémique aux États-Unis. Les deux principaux partis se renvoient constamment la balle sans apporter de solution constructive à ce problème criant.

Car n’en déplaise à la vice-présidente, à qui incombe le problème, la frontière est très poreuse. Selon les dernières estimations, deux millions de personnes pourraient avoir traversé la frontière d’ici la fin septembre. On vient même de nuit pour tenter sa chance, et depuis le Pakistan parfois.

Et ce ne sont pas... Poursuivre la lecture

Par David L. Veksler.

Désirez-vous vivre comme un millionnaire ? À moins d'être très chanceux, la constitution d'un patrimoine peut prendre de nombreuses années. Mais vous n'avez pas besoin d'une valeur nette élevée pour commencer à vivre comme un millionnaire.

Voici dix habitudes de vie et avantages des riches qui ne nécessitent que peu ou pas d'argent pour commencer.

 

1 Être en forme

Il existe une forte corrélation négative entre la richesse et l'obésité dans les pays riches. Pourquoi ?

Contrairement... Poursuivre la lecture

Par Olivier Maurice.

Elles ne sont plus très nombreuses, les personnes qui ont connu la guerre. La guerre, la vraie, celle de 1914-1918, celle de 1939-1945, celle de Corée, d’Indochine, du Vietnam, d’Algérie ou d’ailleurs. Celle qui dévore, brûle, détruit, ravage. Celle où des gens tuent des gens parce qu’ils en ont à la fois le droit et le devoir. Celle où la mort est partout.

Cette guerre, nous ne la voyons plus que dans les jeux-vidéo, les images d’archive et des fictions cinématographiques. Parfois aussi dans quelques images... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles