Et si on empêchait les terroristes de gagner leur combat ?

JE PROTEGERAI LES POPULATIONS code du soldat credits Serge Klk (CC BY-NC-ND 2.0)

Que veulent les terroristes de Daesh, l’État Islamique en Irak et au Levant ?

Par le Parisien libéral.

JE PROTEGERAI LES POPULATIONS code du soldat credits Serge Klk (CC BY-NC-ND 2.0)
JE PROTEGERAI LES POPULATIONS code du soldat credits Serge Klk (CC BY-NC-ND 2.0)

Le cauchemar qui a frappé les Xeme et XIeme arrondissements de Paris, ainsi que le stade de France, vendredi soir, aura déclenché des réactions variées.

Mais, pour la plupart, elles sont inquiétantes, et elles ne vont même pas dans le sens d’une réaction appropriée face au terrorisme. Pire, dans certains cas, elles aboutissent à valider le combat que mènent les terroristes.

Que veulent les terroristes de Daesh, l’État Islamique en Irak et au Levant ?

Est-ce que, comme Claude Robert, on peut penser que « peut-être payons-nous également le côté « va-t-en guerre  »  de notre Président, qui, bien que totalement tétanisé à l’idée d’engager la moindre réforme désagréable sur le plan économique, n’a pas hésité une seconde à se lancer dans des aventures militaires au Mali et en Syrie… des aventures d’autant plus dangereuses que la France s’y trouve plus ou moins seule… »

Ou bien au contraire, faut-il se dire, comme Nathalie MP, que « ni Hollande, ni Obama, ni Merkel ne sont coupables d’avoir, par leurs politiques maladroites au Moyen-Orient ou en Afrique, déclenché la réaction en chaîne du terrorisme islamiste qui nous frappe » ?

La réponse importe, car, dans un cas, nous sommes dans le cadre d’une réponse à une attaque alors que dans l’autre, on a affaire à des individus non rationnels. Mais dans les deux cas, il y a une chose que l’on sait : le mode de vie des civils occidentaux attise leur haine. Quand des imams, ici en France, disent, par exemple, que la musique est la créature du diable, ou quand l’objectif affiché de Abou Bakr al-Baghdadi est d’établir un califat entre l’Irak et la Syrie, on se dit que, clairement, leur vision du monde, et la nôtre, sont clairement incompatibles.

Du coup, puisque malgré le fait que nous vivons, comme le rappelle Nathalie MP, dans une société ouverte, imparfaite (lois mémorielles, loi Renseignement, magouilles politiciennes) mais ouverte, faut-il que nous acceptions que la France glisse doucement mais sûrement vers le type de société dont rêvent les leaders de Daesh ?

Faut-il rappeler à certains politiciens français, de droite comme de gauche, qui saluent l’état d’urgence ou rêvent d’emprisonnement préventif, qu’en France, on ne met pas les gens en prison de manière préventive, car notre pays n’est pas la Corée du Nord ou Cuba. Étant donné que nous sommes, malgré tout, attachés à divers degrés, à la démocratie, on doit admettre que notre liberté a un prix, c’est celui du risque. Il n’y a que dans les États policiers que la sécurité est totale.

À chaque fois que nous votons des Loi Renseignement, à chaque fois que nous envoyons notre armée bombarder des pays étrangers sans même avoir demandé l’avis du parlement, n’abandonnons pas nos valeurs ?

Un autre point : le mythe de l’unité nationale. Il paraît qu’au nom de celle-ci, nous sommes censés abandonner tout esprit critique et approuver sans réserves les décisions de Hollande et Valls.

Pourtant, vendredi, et bien que nul ne puisse dire si quelque chose aurait pu empêcher les attentats de survenir, étant donné la détermination des terroristes prêts à mourir, souvenons-nous quand même du fait que non seulement Valls disait, il y a peu : « La France a désormais un cadre sécurisé contre le terrorisme » et que tout récemment, Hollande voulait renforcer les contrôles aux frontières. Le fait est que, manifestement, les autorités se sont lourdement trompées d’outils de lutte contre le terrorisme en assignant à l’armée des tâches de vigile, en mettant les citoyens sous surveillance généralisée ou en refusant le débat sur la liberté du port d’armes.

Les faits sont là. La France a été attaquée. Mais il est temps de passer de l’émotion à la réflexion. Et avant cela, associons nos prières en direction des familles et amis des victimes.

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