Le préfet contre les libertés locales

Vétheuil by Claude Monet credits Mark6mauno (CC BY-NC 2.0)

Une vague de jacobinisme s’abat sur le pays.

Par Jacques Garello.

Vétheuil by Claude Monet credits Mark6mauno (CC BY-NC 2.0)
Vétheuil by Claude Monet credits Mark6mauno (CC BY-NC 2.0)

 

Qui va nous faire croire que la réorganisation de l’espace politique et administratif du pays se fait par la voie démocratique et en recherche d’une plus grande autonomie locale ?

La façon dont les régions ont été redécoupées est déjà révélatrice. C’est la sentence arbitraire du pouvoir socialiste qui l’a emporté sur toute considération historique, économique, culturelle. Le choix des frontières et des capitales a été aberrant et mécontente tous les Français qui n’ont pas été consultés sur ce point. En 1969 de Gaulle avait eu l’honnêteté de consulter les Français par référendum sur la réforme des régions préparée par Jean-Marcel Jeanneney. Le rejet du projet avait amené le Président à se retirer, pour laisser l’Élysée à Georges Pompidou.

Mais, sentant sa fin proche, le pouvoir socialiste presse le pas et recourt à une procédure qui rappelle la dictature de la Révolution en 1792. Finie la « Fête de la Fédération » du 14 juillet 1790 et l’inspiration libérale et décentralisée des Girondins : les Jacobins mettent en place le pouvoir sans partage installé à Paris. Les préfets, instruments de la centralisation, serviteurs impitoyables du gouvernement, vont parachever l’œuvre jacobine.

Nous voici revenus à cette belle période. En quelques semaines, partout en France les préfets reprennent un pouvoir et des initiatives que l’on croyait révolus. Ils imposent des regroupements de communes, des communautés d’agglomération et, couronnant le tout, des métropoles. L’exemple le plus spectaculaire est celui de la grande métropole bâtie autour de Marseille, la capitale phocéenne absorbant sa voisine Aix, capitale de la Provence. Les Aixois n’en veulent pas, ni la quasi-totalité des communes du pays d’Aix, voire même de la grande ceinture marseillaise : peu désireuses de payer les dettes de la mairie de Marseille. Réplique de Maryse Joissains, maire d’Aix : nous créerons notre propre métropole. Réponse cinglante, voire discourtoise, du Préfet qui n’a cure d’un élu local : vous n’en avez pas le droit. Le Préfet ignore sans doute que la constitution d’une métropole dépend de l’accord de communes dont la population totale est supérieure à 400.000 habitants – ce qui est le cas. L’affaire est devant le Conseil d’État. Vivent les libertés locales en France !


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