France : fliquer oui, protéger non !

L’État entreprend de surveiller tous les citoyens mais est incapable de gérer convenablement les informations dont il dispose. La France est une prison, ses prisons sont des cloaques, et ses dirigeants sont des boulets.

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France : fliquer oui, protéger non !

Publié le 10 octobre 2015
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Les prisons françaises, surpeuplées et insalubres, sont une honte, et on ne souhaite à personne d’y séjourner. C’est sans doute ce qui explique que les hommes politiques jugés coupables de faits graves ne soient condamnés qu’à de la prison avec sursis, quand ils ne sont pas tout bonnement dispensés de peine.

prison credits Aapo Haapanen (licence creative commons)
prison credits Aapo Haapanen (licence creative commons)

Les lois n’y sont pas respectées. Alors que l’État a interdit le tabac dans les lieux publics pour lutter contre le tabagisme passif, il est condamné pour avoir placé un détenu non fumeur au milieu de 5 accros à la nicotine. Pire, les détenus ne sont même pas en sécurité en prison : outre des conditions d’hygiène indécentes, les prisons françaises sont aussi de véritables passoires. Certains parviennent à s’y faire livrer des armes, de la drogue et des téléphones portables. L’État se montre tout aussi incapable d’assurer la sûreté des détenus que celle des citoyens.

On peut comprendre que l’État ait honte de ses prisons, et se montre conciliant avec certains détenus sollicitant une permission. Par exemple, avec les multirécidivistes, condamnés une trentaine de fois pour violence et vols à main armée, condamnés à 7 ans de prison ferme et signalés pour radicalisation lors de leur séjour en prison. Après tout, qu’est-ce qu’on risque ? Un attentat ?

Rassurez-vous, ce n’est pas ce qu’il s’est produit. Le multirécidiviste radicalisé a bel et bien été laissé en permission, sans surveillance, sans même un bête bracelet géolocalisé. Mais il n’a pas commis d’attentat : il s’est contenté d’un braquage à main armée, qui a malheureusement mal tourné et fait deux victimes : lui-même, et l’un des policiers lancés à sa poursuite.

Une belle réussite, qui rappelle à tous les citoyens un peu trop confiants dans l’institution détentrice du monopole de la violence légitime1 que non seulement, l’État commet des gaffes monumentales en relâchant sans surveillance des multirécidivistes dangereux, mais aussi qu’entre mai et octobre, les fins limiers du renseignement et des forces de l’ordre ont été incapables de mettre la main sur un individu fiché « Sûreté de l’État ». C’est toujours rassurant.

Tout comme il est rassurant qu’un autre individu, lui aussi fiché au renseignement, ait pu se retrouver armé d’une kalachnikov dans un Thalys, avant d’être maîtrisé, par chance, par trois Américains en vadrouille qui, par chance, ont changé de rame pour mieux capter le Wifi qui, par chance, ne fonctionnait pas dans la leur2.

Ce qui pose, finalement, de nombreuses questions.

En premier lieu, celle de la collecte des renseignements. Si on est incapable de mettre la main sur les terroristes en puissance identifiés et signalés, à quoi bon s’évertuer à surveiller l’ensemble des télécommunications des citoyens ? À quoi bon s’asseoir sur nos consciences en collaborant avec des pays ayant une attitude « controversée » vis-à-vis des Droits de l’Homme3 en l’échange de renseignements ?

Celle des priorités, ensuite. L’État peut-il prétendre remplir des missions aussi nombreuses et diverses s’il se montre incapable d’assurer la sûreté des citoyens ? Pour rappel, c’est en théorie sa mission première, avec… la propriété privée.

Ensuite, celle de la responsabilité. Si un détenu de cette trempe peut obtenir une permission, puis en profiter pour s’évader, puis ne pas être inquiété avant d’ouvrir le feu en pleine rue, n’y aurait-il pas, peut-être, quelque part, une toute petite défaillance ? Pardon, je reformule : quelqu’un l’a laissé sortir, quelqu’un n’a pas pensé à le surveiller, quelqu’un n’a pas réussi à l’attraper. En conséquence de quoi, quelqu’un d’autre est mort. Les citoyens, qui ont été pendant des mois exposés à la dangerosité du personnage, sont en droit d’attendre des explications. Et d’exiger que les choses changent.

Rappelons que les défaillances du même acabit sont nombreuses : plus tôt cette année, on « découvrait » un directeur d’école pédophile – identifié et signalé de longue date, et dont les proches avaient fait part de leurs inquiétudes. Une fois de plus, l’État, qui surveille les télécommunications pour lutter contre la pédopornographie, s’était montré incapable de suivre un éléphant rose fluo au milieu d’un couloir étroit et bien éclairé.

Tenez-vous le donc pour dit : l’État confisque votre liberté en vous promettant un peu plus de sécurité, mais en définitive, vous n’avez ni l’une ni l’autre.

« Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l’une ni l’autre, et finit par perdre les deux. » – Benjamin Franklin

  1. Ou du moins, se comportant comme telle.
  2. Étant donné la gravité des faits, on ne peut que saluer la mauvaise qualité de service de l’entreprise ferroviaire impliquée.
  3. Ce qui n’empêche apparemment pas de présider un groupe d’experts de l’ONU sur les Droits de l’Homme.
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  • bah , un détenu est un être humain et on préfère oublier ce qu’il est vraiment lorsque l’on baigne dans ce milieu . on fait copain copain , ça facilite la vie surtout que l’on sait qu’en France tout n’est que pourriture cachée sous un tapis made in république.

  • « Le rôle du gouvernement est-il vraiment d’interdire UberPop et de taxer AirBnB, alors qu’il est incapable d’assurer la sûreté des citoyens ? Pour rappel, c’est en théorie sa mission première »

    là est le problème de l’argumentaire : pour les socialistes, la sureté des citoyens est loin d’être la mission première . L’auteur de l’article risque de se faire traiter de réac ou de néocon par les biens pensants de NOTAELLM (nouvel obs, telerama, alt.éco., libé, le monde)

  • les prisons françaises ne valent pas mieux que les prisons de certains pays comme le méxique , ou les détenus ont des armes , de la drogue , des gangs , des clans qui font leur loies ; les viols et tabassage y sont courants ; idem en france ou on enferme des individus qui devraient être à l’asile ; quand à la surveillance des citoyens qui ne sont pas coffrés , ce n’est ni plus ni moins qu’un moyen pour l’état , ce gros caca fétide , de se protéger contre une éventuelle révolte justifiée d’ailleurs ; on pourrait croire que ce gouvernement ne cherche qu’à instaurer l’insécurité pour mieux nous enférer dans une soi disant protection qu’ils sont incapables de mettre en place ; on en a eu des glands à la tête de ce pays , mais ceux qui tiennent le pouvoir aujourd’hui sont vraiment des nullités à tout les points de vue ;

  • La législation et la réglementation de « flicage » des Français qui ont été mises en place, ne l’ont pas été pour protéger les Français, mais pour, d’abord, espionner en toute quiétude les leaders, hommes et femmes, politiques pour bien les « avoir en main » à l’occasion. Voilà pourquoi ces textes sont « inefficaces » en matière de lutte contre la vraie délinquance « endogène » et « exogène ».

    • La principale délinquance visée, est sans doute fiscale en plus de la surveillance politique.
      Sur ce dernier point, on a beaucoup parlé de l’intervention de marine lepen, mais fort peu de la réponse de fh, alors qu’elle était bien plus interressante et révélatrice de cette volonté d’imposer indéfectiblement une vision unique de l’Europe

  • Le grand problème, c’est que tout ce qui depend de l’état et géré sur le modèle CGT / FO …

    D’abord moi, fonctionnaire a vie, mes avantages acquits et privileges, puis en foutre le moins possible et, pour couronner le tout irresponsabilité généralisée…

    (Modèle qui a tant réussi à l’ex URSS)

  • Un des héros du thalys s’est pris un coup de couteau dans une bagarre de rue aux states…. bon c’est du fait divers histoire de dire un truc 🙂

    • L’individu du Thalys était un peu nerveux et avait mal engagé le chargeur de son arme. Le temps de réajuster a peis à certains passagers de réagir.
      Donc dans ce cas, comme en janvier, du travail d’amateur. Espérons ne jamais voir , et encore moins vivre, du travil de pro.

  • Bof , je vais être honnête , j’ai un peu de mal à me lamenter sur de prétendues conditions d’insalubrité … la France est déjà laxiste au niveau de sa justice manquerait plus que les prisons soient des ibis avec cellule individuelle , vélo elliptique dernier cri et piscine chauffée .
    Ma solution serait de leur filer les outils et de leur faire retaper la prison , désolé mais ces gens là sont un coût énorme pour la société , pardon le contribuable ..

  • Normal que les détenus soient traités comme de merde: ils ne votent pas.

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