Le libéralisme est à gauche et le socialisme est réactionnaire

Le libéralisme est de gauche quand la gauche est à gauche, c’est-à-dire progressiste mais non doctrinaire.

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Emmanuel Macron - Crédit Photo : OECD Development Center via Flickr (CC BY-NC-ND 2.0

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Le libéralisme est à gauche et le socialisme est réactionnaire

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 3 octobre 2015
- A +

Par Guy Sorman.

Emmanuel Macron - Crédit Photo : OECD Development Center via Flickr (CC BY-NC-ND 2.0
Emmanuel Macron – Crédit Photo : OECD Development Center via Flickr (CC BY-NC-ND 2.0

 

Le lecteur me pardonnera, je l’espère, de commencer cette chronique à la première personne plutôt que par un « on » majestueux et abstrait. En vérité, derrière le « on » ou le « nous », c’est toujours le « je » qui se cache : « je », malgré les apparences, est plus modeste que « on » ou « nous ». Il se trouve donc que j’ai été récemment interpellé par des lecteurs pour avoir pris des positions qui ne sont pas traditionnellement de droite, par exemple pour avoir houspillé le Pape, ou pour m’être prononcé en faveur de l’accueil sans réserve des immigrants du Proche-Orient, musulmans pour la plupart, ou pour ne pas m’être dressé contre le mariage homosexuel.

Eh bien, il me paraît que ces prises de position toutes personnelles sont cohérentes avec ce que l’on nomme d’ordinaire le libéralisme, une philosophie plus qu’une doctrine partisane et dont le nom apparut pour la première fois à la fin du dix-neuvième siècle, en Espagne : libéralisme, on le sait peu, est un vocable d’origine espagnole, avant de passer dans les langues française et anglaise. Cette philosophie libérale, à laquelle je me suis toujours identifié, est difficile à classer sur l’éventail partisan ordinaire qui va de droite à gauche. Au risque de surprendre, je classerai tout de même le libéralisme à gauche, là où il naquit originellement, parce qu’en opposition aux monarchies absolues, aux despotismes éclairés ou pas, et aux alliances malsaines entre l’État et l’Église. Le libéralisme, on va tenter de le justifier, est de gauche, parce que la gauche, depuis bien longtemps, n’est plus à gauche mais qu’elle est devenue un conservatisme ossifié.

Le libéralisme est évidemment de gauche et l’a toujours été, à condition que l’on s’entende sur le sens des mots plutôt que de se balancer des slogans à la figure. Le libéralisme tout d’abord : ce n’est pas une idéologie, ni un modèle déposé, ni une utopie née de l’imaginaire intellectuel mais une méthode expérimentale fondée sur l’observation du réel, au service d’une ambition. Cette ambition (et conviction) est qu’il est possible de vivre civilement en société, bien que nous soyons tous différents et que, dans cette société perfectible, chacun devrait pouvoir s’épanouir au mieux de ses capacités et de ses goûts en disposant du plus vaste choix possible, qu’il s’agisse de sa vie publique ou privée. Parvenir à cette liberté de choix exige une réflexion sur les institutions. Être libéral n’exige pas du tout de se dresser contre l’État mais de se montrer exigeant contre ses dérives bureaucratiques, voire totalitaires. Ceci explique que, de tradition, les libéraux sont favorables à la démocratie locale, parce qu’elle s’exerce sous le contrôle rapproché des citoyens ; l’État central inquiète quand il devient opaque, voire menaçant. État nécessaire donc, mais qu’il convient de surveiller pour que chacun prospère. Prospérité privée et publique : les libéraux intransigeants, qui ne sont jamais un parti politique, mais une fédération d’activistes francs-tireurs, sont favorables au libre choix de leur conjoint, homosexuel ou pas (je me demande même pourquoi l’État se mêle du mariage), de leur consommation de substances illicites ou pas, et de migrer quels qu’en soient les motifs. En économie, à quoi ses adversaires tentent de réduire le libéralisme, nous sommes favorables à l’économie de marché quand elle permet aux entrepreneurs d’innover et d’élargir la liberté de choix. Nous sommes contre le capitalisme s’il consacre le règne des monopoles, publics ou privés.

Le libéralisme, ainsi défini, est-il bien de gauche ? Oui, si l’on considère qu’être de gauche est un pari sur la perfectibilité de la société et l’acceptation de sa diversité : les libéraux sont sans conteste des progressistes. Mais quand la gauche devient le placage forcé d’une idée, totalitaire, le marxisme par exemple, sur la société qui n’en veut pas, le libéralisme n’est pas de gauche. Si la gauche est une posture prétentieuse qui rejette comme ennemis de classe tous ceux qui n’adhèrent pas à l’Idée et au pouvoir du moment, le libéralisme n’est pas de gauche.

Quand la gauche n’est plus capable d’autocritique, le libéralisme dont l’autocritique est l’essence, n’est plus de gauche. Le libéralisme est de gauche quand la gauche est à gauche, c’est-à-dire progressiste mais non doctrinaire, et modeste. Le libéralisme est modeste ou il n’est pas. À aucun moment, les libéraux n’envisagent de connaître par avance la solution ultime à tous les défis de la société et du monde : leur démarche reste toujours expérimentale.

Au total, la confusion politique et idéologique qui règne actuellement en Europe et qui favorise la renaissance des utopies les plus archaïques, comme le tribalisme (catalan, écossais, hongrois) et le quasi-fascisme (Front national en France, Ligue du Nord en Italie, Jobbik en Hongrie…), provient en grande partie de la confusion des étiquettes : les électeurs devraient avoir le choix, clair, entre des politiques libérales et progressistes et des politiques conservatrices et bureaucratiques. Mais, horrible malentendu, la gauche socialiste, qui est réactionnaire, passe pour progressiste et parvient à faire passer les libéraux pour des passéistes. On comprend que l’électeur en reste confondu. Peut-être les libéraux sont-ils coupables de ne pas savoir mieux s’expliquer et de laisser la pseudo-gauche s’approprier scandaleusement l’idée même de progrès.


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  • Le libéralisme est définitivement progressiste, mais pour un progrès induit pas pour un progrès conduit.

    Le seul vrai progrès vient de la société, pas des doctrines et encore moins des gouvernements.

    Ce sont les avancées technologiques, scientifiques et le libre choix, la diversité, l’acceptation volontaire, l’appropriation qui constituent le progrès.

    Et en celà le libéralisme n’est absolument pas de gauche, il en est même à l’opposé complet.

    Le libéralisme est à l’opposé de la politique « volontariste » qui prend le pouvoir pour faire les choses.

    Le libéralisme est pour la limitation du souverain : le souverain (quel qu’il soit : roi, président, gouvernement, État) n’a de légitimité que dans ça capacité à trancher en dernier ressort, il n’a aucune légitimité dans l’exercice du pouvoir.

    Ce qui dans le paysage politique correspond à quelques rares organisations de la société : fédéralisme, monarchie constitutionnelle.

    Alors oui le libéralisme est de gauche dans sa dimension de limitation de la souveraineté (opposition) et de droite dans sa dimension de construction de la subsidiarité (action)

    • Je ne connais pas cette droite de construction de la subsidiarité, ni en pratique ni en théorie.
      Dans l’échiquier de la représentation politique actuel la « gauche » propose un capitalisme de copinage piloté par l’état, la « droite » propose un capitalisme de copinage piloté par ses clients. La différence s’avère mineure puisque l’état et ses clients sont tellement liés qu’ils en sont difficiles à distinguer.

      • Peut-être parce que le libéralisme finalement n’est ni de gauche ou de droite mais se place au dessus de la mêlée. On peut d’ailleurs se demander ce que c’est réellement la droite et la gauche, car quand je vois les idées d’extrême droite en terme économique j’aurai plutôt tendance à les voir à l’extrême gauche.

        • Je dirais qu’au départ il s’agirait d’un positionnement sur le dynamisme des organisations hiérarchiques : la droite les considèreraient comme intemporelles, la gauche les considèreraient comme illégitimes (et inversées, la plupart du temps les approches sont simplistes).
          Oui, à mon avis le libéralisme n’a pas forcément de position arrêtée sur la question, disons quand-même qu’il reconnaît un dynamisme qui dépasserait forcément les capacités de contrôle des institutions.

      • @ropib : pour la France actuelle, vous avez entièrement raison : le jacobinisme et la démocratie populaire sont est des doxas que personne n’ose remettre en question.

        Ce procès est à l’origine de la création de la fracture droite gauche : l’argument de Mirabeau contre Robespierre en faveur d’une monarchie parlementaire et du véto du Roi était de « briser toute tentative de législation démocratique », c’est à dire de permettre la subsidiarité.

        Mais depuis la France s’est enfoncée dans la démocratie populaire soviétisante …

        • Je pense que le principe de subsidiarité doit être à nouveau porté, surtout que l’état-nation fonctionne de moins en moins. Les libéraux devraient, selon moi, plus soutenir cette notion-là plutôt que celle de l’état minimal (qui à mon avis débouche quasiment systématiquement sur une dynamique totalitaire).

    • « Le seul vrai progrès vient de la société, pas des doctrines et encore moins des gouvernements. »

      @Stéphane Boulots : Certes, le progrès vient de la société. Cependant les « doctrines » peuvent être produites par la société. Par conséquent, contrairement à ce que vous affirmez : le progrès peut également provenir des « doctrines. » Celles-ci ne sont pas nécessairement imposées par des gouvernements.

      Je pense par exemple aux « think tanks » américains. Ce sont des laboratoires d’idées où les gens élaborent en quelque sorte des « doctrines. » Si ces doctrines sont justes, alors elles contribuent au progrès. Si ces doctrines sont fausses, alors leurs erreurs seront progressivement corrigées, ou alors les think tanks disparaitront.

      Autre exemple : l’université populaire de Michel Onfray, qui est athée et hédoniste. Il aime tenir un discours farouchement antilibéral mais en réalité il est socialiste libertaire, or le libéralisme n’est pas incompatible avec cette forme de socialisme volontaire. Je disais donc: Si l’université populaire de Michel Onfray n’était pas subventionnée par l’Etat, les « doctrines » qu’elle produit engendreraient du progrès ou alors l’université disparaitrait si ces « doctrines » sont fausses.

      Je résume mon propos : Le fait de promouvoir une « doctrine » (l’athéisme, l’hédonisme, le féminisme, etc) est différent du fait d’imposer cette doctrine par des gouvernements constructivistes.

      • Complètement d’accord commando.

        Onfray est un libertarien qui s’ignore et qui comme beaucoup de français prend l’étiquette pour le contenu. Pourtant de la part d’un philosophe… Il est encore dans le reflexes de classe hérité de sa famille.

        Moi j’en suis sortis… Beaucoup de gens dit de gauche sont des libéraux qui s’ignorent… mais bon les socialiste ont voulu récupérer tout cela….
        Connaissant parfaitement la doxa de gauche, il m’est facile de distinguer dans ces groupes les libéraux des facho ( pour faire simple ) ,seule distinction viable et plus pertinente que le gauche/droite.

        • @Romaric et @Commando :

          Oui !

          Tous les gens aimeraient que la société soit différente : ceux de gauche aimeraient une société plus juste, ceux de droite une société plus prospère. Ceux de gauche lui reprochent le carcan moral sur les mœurs, ceux de droite le carcan moral sur l’économie.

          Ce qui les relie en réalité est Marx, qui définit la société comme une unité économique et sociale qui progresserait vers le communisme, vers le paradis des jours heureux.

          Le libéralisme est à l’inverse complet de Marx, il fait confiance à l’être humain pour s’adapter et trouver les solutions qui lui vont le mieux : permettre à chacun de choisir : la société libérale n’est pas déterministe.

          Oui, Commando, ca n’empêche pas de proposer des idées, des solutions, des doctrines, à partir du moment où aucun « Etat », aucun gouvernement, aucun « maitre », ne serait-ce le Peuple ou ses séides (cette damnée démocratie) ne l’impose aux gens.

  • Petit acte de fascisme à la sauce Hollandaise:
    « le ministère de la Santé a décidé de suspendre l’élection du Dr Gérard Maudrux à la présidence de la Caisse autonome de retraite des médecins de France (CARMF) ainsi que de tous les membres du bureau et des commissions. Dans un courrier du 1er octobre, le ministère gèle l’intégralité des décisions prises par le conseil d’administration de la CARMF le 12 septembre dernier. »
    Le Quotidien du Médecin

  • « Le libéralisme est évidemment de gauche et l’a toujours été, à condition que l’on s’entende sur le sens des mots  »

    Ce serait bien, dès lors, de commencer par définir « de gauche », et d’expliquer en quoi ce serait un concept utile. Cela permettrait peut-être de s’embourber dans des contradictions comme « la gauche, depuis bien longtemps, n’est plus à gauche ».

    • Très juste. A vrai dire, je me moque bien de savoir si le libéralisme est « de gauche » ou « de droite ». Je considère cette classification simpliste comme complètement dépassée. Par contre j’attends avec impatience les candidats aux prochaines élections (élections régionales, 6 et 13 décembre) qui auront quelque chose à proposer pour aller dans le sens de plus de liberté et de responsabilité.

      •  » Je considère cette classification simpliste comme complètement dépassée. »

        Oui, mais les étatistes classent le libéralisme à l’extrême droite pour le décrédibiliser. Il n’est donc pas idiot de prétendre que le libéralisme est de gauche – au moins par rapport à l’image qu’on voudrait lui coller.

        La vraie opposition est étatistes/libéraux mais quel pourcentage de la population en a conscience ? Qui comprend que la presque totalité des politiciens sont étatistes alors que cela ne va pas de soi et qu’il existe d’autres systèmes plus efficaces et moins favorables à la caste des politiciens ? Et du moment que la distinction gauche/droite est secondaire, on peut se revendiquer libéral et de gauche et en désaccord complet avec le socialisme-libéral.

        • « il N’est donc pas idiot de prétendre,que le libéralisme est de gauche par rapport à l’image qu’on voudrait lui donner  » . Quitte à mentir et à manipuler donc.
          Ce n’est plus du pragmatisme, c’est du cynisme.

          • « Ce n’est plus du pragmatisme, c’est du cynisme. »

            L’un n’empêche pas l’autre. Et ce n’est pas un mensonge ou une manipulation : seulement une mise au point et un refus d’être classé par les autres.

    • * d’éviter de s’embourber

      En fait la seule définition opérationnelle de « de gauche », c’est bien « qui pose ses fesses à la gauche d’un parlement ». Si en revanche on veut parler non des fessiers mais des idées, il y a des concepts plus clairs et plus utiles, comme « libéral » vs « étatiste », « constructiviste », etc.

      Idem d’ailleurs pour « réactionnaire », « progressisste » etc : si je veux une société organisée de la manière X et quelqu’un d’autre Y, alors le plus clair est de nous décrire par les labels X et Y, et non en fonction de la différence entre l’état de la société au temps T et ce qu’on propose.

  • Encore un qui croit que « gauche » est un concept qui renvoie à une réalité, alors que ce n’est qu’une arme pour disqualifier un adversaire en le rangeant dans le camp du mal…
    « Je suis de gauche » signifie : je suis dans le camp du Bien, et vous dans celui du Mal.

    • Très juste.

      La notion de progrès est elle même très floue et sujette à polémique.

      Il faut sans doute rester simple et constater que la gauche est clairement socialiste, collectiviste forcenée, et donc antiliberale.

      Alors, il est vrai que certains gouvernements « de droite » sont également socialistes et que à gauche on aime bien une fois au pouvoir, s’attirer les faveurs de « libéraux « , à des fins électorales bien sûr.

  • Tribalisme..pfff, lol

    • Oui… j’ai tiqué là-dessus. Connaissant une catalane militante, je trouve que la ranger dans cette catégorie c’est un peu comme dire d’un libéral que c’est un dangereux-profiteur-néo-libéraliste-hype-egoïste qui pense qu’a lui….

  • Toute cette confusion devrait se dissiper lorsque l’Europe sera plus multiculturelle, en cela l’avenir se présente comme libéralement radieux.

  • Guy Sorman nous offre une analyse de sa conception du libéralisme.
    Il s’agit de la vision d’un idéologue que ne partage pas les préoccupations quotidiennes d’un chef d’entreprise à la tête d’une PME ou PMI.
    D’autre part, affirmer vouloir libéraliser l’immigration me semble suicidaire pour notre pays.

    •  » Il s’agit de la vision d’un idéologue que ne partage pas les préoccupations quotidiennes d’un chef d’entreprise à la tête d’une PME ou PMI.  »

      Pourquoi devrait-il s’en préoccuper précisément? Sorman n’est pas un lobbyiste patronal au service des entreprises. Il défend une philosophie libérale qui permet à tout à chacun d’entreprendre et de devenir patron dans un marché où la concurrence n’est pas faussé par des monopoles publiques ou privés protégé par l’état.

      D.J

    • D’où prenez-vous, FELIX, qu’un chef d’entreprise serait libéral ?
      Quant à votre commentaire sur l’immigration, il indique clairement que vous ne l’êtes pas, libéral.

      • L’immigration ne peut être libre que dans un pays libéral, donc pas en France…

        • Bien sûr. Et la propriété ne peut être protégée que dans un pays libéral, donc pas en France.
          Seems legit.

          • Vous auriez fait un carton chez Mao ou Staline comme défenseur de la doxa…. Vos interventions visent a décerner ou pas un brevet de bien-pensance libérale ?

            Avez-vous lu: « Le libéralisme tout d’abord : ce n’est pas une idéologie, ni un modèle déposé, ni une utopie née de l’imaginaire intellectuel mais une méthode expérimentale fondée sur l’observation du réel, au service d’une ambition. »?

            Ce qui d’ailleurs est en contradiction avec ce que dit Mr Sorman un peu plus loin….

            • Effectivement, le libéralisme se fonde sur l’observation du réel. Dans le domaine économique, par exemple, cette observation conclut à l’inefficacité de la gestion centralisée de l’économie. Et dans le domaine du droit, dans la constatation qu’aucune société ne peut vivre sainement et durablement sans que soit respecté un minimum de droits fondamentaux imprescriptibles indissociablement liés à l’individu et que l’État se doit de défendre et respecter : la vie, la liberté, la propriété, la résistance quand ces droits sont violés par l’État, etc. Et quand on parle de liberté, il s’agit bien de la liberté dans son sens le plus large depuis la liberté de religion à la liberté d’association, en passant par la liberté de pensée, d’expression, de réunion, de circuler, de commerce, etc. Parfaitement résumé par Vincent de Gournay : « Laissez faire, laissez passer. »

        • @josé Pas forcément, lisez Hoppe.

          Une chose est sûre, pour lancer des anathèmes, ça vous êtes bien de gauche. Il serait bon de vous ouvrir un peu l’esprit.

          • Nous savons tous que les racistes et les xénophobes aiment souvent faire référence à Hans-Hermann Hoppe pour donner une teinture libérale à leurs discours liberticides. Bien sûr, ils oublient ou feignent d’oublier – si tant est qu’ils l’aient jamais lu – que Hoppe réfléchit sur base d’un modèle hypothétique, sans doute utopique, de société sans État composée d’une juxtaposition de communautés libres et autonomes fondées sur le droit privé et ayant pour axiome de ne jamais initier une action violente envers autrui.

            Il va sans dire que ce modèle théorique non seulement n’a aucune pertinence dans la France de 2015 puisque ce pays n’est pas une communauté fondée sur un contrat de droit privé, mais en plus est parfaitement incapable de répondre à la problématique de l’immigration puisque dans la société sans État de Hoppe, ni les pays, ni les frontières existeraient et, partant, l’immigration en soi n’existerait plus non plus, une fois disparue la distinction entre nationaux et étrangers.

            Alors, oui, Hoppe explique bien que dans une société sans État il se pourrait que se constituent des communautés autonomes qui discrimineraient les gens de telle religion, de telle origine ethnique, ou de telle orientation sexuelle, ou qui seraient prohibitionnistes, interdisant alcool et drogues, etc. Mais cette conséquence hypothétique du modèle théorique de Hoppe ne légitime en aucune manière une intervention actuelle de l’État dans la France de 2015 pour mener une politique liberticide anti-immigration. Pas plus que ne serait légitime une intervention étatique discriminant les croyants d’une religion, les homosexuels, etc.

            Alors si les xénophobes et autres racistes veulent absolument mettre en pratique la théorie de Hoppe, c’est très simple : qu’ils achètent un terrain quelque part et qu’ils s’y réfugient derrière leurs barbelés et sous leurs miradors.

            • José: « qu’ils achètent un terrain quelque part et qu’ils s’y réfugient derrière leurs barbelés et sous leurs miradors. »

              Ils ne vous ont pas attendu, dans la vraie réalité, ça fait des millénaires que la mise en contact trop rapide de cultures différentes occasionne des massacres.

              Les trois-quarts des conflits se font entre communautés ou religions différentes :
              https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_guerres_contemporaines

              Le conflit armé est la pointe de l’iceberg, en dessous il y a les vexations, la mésentente, l’insécurité, les violences morales ou physiques, la discrimination, etc. etc.
              En vrai, les humains n’aiment qu’a dose homéopathique ceux qui ne partagent pas les mêmes codes sociaux qu’eux.

              Vous vous payez une bonne morale dans un processus de pensée très similaire au communiste dans son déni de réalité : « Si ça ne marche pas, c’est à cause des koulak , traitres sociaux , capitalistes , impérialistes , racistes et xénophobes »

      • Être libéral est devenu très tendance.
        Être ultra libéral est inapproprié, de même, qu’être collectiviste est devenu rétrograde.
        Dans la vie privée de chacun, le libéralisme est une réalité déjà ancienne car, en principe, on est libre de ses mouvements et de ses appréciations sur le monde qui nous entoure.
        Dans le monde de l’entreprise, on est généralement libéral mais, à la condition, que la liberté du dominant ne vienne pas altérer la liberté du dominé.
        En somme être libéral, et pourvoir le rester, implique le respect d’un ensemble de règles constituant un cadre éthique à ne pas transgresser.

        • Pour l’instant je n’ai jamais connu d’entreprise libérale dans ma vie professionnelle. Tout y est le plus souvent très contrôlé, des ordres sont donnés, des résultats sont exigés, des discours déresponsabilisants sont dits… on est plus dans un fonctionnement militaire, même si la réactivité et la souplesse nécessaires ces dernières années ont forcé le management à être un peu intelligent. Donc bon… « dans le monde de l’entreprise, on est généralement libéral », pour moi c’est un peu considérer le libéralisme comme une réligion, un truc qui ne sert à rien dans la réalité concrète, du domaine de l’opinion : « dans le monde de l’entrepise, on aime bien la couleur bleue » dans le même genre.
          Donc du coup je doute de ce libéralisme-là, affiché en entreprise, qui n’est à mon avis qu’une posture.

          • Ropib
            Effectivement l’entreprise libérale n’existe pas mais, pourrait elle l’être ?
            Au plan économique être libéral consiste à ne pas accepter la liberté d’agir de l’acteur en position de dominance.
            Dans l’économie dite « libérale », c’est à ce niveau que ça coince, car il y va de la survie ou de la destruction des entreprises . Il y va, par conséquent, de la faculté de ces mêmes entreprises de créer des richesses, de payer des salaires convenables, de payer des charges sociales, de payer des impôts.
            Alors en quoi consiste le caractère « libéral » de la politique française ?
            En France, le pouvoir politique, accaparé par les barons de la république, nous impose de supporter les concurrences des industries étrangères n’ayant pas les mêmes charges sociales et fiscales.
            En France, l’épargne des français n’est pas orientée vers la création et le financement des entreprises; l’épargne est actuellement orientée vers le paiement des intérêts de la dette de l’État…!

            • FELIX: « Au plan économique être libéral consiste à ne pas accepter la liberté d’agir de l’acteur en position de dominance. »

              Certainement pas, d’où sort cette définition farfelue ?

              Le libéralisme, c’est l’égalité en droit : Le dominant ET le dominé n’ont pas le droit d’utiliser des moyens qui contreviennent aux droits des autres (violence, corruption, etc.) Point final.
              Le dominé à toutes ses chances, il lui suffit d’être plus efficace et dans le monde libéral ça ne manque pas d’arriver très fréquemment. Les pays libéraux sont économiquement bien plus dynamique et vont bien mieux que les autres.

              FELIX: « En France, le pouvoir politique, accaparé par les barons de la république, nous impose de supporter les concurrences des industries étrangères n’ayant pas les mêmes charges sociales et fiscales. »

              Pour régler la prison fiscale et sociale que subissent les Français, il suffirait de fermer les frontières ? Vous n’aboutirez qu’à un enfermement total et un effondrement de l’économie.

              FELIX: « En France, l’épargne des français n’est pas orientée vers la création et le financement des entreprises »

              L’épargne n’a pas a être forcée ou « orientée », un peintre en bâtiment qui a économisé le peu que lui laisse l’état français a bien le droit d’en faire ce qu’il veut. Le contrôle de ces capitaux aboutira au même résultat que toutes les économies planifiée: une catastrophe économique et finalement sociale.

        • FELIX, vous ne nous dites toujours pas en quoi un chef d’entreprise serait par nature plus libéral que tout autre personne. D’une part, la structure et le fonctionnement d’une entreprise n’ont rien de particulièrement plus libéral qu’une administration, une armée, etc. D’autre part, on a perdu le compte de tous ces chefs d’entreprises qui réclament à l’État d’intervenir dans leur secteur économique pour arroser de subsides, pour mettre des bâtons dans les roues de concurrents, pour forcer un monopole, pour interdire l’apparition de nouveaux acteurs, etc.

          • José
            Être un libéral dans le monde de l’entreprise est une posture qui consiste à revendiquer le droit à l’équité – au sens équilibre financier – pour une entreprise existante ou une entreprise à créer.
            Par exemple, en matière d’industrie agroalimentaire, lorsque 4 centrales d’achats maitrisent 80 % de la commercialisation des productions, il faudrait faire en sorte que tous les producteurs nationaux – agriculteurs et transformateurs industriels – puissent équilibrer leurs comptes d’exploitation avec une marge bénéficiaire permettant la sauvegarde de toutes les filières existantes.
            Dans la réalité, ce sont les grandes sociétés de distribution qui sont de connivence pour maximiser leurs profits et qui créent la crise agricole que nous connaissons avec la désindustrialisation dans le domaine des activités de transformation.
            C’est précisément le manque d’équité que je dénonce qui génère l’interventionnisme Étatique.

            • Bref, votre « libéralisme » consiste à réclamer l’intervention de l’État dans l’économie pour « réguler » le marché, alors même que le capitalisme de connivence que vous dénoncez trouve sa source même dans cette intervention.

            • Sinon, le problème que vous évoquez démontre à suffisance que les chefs d’entreprise ne sont pas plus libéraux que la moyenne de la population.

              • Dénoncer les impôts et les charges, chialer des subventions et accepter d’être des receleurs pour le fisc, ce n’est pas libéral.

    • « affirmer vouloir libéraliser l’immigration me semble suicidaire pour notre pays »

      On trouve normal qu’un Breton ou un Basque vienne travailler à Paris. En quoi cela devrait-il être différent avec un Slovaque ou un Péruvien ?

  • En gros, je résume la pensée de Sorman: la gauche c’est le Camp du Bien, le libéralisme est dans le Camp du Bien.

    « si l’on considère qu’être de gauche est un pari sur la perfectibilité de la société et l’acceptation de sa diversité » lol. La gauche veut juste modeler la société selon son idéologie et elle n’accepte pas la diversité en tout cas pas la diversité politique. Elle essaye d’imposer une pensée unique à l’ensemble de la société et est profondément intolérant avec tout ceux qui ne pensent pas comme elle. Elle n’est d’accord avec la diversité (multiculturalisme,…) que quand cela l’arrange.

    • arnaud: « En gros, je résume la pensée de Sorman: la gauche c’est le Camp du Bien, le libéralisme est dans le Camp du Bien. »

      Ce sont les socialistes qui se gargarisent avec l’idée puérile bien/mal depuis des année, brouiller un peu cette connerie ce n’est pas idiot.

      Au mieux ils ont l’air un peu con de se voir rappeler que le libéralisme est né de la lutte « de gauche » contre les privilèges qu’ils défendent maintenant. Au pire ils vont se bouffer entre eux à coup de « traitre sociaux » parce que certains à gauche ne sont pas insensible à cette hérédité et ce constat.

      • Exactement : les socialistes doivent cesser de déformer le discours libéral et ils craignent le libéralisme parce qu’il les met en face de leurs propres contradictions.

        • Les socialistes ne se donne même plus la peine de déformer le discourt libéral (la droite non plus d’ailleurs). Le lavage de cerveau à bien fonctionné et brandir la « menace libérale » fait lieu de discours et d’argumentation. Au besoin on utilise quelques superlatif de genre ultra ou méga, quelques adjectifs abominable tel que égoiste, un ou deux concept creux du genre « renard libre », « loi de la jungle » pour faire bonne mesure.
          En fait le libéralisme n’est plus qu’un concept repoussoir pour notre classe dirigeante destiné à démontrer que sans eux ce serait le chaos. C’est le même subterfuge qui est utilisé avec les « pédonazis » que personne n’a jamais vu nul part mais qui sont bien pratique pour justifié l’espionnage généralisé et la mise en coupe réglé d’internet.

      • Je sais parfaitement cela mais Sorman reprends cette idée socialiste.
        Que la gauche soit plus morale que la droite, qu’elle est le camp du bien est quelque chose dont bcp de gens croient (inconsciemment) pas seulement des gauchistes même des gens de droite. Cela montre à quel point la gauche a réussi à imposer son idéologie dans la société (grâce aux médias, à l’enseignement, à diverses associations,…). La gauche a le monopole des bons sentiements en France (et dans bcp de pays), c’est elle qui dit ce qui est moral et ce qui est immorale. La moralité de la gauche est une imposture qu’il faut dénoncer.
        Pour bcp de gens: la gauche est plus morale que la droite mais celle ci est plus réaliste et plus compétente (il est vrai que l’on pense moins cela en France étant donné que la droite mène une politique de gauche quand elle est au pouvoir). C’est faux, la gauche n’est pas plus morale. La gauche n’a pas grand chose de morale

      • Moi, en lisant cet article, j’ai l’impression que l’auteur veut à tout prix être considéré comme de gauche car cela lui permettrait de se situer dans le camp du bien, de disposer d’une supériorité morale.
        La notion gauche/droite est quelque chose de relative (selon les époques et pays), on est tjs de gauche par rapport aux autres. A partir du moment où tout le monde(et vous même) vous considère comme de gauche, vous êtes à gauche. Ce n’est pas comme le libéralisme où le fait d’être libéral ne dépent pas de comment vous et les autres vous considèrent mais de ce que vousp ensez (est ce libéral).

  • Guy Sorman n’avait pas à se risquer à de telle inepties pour tenter de cacher, bien maladroitement, qu’il est fondamentalement à gauche !

  • Je trouve pas qu’on devrait revendiquer le libéralisme comme étant de gauche ou de droite. Qu’est-ce que ça signifie, être de gauche ou être de droite ? Pourquoi pas carré ou rond ? Salé ou sucré ? Et qu’est-ce que ça apporte ?

  • J’ai l’impression que Yves et Romaric commentent l’article de Sorman en ayant lu que le titre. Sorman a pourtant bien averti les lecteurs à ne pas tomber dans le piège du sens des mots à coup de slogan à la figure.

    Résultat pour Yves et Romaric:  » Sorman est de gauche donc c’est un socialiste  » sans rien comprendre sur l’essentiel du billet.

    D.J

    • C’est sur que cette question mériterait d’être traitée plus à fond. Non pas pour donner la bonne parole libérale, pour montrer l’orthodoxie, mais plus pour savoir quoi répondre à des détracteurs.

      J’ai de plus en plus l’impression de lire parfois des libéraux qui expliquent c’est quoi le libéralisme. Peut-être est-ce un signe ?
      Cela arrive souvent quand une idée, ou n’importe quoi d’autre devient plus populaire. Les défenseur de là-dite idée de la première heure se donnent pour devoir d’indiquer la « bonne voie »: libéral c’est être de gauche, de droite, en haut en bas. Comme ça ils montrent qu’ils sont les primo

      Tout cela n’a aucune signification,c’est uniquement une lutte partisane ou de doctrinaire.
      Ne pas oublier que cet article rebondis sur une actualité, Macron; le monde 27/09: « le libéralisme est une valeur de la gauche ». Selon le canard enchaîné du 30 sept.

  • Le socialisme a dans le passé servi de régulation contre les excès d’exploitation d’êtres humains par les pouvoirs qui dominent le capitalisme.
    Dans les sociétés plus développées où la loi et la protection sociale privée ou publique ont diminué les effets de ces excès, le socialisme a perdu beaucoup de ses avantages. Le socialisme tourne à vide dans ses anciens domaines , il a réorienté son action et ses dogmatismes vers d’autres buts, en mettant la population au service d’idéologies nuisibles à la personne humaine, comme l’idéologie verte en France: ça a été le stalinisme, le nazisme (un socialisme où les Allemands étaient endoctrinés et mis au service d’un collectivisme national dirigé par une nomenklatura, comme en URSS), les Khmers rouges, la Corée du Nord, …
    La multiplication des cellules du corps humain est à priori bénéfique à la croissance, mais quand leur multiplication se fait dans des buts dévoyés cela tue le corps, de même le socialisme dévoyé risque de tuer l’humanité.

  • « sont favorables au libre choix de leur conjoint, homosexuel ou pas (je me demande même pourquoi l’État se mêle du mariage), de leur consommation de substances illicites ou pas, et de migrer quels qu’en soient les motif » l’auteur fait comme si il y avait un avis unanime des libéraux sur la question ce qui n’est pas le cas.
    Pour le mariage, perso, je considère cela comme une affaire privé, l’état n’a pas à s’en mêler.
    Pour la drogue, je n’ai pas d’avis sur la question, je ne suis pas assez renseigné sur le sujet pour avoir un avis valable.
    Pour l’immigration libre, je suis fermement opposé, je pense qu’il faut une immigration limitée. Je pense pouvoir dire qu’il n’y a qu’une minorité de libéraux favorable à cette utopie (en plus, en général, ce sont plutôt des libertariens).
    Je suis pour le droit de port d’armes (après m’être renseigné sur le sujet, je suis passé d’un anti arme à un pro arme) mais je suis que pas mal de libéraux s’y opposent. Cela ne me viendrait pas à l’esprit de traiter ces gens de « faux libéraux » parce qu’ils sont en désaccords (ce que font certains libéraux favorable à l’immigration libre)

  • « si l’on considère qu’être de gauche est un pari sur la perfectibilité de la société et l’acceptation de sa diversité  » c’est quoi cette définition de la gauche ? en tout cas, ce n’est pas celle donné d’habitude.
    Facile de définir le libéralisme comme de gauche si on crée sa propre définition de la gauche, que l’on invente une définition de la gauche qui nous arrange.
    Moi, en lisant cet article, j’ai l’impression que l’auteur veut à tout prix être considéré comme de gauche car cela lui permettrait de se situer dans le camp du bien, de disposer d’une supériorité morale.
    La notion gauche/droite est quelque chose de relative (selon les époques et pays), on est tjs de gauche par rapport aux autres. A partir du moment où tout le monde(et vous même) vous considère comme de gauche, vous êtes à gauche. Ce n’est pas comme le libéralisme où le fait d’être libéral ne dépent pas de comment vous et les autres vous considèrent mais de ce que vous pensez (est ce libéral).
    Il existe plusieurs modèles de classification du clivage gauche droite notamment celui de de Nolan (diagramme de Nolan) qui en gros, dit qu’il y a deux axes: un axe de liberté individuelle (plus on est favorable à la liberté individuelle plus on est de gauche), un axe de liberté économique (plus on est à droite, plus on est pour la librté économique). ce schéma bien qu’intéressant est loin d’être vrai.Aux USA, depuis la seconde guerre mondiale, c’est sous l’administration Truman et sous l’adminstration Obama (deux présidents démocrates) qu la liberté individuelle a le plus reculé. Je ne parle même pas de Roosveelt qui était un président très autoritaire aux méthodes antidémocratiques et qui fut sans doute de loin le président les plus autoritaire des USA. En France, la loi du renseignement a été voté et par la gauche et par la droite. De plus, s’il est vrai que souvent, la droite est plus favorable à la liberté économique, ce n’est pas tjs le cas.

    Pour certaines personnes, le clivage gauche droite se fait en fonction du réalisme, la droite étant plus réaliste et la gauche étant plus idéologue (je pense que c’est en partie vraie mais pas totalement). le
    clivage découle de deux hypothèses contradictoires et invérifiables sur la nature humaine et sur la capacité de l’homme à façonner la réalité. L ‘ »état de nature » est le paradis pour Rousseau et l’enfer pour Hobbes parce que le premier pense que « l’homme est né libre et partout il est dans les fers”, tandis que le second affirme que l’homme est « solitaire, pauvre, mauvais, brutal et pingre.” Rousseau croyait non seulement en la bonté de l’homme, mais aussi en sa capacité à imposer sa volonté à la réalité. Il fut vivement critiqué après la Révolution française par Edmund Burke, qui a affirma qu’aucun ordre social ne saurait être conçu ex nihilo.
    La double controverse au sujet de la nature humaine et de la malléabilité de la réalité est à la source du clivage droite-gauche en économie, en politique étrangère et sur les questions sociales. La “paix perpétuelle” de Kant repose sur la bonté de l’homme et sur sa capacité à concevoir un ordre international pacifique. L’aphorisme de Clausewitz selon lequel “la guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens”, en revanche, est la devise du réalisme politique. Être réaliste, ou de droite, s’est être sceptique sur les intentions des gens et faire la politique sur la base de l’intérêt et non de l’idéologie.
    Pour moi, c’est un mélange de tout cela.

    Il existe une classification très intéressante en trois critères du cliavage gauche droite (mais je me rappelle plus trop de ce que c’était, je me souviens juste qu’il y a le critère d’autorité et je crois qu’il y a aussi un critère d’égalité. Quand au troisième critère,
    compétition(droite)/copération (gauche). Pour faire simple, les libertariens (libéraux aux USA) selon ce schéma sont à gauche dans deux cas et à droite dans un cas.

    Un autre modèle assez utilisé du clivage gauche/droite s’est juste l’égalité (plus on est favorable à l’égalité, plus on est à gauche. plus on s’oppose, plus on est à droite). Ce modèle a de très nombreuses faiblesses. La première: qu’est ce que l’on entends par égalité (de droit, crée par la loi,…) car dans ce modèle, on parle juste d’égalités au sens générale mais les différentes formes d’égalité (de fait, devant la loi,…) s’opposent les unes aux autres. La lutte pour l’égalité de fait passe par une inégalité de la loi. Les libéraux sont favorable à une égalité de la loi mais sont de farouches opposants à l’égalitarisme (égalité de fait).

    Il faut bien distinguer deux choses de totalement différentes: le conservatisme/progressisme (qui se situe sur un plan sociétale, un plan morale) et l’immobilisme/ le réformisme (là, c’est le fait de vouloir faire des réformes. Un conservateur et même un réactionnaire peut parfaitement être réformiste. De même, qu’un progressiste peut parfaitement être immobiliste).

    La notion gauche/droite est assez difficile à définir car elle change selon les époques et les pays. On est de droite toujours par rapport aux autres (même chose avec la gauche). En France, la situation est encore plus complexe car l’ensemble de la classe politique est issu des mêmes grandes écoles. En plus, les hauts fonctionnaires sont comme la noblesse de l’ancien régime, ils ont un très grand pouvoir, ils peuvent bloquer les réformes qui les dérangent. Un inspecteur des finances a mille fois plus de pouvoir qu’un député (c’est en tout cas le constat d’un type qui a exercé les deux fonctions mais j’ai oublié son nom). La droite francaise n’a pas vraiment d’idéologie, elle est composé de carriéristes prêts à toutes les compromissions pour avoir le pouvoir (c’est aussi vrai pour la gauche et pour les politiciens d’autres pays mais c’est quand même bcp moins le cas, la droite francaise se situe un degré au dessus en terme de carriérisme). Peu de partis ont ausssi peu d’idéologie que le LR qui n’a aucune idéologie, aucunes idées.

    I faut faire très attention quand on étudie le clivage gauche droite et sur ce qu’est la droite, la gauche,….. La majorité des politologues sont clairement de gauche. La plupart (pour ne pas dire tous) des experts de la droite et de l’extrême droite viennent de la gauche (et souvent, ont fait un passage à l’extrême gauche). Cela fausse complètement le débat. Il y a plus d’universitaires spécialistes de l’extrême droite que d’universitaires d’extrême droite (même chose pour les journalistes). Ces experts quand ils écrivent sur la droite ou l’extrême droite ce ne sont en général, que leurs préjugés, leurs partis pris est évident. Cette domination de la gauche pose des problèmes, elle impose une image dépréciée de la droite, de l’extrême droite (et c’est la même chose pour le libéralisme) correspondant moins à la réalité qu’à des représentations véhiculées dans l’imaginaire de gauche.
    C’est la même chose pour l’histographie de la droite ou de l’extrême droite (ou du libéralisme). Les historiens spécialistes de ces sujets sont clairement de gauche et ont clairement un parti pris. La droite du xxe siècle est confondue avec le parti monarchiste du xixe siècle, ou encore assimilée à l’extrême-droite, conformément à une tentation d’amalgame révélatrice d’une partialité de gauche.
    Juste un exemple: le livre de l’historien Michel Winock sur la droite est illustré d’une photo évoquant un homme d’extrême-droite et sous-titré « les hommes, les idées, les réseaux », ce qui accole à la droite, sans doute involontairement, une connotation complotiste de famille politique inquiétante voire factieuse.

    Inversement, les politiques (et autres spécialistes de la gauche) comme ils sont eux même de gauche ont tendance à présenter la gauche de manière très positive (n’hésitant pas à pratiquer du révisionnisme historique).

  • « si l’on considère qu’être de gauche est un pari sur la perfectibilité de la société et l’acceptation de sa diversité » Parce que la gauche accepte la diversité peut être ?? lol La gauche (non seulement francaise mais dans bcp de pays occidentaux) pratique le terrorisme intellectuel, elle impose sa pensée unique, le politiquement correct La gauche a clairement des tendances fascistes Vu que les gauchistes se considèrent comme le camp du Bien, ils ne supportent pas la contradiction. Quiconque essaie de contredire un gauchiste sera considéré comme raciste, fasciste,…Il utilise la bonne vieille méthode communiste. Je vous conseille de lire Ernesto Galli della Loggia grand spécialiste du fascisme qui montre que la gauche a instrumentalisé l’antifascisme (qui n’a grand chose à voir avec le vrai antifascisme) et qui est une autre sorte de fascisme. La tolérance est souvent une imposture (A lire Le progressisme entre illusion et imposture de P.A Taguieff), je vous l’accorde. les champions de la tolérance sont souvent les plus intolérants.

    En quoi vouloir parfaire la société est de gauche ?? A droite aussi, dans une certaine mesure, on veut améliorer la société (par exemple en ayant une certaine politique économique,…). Certes, c’est moins vrai pour la droite francaise qui est juste composé d’arrivistes sans idée et donc qui ne cherche en rien à améliorer la société. Cependant, la droite fait preuve de plus de réalisme quand à la perfectibilité de la société que la gauche bcp plus idéologue. La perfectibilité de la société de la gauche reprend les idées totalitaires càd de vouloir créer un ordre nouveau, de vouloir changer la société, et l’homme. Or cela est clairement antilibérale.
    Un libéral sur ce plan de perfectibilité de la société se situe plutôt à droite (càd il fait preuve de réalisme) que la gauche. L’intervention de l’état est très souvent invoqué pour parfaire la société, changer la société pour l’améliorer (c’est antilibéral).
    Un libéral dit que la société se portera mieux en étant libérale. Que la liberté améliorera les choses. Cependant, un libéral sait parfaitement qu’une société libérale ne sera pas parfaite (car la nature humaine est parfaite), il ne prétends pas avoir la réponse à tous les problèmes (ce qui est le cas des étatistes qui prétendent que l’état peut règler tous les problèmes), il considère juste que le marché (bien qu’imparfait) est très souvent bien meilleur que l’état pour régler bcp de problèmes (c’est un constat, c’est une preuve de réalisme).
    Les étatistes (conservateurs ou progressistes) ont une certaine arrogance, ils se croient supérieurs, ils croyent que c’est à eux de dire aux autres ce qu’ils doivent faire ou ne pas faire ce qui n’est pas le cas d’un libéral.
    Les gens de droite sont bcp plus réalistes et quelqu’un de réaliste est en général plutôt libéral alors que la gauche est plus idéologue (donc plus socialiste). Un libéral ne prétends pas que le libéralisme est parfait (étant donné que la nature humaine est imparfaite) mais que c’est de loin le meilleur système qui existe.
    Perso, si je suis libéral c’est en grande partie car je suis conservateur et comme bcp de conservateurs (contrairement aux progressistes), je suis réaliste sur la nature humaine (autrement dit je suis plutôt un partisan d’Hobbes). Ce réalisme se traduit en une méfiance vis à vis de l’état. C’est la découverte de l’école des choix publics qui m’a fait devenir libéral. Toute personne réaliste sera d’accord avec l’école des choix plubilcs et donc sera méfiant envers l’état. Cela ne veut pas dire que j’idéalise le marché. J’ai remarqué que comme par hasard, les libéraux (enfin, surtout les libertariens) qui idéalisaient le marché étaient en général progressistes (en gros, c’est comme les progressistes « normaux » qui idéalisent l’état).
    Les étatistes de droite comme de gauche veulent utiliser l’état pour améliorer la société

  • La gauche accepte la diversité……que quand cela l’arrange. Par exemple, au niveau des idées et des opinions, il est clair que la gauche a bcp de mal à accepter la diversité (politiquement correct, pensée unique).

    Souvent, les gens voulant parfaire la socété partent du principe que si cela ne va pas c’est à cause du constructivisme social. Le constructivisme est à l’opposé du libéralisme.Or la gauche est clairement constructiviste.

    L’auteur se trompe. Que la gauche soit socialiste est quelque chose de commun à pratiquement tous les pays aujourd’hui (il y a bien sûr tjs des exceptions) et cela depuis assez longtemps. Donc, il me parait absurde de dire que la gauche à la base est libérale.

    Le titre est frappant: « Le libéralisme est à gauche et le socialisme est réactionnaire » car cela sous entends que la droite est réactionnaire et que le libéralisme est progressiste et que le progressisme s’est la gauche. Ce qui est totalement faux.

    Quand au progressisme, c’est souvent une imposture (A lire Le progressisme entre illusion et imposture de P.A Taguieff), . Les progressistes sont souvent profondément réactionnaires, ils refusent le monde moderne, ils refusent les changements (comme la mondialisation,…). Les soi disants progressistes réfléchissent encore avec des idées totalement dépassés (marxistes ou keynésiens). Souvent, ils critiquent le néolibéralisme qui n’est ni plus ni moins que la modernité. Quand on voit ce qu’ils proposent, je ne sais pas si on peut appeller cela le Progrès (nivellement vers le bas,….). Ce qui démontre l’imposture du progressisme, c’est de voir à quel point la gauche francaise (et de manière générale, la gauche occidentale) est complaisante vis à vis de l’islamisme, idéologie profondément réactionnaire qui est le contraire des valeurs de gauche et des valeurs progressistes, tout cela pour des raisons électorales. Cela me fait tjs marré quand je vois la gauche lutter contre l’extrême droite, vu leur complaisance vis à vis de l’islamisme (idéologie totalitaire encore pire que celle d’extrême droite), ils n’ont pas de lecons e morale à donner.
    La gauche est non seulement conplaisante mais elle est complice, elle incite les immigrés (notamment musulmans) à se victimiser sans cesse. de plus, elle incite à la haine de l’occident, de l’homme blanc hétérosexuel. Or, l’islamisme découle de l’anti occidentalisme. Ellle propage l’islamisme avec son anti occidentalisme.
    La gauche est doublement complice car l’islamisme vient en partie des conditions économiques et sociales. Les immigrés n’ont pas accès au marché du travail à cause de la rigidité du travail et du cout du travai l(taxation trop élevé). L’état providence est une trappe à pauvreté, ils transforment les immigrés en assistés sans chance de mobilité sociale (vu qu’ils sont assistés, ils n’essayeront pas de s’en sortir). le clientélisme vis à vis des immigrés pour des raisons électorales pousse à l’islamisme. La politiqu e la gauche vis à vis es immigrés crée non seulement l’islamisme mais aussi l’extrême droite. La mère nourricière de l’extrême droite s’est la gauche (en France, la gauche fait même cela de manière consciente pour des raisons électorales). Je vous conseille de lire « La pensée égarée » de l’historienne et philosophe de gauche Alexandra Laignel-Lavastine qui s’inquiète fortement de la cécité de la gauche bien-pensante française et européenne face à l’avancée de l’Islam radical. Elle définit ce qu’est le politiquement correct et ke démonte. Ce livre est excellent. D’ailleurs, les autres livres de cette auteure sont extrêmement intéressants.

  • Un très article de Robin Rivaton sur le sujet de s’avoir si le libéralisme est de droite ou de gauche. https://scontent-frt3-1.xx.fbcdn.net/hphotos-xat1/v/t1.0-9/11218885_10153289119993022_6775382852035801910_n.jpg?oh=c0610c30dad363654516800a8bc66b0a&oe=5694C390
    L’auteur en conclut que le libéralisme emprunte des traits tant à droite qu’à gauche

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