France, pourquoi l’emploi ne peut repartir

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France, pourquoi l’emploi ne peut repartir

Publié le 23 septembre 2015
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Par Bernard Zimmern

imgscan contrepoints 2013-2246 hollande courbe du chômage

Le gouvernement socialiste de la France 2015 a mis tous ses espoirs dans une reprise de l’activité européenne et mondiale dont la contagion à la France inverserait la courbe du chômage.

C’est l’espoir de voir se répéter le miracle dont a bénéficié le gouvernement Jospin à la fin des années 1990 : avec une expansion économique associée à la bulle informatique, la plupart des pays européens ont connu des expansions qui dépassaient les 4% d’augmentation annuelle du PIB. Bien que très à la traîne car souffrant déjà de près de 30 années de social-démocratie rampante, la France avait vu son PIB croître miraculeusement de 2%. Mais la crise ayant suivi l’éclatement de la bulle internet avait engendré une reprise brutale du chômage ; cette reprise avait forcé l’OFCE et l’INSEE à supprimer 400.000 chômeurs des statistiques pour éviter à Lionel Jospin de parvenir aux élections présidentielles avec un chômage officiel dépassant 9%. C’est le même miracle que l’actuel gouvernement espère pour donner des chances à François Hollande de se faire réélire.

Mais nous pouvons le rassurer : ce miracle ne se reproduira pas car, même si l’activité internationale s’accélérait, l’économie française n’est plus capable d’inverser la courbe du chômage, elle ne pourrait au mieux qu’en réduire l’augmentation.

Ce que nos hommes politiques oublient toujours, c’est que les entreprises existantes ne créent pas d’emplois ; en moyenne elles en perdent, seules les entreprises nouvelles en créent.

Mais les 40 années de social-démocratie ayant débuté en 1973 avec Giscard, ont complètement détruit la fabrication de vraies entreprises nouvelles. À sa place, nous avons la création d’ersatz, les villages Potemkine de l’emploi, où naissent plus de 500.000 entreprises zombies par an mais seulement 26.000 entreprises employeuses (avec au moins un emploi) contre quelque 80.000 en Allemagne, 200.000 au Royaume-Uni dont l’expansion économique bat tous les records.

C’est le résultat de l’alliance d’un « socialisme d’État », qui nourrit ses agents sous couvert d’aider l’emploi, et d’une bien-pensance de droite qui n’a cessé d’enfanter ces ersatz pour faire croire qu’elle agissait.

Deux chiffres trahissent la décomposition de l’entrepreneuriat.

Comme nous l’avons vu, avoir des entrepreneurs qui créent des emplois, c’est avoir des entrepreneurs qui s’enrichissent. On est entrepreneur, non parce qu’on est riche, mais pour le devenir.

Avoir des entrepreneurs qui réussissent et créent des emplois, c’est aussi avoir une distribution des revenus où le 1%, la part prise par le 1% les plus riches, est significative, aussi élevée que possible (car contrairement à cette absurdité que colportent les égalitaristes, le 1% n’est pas constitué de profiteurs mais essentiellement d’entrepreneurs qui innovent et prennent des risques).

Une étude de l’université Princeton1 est à cet égard très significative : comme indiqué en annexe, la part du 1% en France est une des plus faibles mondialement et a chuté entre 1949 et 2005. La conséquence en est que si l’on enlève la part du 1%, la croissance du revenu moyen est très peu affectée en France, alors qu’elle l’est énormément aux États-Unis. En effet, entre 1975, le début de la social-démocratie à la française, et 2006, le revenu moyen a augmenté de 27,1% en France, et seulement de 26,4% si on enlève le 1%, alors qu’aux États-Unis, enlever le 1% fait chuter la hausse du revenu moyen de 32,2% à 17,9%.

Ce que ne dit pas cette étude mais que nous avons vérifié par nous-mêmes, c’est que la distribution des patrimoines est restée aussi inégale en France qu’aux États-Unis, montrant que nous avons gardé les fortunes des entrepreneurs engendrés par la France dans l’immédiat après-guerre et durant les 30 glorieuses.

Les chiffres de Princeton de la distribution des revenus montrent que cette cohorte de créateurs ne s’est pas renouvelée, ce qui n’est pas surprenant. Et garantissent que nous allons continuer à nous enfoncer dans le chômage et le déclin.

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Note : le coefficient β est le ratio entre le patrimoine moyen du 1% et le seuil à partir duquel on appartient au 1%. Les fortunes suivant généralement une loi de Pareto, une propriété intéressante de cette loi est que la moyenne au-dessus d’un seuil est égale à 2 fois le seuil. Ce β se relie à l’α qui caractérise la distribution de Pareto par β=α/(α-1).


Sur le web.

  1. Lecture 6 : Income and Wealth Distribution ECO 521 : Advanced Macroeconomics Benjamin Moll Princeton University Fall 2012.
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  • A la rédaction : il doit y avoir une erreur dans le chiffre de progression du revenu moyen sans le 1% et seulement de 26,4% ou de 6,4% ? Sinon on ne comprend pas bien l’argument ….

  • Dommage, car votre prémisse est fausse.

    « Même si l’activité internationale s’accélère »…

    Tous les indicateurs virent au rouge, dans le monde.

    En quelques jours :
    -le PMI chinois dans les chaussettes, au plus bas mars 2009
    -le Brésil est à la dérive
    -Les USA, depuis la trahison de la FED, on a compris que les carottes étaient cuites

    Arrêtons là.

    Donc non seulement l’emploi en France ne va pas repartir, mais on peut affirmer à 100 % qu’il va se dégrader.

    Voilà le drame. La Grande Récession de 2008 revient. With a vengeance. On a réussi à force de manips financières à gagner 7 ans… Plus aucune cartouche maintenant.

    Ajoutons à cela les crises institutionnelles et politiques, en Europe, mais surtout en France où la paralysie est totale (en raison, entre autres, de la présidentielle de 2017).

    C’est le perfect storm.

    • Oui les économies socialistes comme celles de la Chine ou du Brésil sont à la dérive avec la politique monétaire et budgétaire américaine qui a enfin décidé d’arrêter de financer les croissances des BRICS avec les impôts des citoyens américains vu que ces pays ne jouaient pas le jeu en retour et vu les résultats précédents de cette politique.

      • A part quelques ilôts (Singapour, la Suisse, même si elle se trahit elle-même)…. la plupart des économies dans le monde sont, par essence « socialistes ».

        On maintient péniblement l’illusion de « marchés libres » (bourses), d’institutions « indépendantes » (les banques centrales)… Les gens veulent tellement y croire, c’est tellement plus rassurant.
        Mais cela ne résiste pas à l’analyse critique.

        C’est cette hypocrisie institutionnalisée, ce mensonge permanent qui achève l’Occident.

        L’Europe n’en parlons plus, on nage dans le pathétique. Mais le gros morceau ce sont les USA qui continuent d’entretenir le mythe. Certes au pays des aveugles, les borgnes sont rois… Mais la décomposition « socialiste » des USA est assez rapide, malheureusement. Regardez Obama, les délires de Washington, Hillary Clinton, le Congrès etc.

        Bref, l’honnête homme qui a le courage d’affronter les faits, la réalité, ne peut que conclure : « vous qui pénétrez ici, abandonnez tout espoir ».

        • AlainCo (@alain_co)
          23 septembre 2015 at 11 h 36 min

          ya du vrai.
          tout est manipulé, par les dictatures, ou les démocraties.
          en fait c’es-t humain, que ce soit les élites qui soutienne la dictature et la petite bourgeoisie qui croit en profiter, ou la masse des électeurs classes moyennes qui croient en profiter et les grandes bourgeoisies qui se gavent sans effort, les gens demandent la garantie des revenus, ce qui s’oppose à la croissance.

  • « naissent plus de 500.000 entreprises zombies par an mais seulement 26.000 entreprises employeuses »

    Vu ce que coûte fiscalement (et tous les droits annexes obligatoires) un employé en France c’est presque une évidence, il faut dégager un CA assez conséquent pour pouvoir employer seulement 1 personne en faisant vivre l’entrepreneur. D’ailleurs il n’est pas rare dans ces 26’000 entreprises que le seul salarié soit mieux rémunéré que l’entrepreneur sans même compter les avantages sociaux hallucinants du salarié.

  • Arguments peu convaincants : il suffit de voir la Suisse ( très peu de chômage avec une part des 1% plus faible qu’en France). Ce qui crée le chômage de masse en France c’est la peur d’investir ( spoliation par les impôts, bureaucratie, overdose d’administration et de contrôles, perte de libertés,lois rétro actives , manque de visibilité et surtout sentiment que l’état n’utilise pas l’argent des impôts dans l’intérêt du pays) et aussi la facilité ( voire l’encouragement) de profiter de l’assistance ( RSA, logements sociaux, aides diverses …). Il est naïf de penser que les 1 % de plus riches aux USA  » méritent  » leurs salaires et contribuent à l’économie et au bien être du pays.Une bonne partie des hyper riches bénéficient de la spéculation, de la fausse monnaie ( les milliers de milliards de$ de fausse monnaie ne sont pas perdus pour tout le monde),des rentes octroyés par l’état ( connivence ) etc…De plus en plus la richesse ne rémunère pas le mérite , le risque ou le travail mais plutôt la ruse, le copinage, la malhonnêteté , la rente, etc…Les actions US montent mécaniquement lorsque la FED imprime ses billets et les dirigeants des grosses boîtes se gavent de leurs stock options alors qu’il n’y a aucun lien avec la valeur de leur contribution personnelle.Beaucoup d’entrepreneurs n’ont aucune chance ( et ce n’est pas leur objectif) de faire partie des hyper riches : ils ont simplement envie de s’épanouir en réussissant quelque chose qui les tient à cœur et ils n’ont pas besoin d’accumuler les milliards de $ pour cela.Le capitalisme d’état actuel est instable car il ne s’auto régule pas et tout cela finira par éclater … comme le communisme à une époque.

  • Le titre de cet article est un modèle du genre « théorie de l’impuissance ». Plutôt que de se lamenter et de nous plomber le moral avec des statistiques déprimantes (voire incompréhensible comme la note sur le coefficient bêta qui mériterait un article rigolo à lui tout seul) je préfèrerais que l’auteur (polytechnique + ENA + dirigeant d’entreprise + créateur de think tank, et j’en passe) utilise ses incontestables facultés intellectuelles à proposer des pistes pour sortir de cette situation.

    Think about the solution, not about the problem.

    • C’était juste pas l’objet de l’article.
      Vous trouverez assez facilement les articles où l’auteur propose explicitement une piste de sortie. Vous pouvez d’ailleurs la voir en filigrane dans l’article
      * faciliter la création de nouvelles entreprises capable d’employer (pas juste des petites entreprises sans salariés), et pour ça
      * laisser les entrepreneurs s’enrichir
      * laisser les riches s’enrichir encore plus en finançant les entreprises moyennes, trop grosses pour la bourse d’un Business Angel, trop petites pour le financement institutionnel (OSEO, banques etc.)

    • « je préfèrerais que l’auteur (polytechnique + ENA + dirigeant d’entreprise + créateur de think tank, et j’en passe) utilise ses incontestables facultés intellectuelles à proposer des pistes pour sortir de cette situation. »

      @fm06: lire la dernière phrase de la présentation de l’auteur !

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