Agriculture : un secteur en pleine mutation

Lelou-Labour à l'ancienne(CC BY 2.0)

L’innovation peut être la solution pour l’avenir de l’agriculture.

Par Gaël Jeanson
Un article de Trop Libre

Lelou-Labour à l'ancienne(CC BY 2.0)
Lelou-Labour à l’ancienne(CC BY 2.0)

 

Secteur traditionnellement majeur de l’économie française, l’agriculture est actuellement en pleine crise. Elle n’échappe néanmoins pas aux innovations. C’est d’ailleurs sûrement sa mutation qui permettra d’assurer son avenir…

Un secteur qui pèse, en France comme en Europe

La France compte aujourd’hui 515 000 exploitations agricoles, répondant de 849 000 emplois directs, auxquels on peut ajouter 415 000 indirects dans l’industrie agroalimentaire, principalement. La France se place ainsi en tête des pays producteurs et exportateurs européens. Il en est de même en Europe puisque l’on estime à 25 millions le nombre de personnes travaillant dans l’agriculture au sein de l’Union Européenne (auxquels s’ajoutent 46 millions dans le secteur agroalimentaire).

L’agriculture en France, entendue largement comme l’ensemble des activités directes ou en lien avec le secteur, pèse donc encore énormément. En 2010, on estime à 3,1% la contribution au PIB du secteur agricole (industrie agroalimentaire et agriculture). Le secteur est en outre l’un des rares à être en excédent commercial ; en témoigne l’excédent record de 11,9 milliards d’euros en 2011.

Un secteur en danger

Néanmoins, si l’agriculture est un secteur primordial, il n’échappe pas aux difficultés.

La concurrence des pays émergents (tels que l’Inde ou le Brésil), capables de produire à coûts moindres, tire la compétitivité des produits européens à la baisse. Dans cette nouvelle configuration internationale, le modèle familial des petites exploitations aux productions morcelées ne semble plus être à même de répondre aux impératifs de la mondialisation. Ainsi l’avenir semblerait résider davantage dans des concentrations agricoles de plus grande taille permettant davantage de compétitivité, comme en témoigne la croissance des coopératives agricoles, vouées peut-être elles-mêmes à devenir des producteurs agricoles. Par ailleurs, si la Politique Agricole Commune a permis à l’Europe d’accéder à son indépendance agricole, celle-ci est de plus en plus remise en cause au motif de maintenir sous perfusion un secteur moribond.

À ces alarmes s’en ajoute une autre : celle d’une maturité des marchés nationaux. Sauf en cas de nouveaux débouchés à l’export, la croissance ne semble plus pouvoir augmenter sur ces marchés du fait d’une saturation de la demande.

Ainsi face à ces nouveaux défis, il apparait primordial et urgent de se tourner vers le monde. Pour y être compétitif, la France et l’Europe doivent développer des avantages comparatifs hors-prix.

L’avenir dans les produits à forte valeur ajoutée

Si l’avenir des produits à faible compétitivité semble terne, exception est faite du lait. C’est ce qu’affirmait récemment le Commissaire européen à l’Agriculture Phil Hogan : « la fin des quotas ne devrait pas juste être perçue comme une menace, […] mais une opportunité ». L’industrie européenne semble en effet vendre avec succès ses produits laitiers sur les marchés émergents (notamment asiatiques), prédisant un avenir post quota optimiste pour des producteurs auparavant limités par ces derniers.

L’avenir semble, de manière générale, davantage résider dans les produits à forte valeur ajoutée. Le savoir-faire comme l’image culinaire et gastronomique français sont des arguments incontestables pour l’exportation. Ainsi, les produits plus ‘haut de gamme’ comme les fromages rencontrent un très fort succès à l’export. Par ailleurs, la demande pour ces produits (marchés sur lesquels les pays émergents sont moins présents) semble devoir aller croissante à l’avenir.

Le rôle de l’innovation

Contrepoints824 - Agriculture en mutation - René Le HonzecL’innovation peut être la solution pour l’avenir de l’agriculture. Permettant de faire plus avec moins, une agriculture à la pointe de la technologie constitue une intéressante piste d’avenir. Mais afin d’accoucher d’innovations adaptées aux besoins agricoles, la recherche doit être davantage développée en « co-construction » afin d’éviter des approches descendantes dans lesquelles les solutions apportées sont peu en adéquation avec les problèmes posés.

Quelques exemples d’innovation sont déjà offerts à notre inventaire aujourd’hui. C’est le cas de la chimie végétale (ou « verte ») qui, jusque-là utilisée pour les vêtements ou les médicaments, dont l’application pourrait aujourd’hui s’étendre à la fabrication de détergents, solvants ou cosmétiques sans produits de synthèse. D’autres innovations, tels que les « puits de carbone » permettant d’augmenter la capacité d’absorption naturelle de CO2, ou encore le guidage GPS des outils agricoles permettant une meilleure application des traitements agricoles, sont d’autres exemples d’innovations permettant à l’agriculture de répondre aux défis de demain.


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