Donald Trump, homme nouveau ou matador éphémère ?

Donald Trump (Crédits : Gage Skidmore, licence CC BY-SA 2.0), via Flickr.

Donald Trump impose un style incisif et sans concession mais il commet des erreurs.

Par Frédéric Strack
Un article de Trop Libre

Donald Trump credits Gage Skidmore via Flickr ( (CC BY-SA 2.0)
Donald Trump credits Gage Skidmore via Flickr  (CC BY-SA 2.0)

 

Un homme qui parle haut et fort

Parmi la longue liste des candidats –17 à ce jour– à l’investiture républicaine, en vue de l’élection présidentielle américaine de 2016, un homme attire l’attention : Donald Trump. L’homme d’affaires de 69 ans se veut en effet franc et percutant et revendique une liberté de parole, bien loin de la « political correctness » dont souffrent selon lui les États-Unis. Son slogan de campagne est tout aussi éloquent : il arbore fièrement sur sa casquette rouge « Make America great again ». Ainsi, au début de l’été, il donne une conférence de presse à Laredo, au Texas, près de la frontière mexicaine, où il s’illustre en promettant la construction d’un mur censé tarir l’immigration en provenance du Mexique. Il fait preuve de la même radicalité dans son rapport au GOP, le parti républicain : il est effectivement le seul des 17 candidats à avoir refusé, avant de se raviser, de soutenir le candidat républicain afin de se réserver la possibilité de présenter une candidature indépendante s’il n’obtient pas l’investiture.

Cette verve, Donald Trump la tourne aussi allègrement contre ses adversaires. Il tient par exemple Hillary Clinton, candidate démocrate, pour le symbole d’une bureaucratie impuissante et des joutes politiciennes de Washington (il n’hésite pas à parler à son sujet de « terrific woman »). Ces concurrents pour l’investiture républicaine ne sont d’ailleurs pas à l’abri de ses piques. Il reproche ainsi à Jeb Bush, ancien gouverneur de Floride, de s’être exprimé en espagnol devant les médias américains.

Les journalistes eux-aussi font les frais des attaques de Donald Trump. Lors du débat organisé par Fox News, rassemblant les dix candidats les mieux placés dans les sondages, une brève mais violente altercation l’oppose à la journaliste Megyn Kelly. Alors qu’elle l’interroge sur son rapport aux femmes, il l’attaque sur son attitude, qu’il juge hostile. Le lendemain, il déclare lors d’un entretien à CNN : « She had blood coming out her eyes, blood coming out of her … wherever ». Ces propos ont évidemment déclenché une nouvelle polémique.

Mais une stratégie jusque-là peu efficace

En dépit de l’énergie qu’il déploie dans cette campagne, force est de constater que la route est encore longue pour Donald Trump. Il fait certes la course en tête au sein des Républicains, devançant d’au moins 15 points ses principaux rivaux, mais il peine pour l’heure à convaincre une majorité de l’électorat américain : 59% des sondés ont encore une opinion défavorable du matador, malgré une augmentation de 6 points des opinions favorables. En réalité, ses positions dans le débat restent singulières, et laissent présager une certaine difficulté une fois la primaire républicaine passée : Donald Trump polarise l’électorat américain, en faisant le plein des voix parmi les Blancs, mais accusant un retard conséquent parmi les Noirs Américains et les Latino-Américains. En outre, les 18-29 ans le désapprouvent dans leur grande majorité. Il ne s’agit bien sûr là que de sondages, mais au moins permettent-ils d’envisager les enjeux à venir pour le potentiel candidat républicain.

Sur le web