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La déflation c’est maintenant !

Publié le 28 août 2015
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Par Serge Federbusch.

chine rené le honzecLe phénomène de yo-yo qui affecte les marchés financiers a atteint des amplitudes extrêmes ces jours derniers. Les « investisseurs » sont drogués aux taux d’intérêt artificiellement bas que fournissent ces étranges dealers que sont devenues les grandes banques centrales. Il a suffi que quelques maxi boursicoteurs jugent soudain que la chute brutale du marché des actions allait contraindre la Fed et la Banque de Chine à maintenir leur politique d’argent facile et le rebond est apparu comme par enchantement. Mais, de la même manière que les arbres ne montent pas jusqu’au ciel, les autorités monétaires ne peuvent maintenir indéfiniment une situation où l’épargne n’est plus rémunérée. Dans un monde où baissent l’ensemble des prix et des taux d’intérêt, il n’est guère étonnant que celui des actions finisse un jour par être touché. La surprise vient plutôt de l’étonnement des commentateurs et de certains opérateurs de marché.

Car la chute de la bourse de Shanghai n’est pas la simple correction d’une exubérance irrationnelle s’étant emparée de ce marché depuis un ou deux ans. Le problème de l’économie chinoise est double et il est devenu planétaire.

D’une part, les statistiques, comme une grande partie de l’économie financière de l’Empire du milieu, sont truquées par un parti-État qui veut afficher des bonnes nouvelles afin de tromper les agents économiques et créer ainsi la réalité qu’il souhaite. On ne connaît donc pas précisément la situation réelle de la Chine. Cela peut faire passer les investisseurs de l’euphorie au malaise puis à la panique en un temps très court.

D’autre part, ce qui est certain, c’est que l’économie chinoise est extrêmement dépendante des exportations et, malgré certains progrès, peu innovante au regard de la place qu’elle a prise dans les échanges mondiaux. Elle a conquis des parts de marché par la compétitivité-prix sans guère apporter au monde de progrès technique notable. Mais une économie plus inventive implique une société plus libre. Le rattrapage ne peut être qu’économique, il doit être aussi démocratique. Et c’est ici que le rôle du parti-État, longtemps bénéfique à la croissance, devient désormais un obstacle. On va bientôt reconsidérer Tien An Men et les événements de 1989.

Au fond, le grand paradoxe du capitalisme mondial de ces trente dernières années est qu’il reposait trop sur l’efficacité d’une bureaucratie chinoise officiellement communiste qui agissait surtout comme une sorte de super conseil d’administration d’un régime autoritaire. La Chine a servi de gigantesque machine à comprimer les coûts de production. En réaction, les États nations qui le pouvaient ont protégé leurs citoyens électeurs en laissant filer les dettes et la création monétaire tout en bénéficiant de cette arrivée massive de produits à bon marché.

Autrefois, les États-Unis assuraient à la fois un rôle de promotion des innovations techniques et de relance contra-cyclique quand la demande planétaire flanchait. La Chine ne fait suffisamment ni l’un ni l’autre et c’est cette alternative qui fait défaut. Le yo-yo boursier va donc se poursuivre et le vrai krach n’a pas encore été ressenti. Il le sera quand les opérateurs de marché réaliseront que les banques centrales ne sont définitivement pas de taille à régler ce déséquilibre.

Du reste, le meilleur indice de la gravité de la situation est que notre président s’est déclaré « confiant » avec son sûr instinct économique : « Les autorités chinoises […] ont les moyens d’agir, et la croissance chinoise, même si elle continue de ralentir, reste à un niveau particulièrement enviable. » Il n’en rate décidément pas une !

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Créer un compte Tous les commentaires (11)
  • « Autrefois, les États-Unis assuraient à la fois un rôle de promotion des innovations techniques et de relance contra-cyclique quand la demande planétaire flanchait.  »

    C’est le cas : croissance de 3,7% en rythme annuel au second trimestre, les innovations sont partout (Uber, AirBNB, Google, Facebook, imprimantes 3D..) mais si quasi toute la planète va mal le pays peut difficilement soutenir tout ce beau monde, surtout pour les producteurs de matières premières car les USA ont beaucoup moins besoin d’eux. C’est à l’Europe de se lever et se dynamiser.

    • Les innovations qui comptent ne sont pas Uber, AirBNB, Google, Facebook, ou les imprimantes 3D, Si ces machins ont un succès planétaire, aucun ne booste la production de richesses pour d’autres que pour leurs dirigeants.La plus grande innovation des 20 dernières années est pour moi la clé USB, qui, elle, a des effets visibles sur la productivité de chacun. La clé USB est une invention américano-israélo-singapouro-sino-malaiso-taiwanaise (j’en oublie certainement), qui prouve que le concept de rattachement d’une innovation à une nation est complètement dépassé.

      • Faux. Ces innovations facilitent la vie, favorise la naissance de nouveaux phénomènes, facilitent la communication..

      • Une innovation compte si elle permet de baisser les couts d’une production donnée.
        http://www.contrepoints.org/2015/08/24/219044-linnovation-ca-sert-dabord-a-reduire-les-prix
        Ou, symétriquement (ça revient au même), si ça permet une production nouvelle plus importante pour le même coût
        Est-ce que Uber, AirBNB, Google, Facebook, ou les imprimantes 3D ont cet effet ?
        Clairement oui.
        Uber démocratise le transport, AirBnB le logement, Google l’accès à l’information, Facebook l’accès à la publicité etc.

        • Je suis d’accord avec votre définition, et pas avec vos conclusions. Uber ou AirBnB ne permettent que d’échapper à la taxation et aux contraintes étatistes, pas de bénéficier d’un gain de productivité. Google ne réduit pas le prix de l’information, il n’est pas utile dans la production de quoi que ce soit. Mettre son profil sur Facebook remplace avantageusement les petites annonces matrimoniales du Chasseur Français, ça n’est pas non plus une révolution dans la production de biens et de services. Les imprimantes 3-D, ce sont juste une technique de fabrication connue depuis la fabrication de pots en colombins, nullement non plus une révolution dans les coûts de production.

          • « Google ne réduit pas le prix de l’information »
            C’est vous qui le dites.
            D’apres mon experience, une petite recherche sur le google est bien plus rapide pour trouver une solution a un probleme informatique que rechercher sur un wiki, ou un bouquin. Donc oui, il reduit le prix (mon temps de travail) de l’information.

            Quant a Facebook, dans mon travail, il ne me sert pas. Mais je pense qu’il sert a d’autres (marketing?). Google ne sert a rien pour un ouvrier sur une ligne de production, mais pour un developpeur logiciel, c’est une mine d’or.
            Meme chose pour les imprimantes 3D: pour le quidam (a qui l’on fait rever d’imprimer sa prochaine voiture chez lui, tout seul) cela reste un hobby. Pour le professionnel du design, c’est un outil tres interessant permettant de raccourcir le temps entre l’idee et sa concretisation, et donc de reduire les couts (probablement pas de production mais bien de design/prototypage).

          • Hayek (Tendance Salma)
            29 août 2015 at 15 h 54 min

            je n’ai pas d’avis tranché mais je m’interroge aussi sur ce que signifie Uber, Air B’n’B etc… dans les années qui ont précédé l’effondrement du système soviétique, il était fréquent de trouver beaucoup de gens qui démarchaient touristes et visiteurs pour des service du style taxi et hébergement justement, tout particulièrement en Russie. Et l’univers contraignant et hyper-étatiste de ces sociétés n’est pas à démontrer n’est-ce-pas? Alors je me pose des questions, Uber et tout le tintouin, je trouve ça très bien mais, signe de vigueur ou de déliquescence? Je ne sais pas

      • Je suis d’accord avec vous pour Uber, Airbnb et facebook, ils enrichissent surtout leurs propriétaires. Je le suis moins pour google (même si c’est essentiellement un vendeur de pub, son moteur de recherche a révolutionné l’usage d’Internet) et encore moins pour l’imprimante 3D (qui, à mon avis a le potentiel de générer des innovations dont nous n’avons même pas l’idée aujourd’hui) qui n’en est qu’à ces balbutiements.

    • Qu’est ce que Facebook fait dans cette liste ?
      Ce réseau social est surtout générateur d’addictions, de dépressions et de repli sur soi.
      Je ne compte plus le nombre de gens qui se plaignent que ça leur prend trop de temps, que la vie des autres est meilleure que la leur (effet pervers du marketing de soi) et qu’ils n’arrivent pas à s’en passer.

      • On a observé la même chose (et les mêmes récriminations !) avec le téléphone, les livres (C’est le pitch de « don Quixotte » !), les journaux, la radio, la télévision, et internet avant facebook.

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