L’innovation, ça sert d’abord à réduire les prix

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walmart by Mike Mozart(CC BY 2.0)

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L’innovation, ça sert d’abord à réduire les prix

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 24 août 2015
- A +

Par Philippe Silberzahn

walmart by Mike Mozart(CC BY 2.0)
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Une conception très répandue de l’innovation est qu’elle consiste à créer de nouvelles offres ou de nouvelles méthodes. Dans le management de l’entreprise, il y aurait donc le domaine noble, celui de l’innovation, et le domaine de l’intendance, celui de la réduction des coûts. Rien n’est plus faux. L’un des apports fondamentaux du système capitaliste consiste à innover pour réduire les coûts, et donc les prix.

Pour reprendre ce que disait Schumpeter dans son monumental Capitalisme, Socialisme et Démocratie, la force du système capitaliste ce n’est pas l’innovation ; d’autres civilisations et d’autres systèmes politiques ont innové également dans certains domaines (par exemple, l’URSS dans les technologies de l’espace). La vraie force du système capitaliste c’est de démocratiser l’innovation en la rendant accessible au plus grand nombre à la fois par la logistique qu’il met en œuvre mais aussi et surtout par la baisse continue des prix que son efficacité induit.

Le symbole du système capitaliste, ce n’est donc pas tant la startup que Wal-Mart, le supermarché low-cost dont on estime qu’il permet chaque année aux Américains d’économiser 50 milliards de dollars. Ce n’est pas rien pour ceux qui veulent boucler un budget chaque semaine. Schumpeter résume ainsi l’argument :

« Le moteur du système capitaliste est avant tout un moteur de production de masse, ce qui signifie production pour les masses. Ce qui est typique de la production capitaliste, c’est le tissu à bas prix, le coton à bas prix, ainsi que les bottes, les voitures, etc. et non des améliorations qui profitent aux plus riches. La reine Elizabeth avait des bas en soie. Le succès du système capitaliste ne consiste pas à lui en fournir plus, mais à les rendre accessibles aux ouvrières. »

Contrairement à ce qu’estime The Economist dans son remarquable article « The Silence of the Mammon », je ne pense pas que défendre ce système au nom de la formidable création de richesse qu’il permet, et surtout de sa capacité à rendre accessible au plus grand nombre des biens et des services, soit une forme d’apaisement envers ses détracteurs. Au contraire, c’est s’appuyer sur sa force sans prétendre lui faire endosser d’autres responsabilités.


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