Paris 2024 : la capitale va-t-elle encore perdre les JO ?

Après 2008 et 2012, la capitale sera-t-elle prête pour les JO de 2024 ?

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Paris 2024 : la capitale va-t-elle encore perdre les JO ?

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 21 août 2015
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Déjà candidate malheureuse en 2008 et en 2012, la ville de Paris espère se rattraper avec les Jeux Olympiques de 2024. Un rêve qui ne verra peut-être jamais le jour alors même que des soupçons de manipulations politiques planent sur le dossier parisien.

Par Jordan Badont.

Jeux olympiques rené le honzecVendredi 31 juillet dernier, les 85 membres du Comité international olympique (CIO) se sont réunis à Kuala Lumpur et ont choisi Pékin pour l’organisation des Jeux olympiques d’hiver 2022, sous l’œil attentif de nombreux pays, parmi lesquels la France. Jean-Christophe Rolland (président de la fédération internationale des sociétés d’aviron), Jean-Michel Brun (secrétaire général du CNOSF), Étienne Thobois (directeur général de l’association « ambition olympique et paralympique »), mais aussi les deux membres français du CIO, Guy Drut et Tony Estanguet, ainsi que Bernard Lapasset, le patron de la candidature, également président de World Rugby ; les Français impliqués dans la candidature parisienne sont venus en nombre. Ceci avec un but bien précis en tête : tâter le terrain, à deux ans du vote du CIO pour l’organisation des Jeux olympiques d’été 2024, pour lesquels la ville de Paris est candidate.

Bernard Lapasset l’a confirmé : « on a besoin d’écouter […] Il faut entrer dans une logique de projet qui doit nous porter vers ce qui a été présenté aujourd’hui ». Cette session du CIO était en effet la dernière avant l’été 2017, période durant laquelle le Comité choisira la ville hôte des JO 2024. Et à ce titre, elle était également la dernière occasion pour les organisateurs du dossier parisien de voir quelle voie emprunter pour la candidature de la capitale.

Paris avance en effet en eaux troubles depuis plusieurs semaines. Le dossier de candidature doit être rendu au plus tard le 15 septembre et il reste encore à la capitale française une étape primordiale pour finaliser son dossier : l’organisation des épreuves nautiques, la ville ne disposant d’aucun plan d’eau suffisant pour accueillir les épreuves de voile. Six sites se portent aujourd’hui candidats : Marseille, La Rochelle, le Morbihan, Brest, Le Havre et Hyères. Ces derniers seront départagés le 8 septembre, mais déjà de nombreuses rumeurs de copinage et autres manipulations politiques courent dans les médias.

Turbulences politiques à La Rochelle : le dossier parisien en danger

C’est confirmé depuis fin juillet. Sur les six sites candidats, trois sont sortis du lot lors des visites du Comité Ambition Olympique et Paralympique courant juillet. Une commission s’est réunie le 22 juillet dernier et a en effet choisi les finalistes pour l’accueil des épreuves nautiques : par ordre de préférence, La Rochelle, Marseille et le Morbihan. Tout porte ainsi à croire que La Rochelle va, pour la troisième fois, concourir auprès de Paris pour l’organisation de Jeux olympiques. Une première place qui, si l’on en croit les rumeurs persistantes depuis plusieurs mois, est loin d’être le fruit du hasard.

Elle serait plutôt le résultat de plusieurs mois d’intense lobbying et de manipulations politiques qui pourraient bien mettre à mal la candidature parisienne, centrée pour la première fois sur le concept d’esprit sportif et rejetant tout aspect politique dans les médias. Il semblerait en effet que l’avance de La Rochelle n’ait rien à voir avec la beauté de son site, mais bel et bien avec de petits arrangements politiques effectués par le Parti Socialiste afin de s’organiser, non pas pour les JO, mais pour les élections présidentielles de 2017.

Si François Hollande, et plus largement le PS, veut convaincre les Français en 2017, il va d’abord falloir qu’il montre qu’il est capable de fédérer au sein même de son parti. Et quelle meilleure façon de faire que de montrer une réconciliation entre deux des femmes les plus importantes du parti, à savoir Anne Hidalgo et Ségolène Royal, dont les différends ne sont un secret pour personne. Une entreprise aujourd’hui possible grâce à la candidature de La Rochelle pour les épreuves nautiques des JO 2024.

Figurent en effet d’un côté la maire de Paris, dont le pouvoir décisionnaire dans le dossier Paris 2024 n’est pas à négliger, et de l’autre Ségolène Royal, qui ne cache pas son désir de consolider sa position dans son fief historique, la région Poitou-Charentes. Une trêve historique entre les deux femmes qui ferait bel et bien les affaires du PS. À cela, s’ajoute le conflit d’intérêts évident entre Claire Fountaine, Vice-président de la Fédération Française de Voile chargée du haut niveau, et son mari, Jean-François Fountaine, qui n’est autre que le maire de La Rochelle.

Autant de soupçons de copinage qui donnent à la première place de La Rochelle dans cette compétition comme un arrière goût amer. D’autant que la ville a déjà été deux fois sélectionnée aux côtés de Paris pour l’organisation des épreuves nautiques. Deux tentatives de la capitale qui se sont soldées par un échec.

La présence trop forte d’hommes et de femmes politiques dans des dossiers supposés être centrés sur le sport a fait perdre Paris en 2008 et en 2012. Finalement, c’est aujourd’hui une occasion en or pour la capitale de montrer que le fameux adage « Jamais deux sans trois », aussi célèbre soit-il, ne se vérifie pas toujours.

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  • On peut compter qu’une candidature, c’est au moins 100 millions de dépensés en petits arrangements entre bureaux d’études amis de lobbying et de promotion, 100 millions sur lesquels il n’y a le regard d’aucune cour des comptes. Et si on a la chance d’échouer, on peut même remettre le couvert 4 ans plus tard.

    • tant qu’à faire, mieux vaut dépenser 1 fois tous les 4 ans 100 millions et échouer à avoir l’honneur de dépenser 10 milliards plutôt que de ne dépenser qu’une fois 100 millions et devoir ensuite dépenser les 10 milliards.

      • 10 milliards, j’en rêve ! Malheureusement l’inflation est la’regle dans ce domaine, et ce serait une performance phénoménale de contenir les coûts à ce point.

    • 100 millions, c’est une bricole comparés à l’investissement pour les infrastructures (24 milliards pour les jeux d’hiver de Sotchi) avec forcément des retombées énormes sur le contribuable. Le tout en exaltant les magnifiques valeurs de l’olympisme, alors que la plupart des participants sont chargés comme des mules et que tousles bidules anti dopage détournent la tête pour ne rien voir.
      Pour moi non merci ! Je souhaite que les jeux aient lieu a l’autre bout du monde.

  • Le fief historique de Ségolène Royal n’est pas la Charente maritime, où elle a subi une cuisante défaite aux précédentes législatives (à La Rochelle justement), mais les Deux-sèvres (Niort), département voisin de la même région de Poitou-Charentes. Elle y a été député pendant de longues années avant de devenir présidente de la Région Poitou-Charentes. Sachant en plus qu’elle ne se présente pas (aux dernières nouvelles) pour la nouvelle grande région au profit de l’actuel président de l’Aquitaine, le reste de l’argumentaire dénonçant un supposé copinage tombe un peu à plat…
    Je ne commente pas sur les Fountaine car je ne suis pas assez au fait, mais je note que rien n’indique, dans l’article, que Claire Fountaine fasse partie du comité chargé de la candidature et est donc vraiment à même d’influencer le choix. Il ne faut pas non plus voir le mal partout et il vaudrait mieux faire porter votre argumentaire sur les raisons pour lesquelles, techniquement, les autres candidats pourraient être meilleurs que La Rochelle.

    • Très faiblard sur Sego, votre commentzire. Carrément idiot sur les Fontaine. Encore beaucoup de travail pour atteindre la moyenne.

      • C’est tellement faiblard que l’auteur de l’article a, discrètement, corrigé son texte en parlant de consolider sa position dans son fief de Poitou-Charentes au lieu de la Charentes-Maritime initial.
        Et ce n’est pas fontaine mais fountaine, avec un « u ». On voit bien que vous n’êtes pas du coin, vous ! M. Fountaine n’a jamais été trop en odeur de sainteté vis à vis du PS et encore moins vis à vis de Mme Royal. Donc l’hypothèse de lui faire plaisir me parait légère. En plus, Mme Royal n’a plus l’air d’avoir grand chose à défendre en Poitou-Charentes vu les déculottés prises par le PS dans plusieurs bastions de la Région aux dernières municipales, et sa défaite personnelle à La Rochelle (aux législatives) face à un type du même bord politique.

        Que je sache, en 2002/2003 (date de la sélection de sites pour le projet de candidature pour les JO 2012 si je me base sur le calendrier actuel de ceux de 2024), M. Fountaine n’était pas maire de La Rochelle. Cela n’a pas empêché la Ville d’être retenue. Je ne pense pas que les raisons soient vraiment celles exprimées en creux dans l’article, sinon ca ne ferait pas la 3ème fois d’affilé que ce site serait retenu.

        Si vous voulez mon avis, les raisons sont plus prosaïques : Marseille est trop sulfureux pour Paris, Vannes (Morbihan) et Le Havre sont trop à droite, sans parler de Hyères. Il reste donc Brest (loin) et La Rochelle avec laquelle le dossier est déjà prêt et bien rodé depuis le temps.

        Et objectivement, pour être pratiquant de sport nautique, je peux dire que La Rochelle a de vrais bons arguments : bonnes infrastructures portuaires, bonne accessibilité, culture marine indéniable et l’habitude de recevoir du monde (francofolies par exemple) couplé à une bonne capacité hôtelière. Les sites du morbihan sont beaux et intéressants, mais l’accessibilité est un peu moindre par exemple.

        Au moins, je ne me contente pas de distribuer les bons points : j’argumente.

  • Les premières victimes des JO à Paris seraient les Franciliens eux mêmes, devant supporter pour qq semaines de fiesta en 2024 (tout écroulement mis à part…) des années de travaux ajoutant du bazar au bazar permanent de l’ IDF. Quant aux retombées touristiques, c’est du pipeau puisque Paris ne manque déjà pas de visiteurs du monde entier pour devoir en venir à du racolage…

  • Tant mieux. Que ceux qui veulent de ces JO les paient.

    Fait marrant : la Grèce a organisé les JO en 2004 et est en faillite depuis 2009.
    Si la France organise les JO en 2024, fort à parier qu’on sera en faillite avant 2029 … Si les communistes du FN passent en 2022, je parie même qu’on le deviendra bien avant …

  • Échouer? Mais j’espère bien. La France est fauchée, elle irait prendre le pognon où, dans la poché des CONtribuables dites – moi?

  • A la question :la capitale va-t-elle encore perdre les JO ? je répond oui et cela sera un bien grand salut pour la France , car j’ai autre chose à faire que de payer les orgies de dépenses publiques des élites politico-économiques Parisiennes pour environ 30 ans (souvenir des JO de grenoble!)?
    les habitants de Boston l’ont bien compris et ont retirer à temps leur candidature pour éviter d’être siphonné par la pompe à fric publique qu’est le CIO?
    Allez priez pour que Paris perde ces jeux, pour sauver les dépenses publiques nationales (car ne vous y trompez pas tous les français devront payer ces JO pas uniquement l’IDF – Dette publique de Paris est de 456 million € en 2014 – qui sont chiffrés à minima pour 20 Md€ )

  • Les socialistes qui ont tout réussi depuis 2012, sont le meilleur espoir de ne jamais avoir les jeux à Paris, et çà c’est la meilleure nouvelle de la soirée. C’est dommage pour la France qui est sur la trajectoire de la Grèce, et le petit coup de pouce de la facture des jeux… Non, ils arriveront quand même à nous ruiner.

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