Les États-Unis premier producteur mondial de pétrole

oil well pump jacks-Richard Masoner(CC BY-SA 2.0)

Les États-Unis ont détrôné l’Arabie Saoudite en reprenant le leadership mondial de l’extraction d’or noir. Le gaz de schiste n’est pas étranger à ce succès.

Par Fatoumata Cissé
Un article de Trop Libre

oil well pump jacks-Richard Masoner(CC BY-SA 2.0)
oil well pump jacks-Richard Masoner(CC BY-SA 2.0)

 

Le mois de juin a été marqué par l’évolution de la géopolitique énergétique dans le secteur du pétrole et du gaz. En effet, les États-Unis ont détrôné l’Arabie Saoudite en reprenant le leadership mondial de l’extraction d’or noir. D’après une étude faite par British Petroleum (BP), les États-Unis auraient produit environ « 2,1 millions de barils par jour » en 2014, ce qui leur a permis de devancer l’Arabie Saoudite et la Russie. C’est la croissance la plus importante (« plus 1,6 million de barils par jour ») jamais répertoriée par le géant britannique ; elle a été permise par l’exploitation du gaz de schiste.

Le classement s’est aussi inversé du côté des plus gros consommateurs, avec la Chine qui en prend la tête, du fait de l’augmentation de sa demande de « 390 000 barils par jour », même si elle consomme de moins en moins compte tenu de « l’essoufflement économique » qu’elle traverse.

Malgré la forte baisse du prix du baril (« environ 60 dollars »), l’exploitation du schiste est très rentable pour les producteurs américains et leur nation ; grâce notamment aux prouesses techniques en matière d’extraction, et à l’ajustement de l’offre par rapport à la demande. Ainsi, de nombreuses innovations se sont développées autour de l’exploitation de ce gaz « non conventionnel », avec l’utilisation des techniques de forage horizontal et de fracturation hydraulique.

Ces procédés ont des coûts de moins en moins élevés grâce aux économies d’échelle réalisées dans ce domaine. « La fracturation consiste à fracturer (ou plutôt à fissurer) la roche en y injectant sous très forte pression un fluide à base d’eau contenant du sable et des additifs ». Ensuite, du gaz de schiste est extrait pour l’élaboration de gaz énergétique, et de l’huile de schiste pour le pétrole.

Par ailleurs, les producteurs ont su s’adapter à la demande mondiale et au prix du marché en réduisant leur main-d’œuvre. Cependant, le marché du travail dans ce secteur se porte de mieux en mieux, il suffit de visiter le Dakota du Nord ou le Texas pour le constater. Reste à savoir si ce regain s’effectuera sur le long terme, car le prix du baril ne pourra pas rester plus longtemps à ce niveau, et les externalités négatives engendrées par ce processus d’exploitation commencent à prendre de l’ampleur.

La loi du plus fort

L’extraction par fracturation hydraulique constituerait un danger pour l’environnement, car elle rejetterait environ « 750 produits chimiques », dont le méthane ou des composants radioactifs. Puis, il est nécessaire d’avoir à sa disposition un volume d’eau conséquent, « de 15 à 20 millions de litres d’eau pour un forage ». D’autant plus que les nappes phréatiques sont polluées, ce qui mène à de néfastes conséquences pour l’homme (développement de maladies respiratoires) et pour le secteur agricole.

Toutefois certains pays européens (Pologne) se sont laissé convaincre par la démonstration novatrice des exploitants américains. Il ne reste plus qu’à voir qui a eu raison ou non de se lancer dans la production des gaz de schiste…


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