#TelAvivSurSeine : l’extrême-gauche s’affole

bac à sable credits Guitguit via Flickr ( (CC BY-NC-ND 2.0)

#TelAvivSurSeine : la polémique gauchiste de l’été !

Par le Parisien libéral.

bac à sable credits Guitguit via Flickr (  (CC BY-NC-ND 2.0)
bac à sable credits Guitguit via Flickr ( (CC BY-NC-ND 2.0)

Alors, même au cœur de l’été, et même sur une opération aussi anodine que Paris-Plages, il faut que l’extrême-gauche, celle qui a voté pour le président Hollande, et celle qui gouverne partiellement avec Anne Hidalgo à Paris, se préoccupe de combats hors-sujet ?

La ville de Paris, qui organise la célèbre opération « Paris-Plages », à ne pas confondre avec Paris-Plage, depuis 1882, a décidé cette année, non pas, une fois de plus, de faire place nette en expulsant les SDF des berges de Seine (eh oui, c’est ça aussi, la gauche), mais de s’associer à la ville de Tel-Aviv, dans le cadre des partenariats ponctuels que la mairie est amenée à signer.

Face à ce partenariat, l’extrême gauche parisienne s’est réveillée. Elle qui est traditionnellement un « soutien » de la « cause palestinienne » ne supporte pas l’idée que la ville de Paris puisse, d’une manière ou d’une autre, donner l’idée qu’une institution française légitime la politique israélienne. Oui, vous avez bien lu, dire « I love Tel-Aviv », c’est cautionner le sionisme (qui est, au passage, né à gauche), la lutte d’Israël contre le terrorisme1 ou les exactions que Tsahal aurait pu être amenée à commettre. Lisez la tribune de Julien Salingue, docteur en science politique et membre du NPA, par exemple, celle de Madjid Messaoudene, conseiller municipal délégué à Saint-Denis (93) et militant du Front de Gauche ou les propos d’Alexis Bachelay, député socialiste des Hauts-de-Seine.

La réponse d’Anne Hidalgo face à ses détracteurs est tellement symbolique des contradictions de cette gauche française ultra communautariste. Lisez plutôt la tribune publiée par Le Monde :

« Dans le contexte enlisé et violent du conflit israélo-palestinien, Tel-Aviv reste une ville ouverte à toutes les minorités, y compris sexuelles, créative, inclusive, en un mot une ville progressiste, détestée à ce titre en Israël par tous les intolérants. C’est à Tel-Aviv qu’ont eu lieu les manifestations de solidarité les plus impressionnantes avec la famille de l’enfant palestinien brûlé vif par des fanatiques. »

C’est d’un risible.

C’est vrai que Tel-Aviv est une ville festive, une ville balnéaire, et une ville gay-friendly. Mais cette façon de juger de la sociologie de Tel-Aviv à l’aune des problématiques internes au Parti Socialiste français est tout bonnement ridicule. Si Anne Hidalgo juge les mœurs de Tel-Aviv tellement attractives, pourquoi ne demande-t-elle pas immédiatement la légalisation de la gestation pour autrui (légale chez nos amis Israéliens) ? Quand le progressisme est à géométrie variable…

De plus, le Parti Socialiste français est surtout, sur le sujet de la question israélo-palestinienne comme sur d’autres, prisonnier de ses contradictions internes. Il y a quelques années, quand l’actuel Premier ministre français n’était que le maire de la ville d’Évry, il était un fervent soutien de la cause palestinienne. La ville d’Évry, connue pour son apparent « manque de white, de blancos » (si on en croit son ex maire…), valait bien cela.

Aujourd’hui, il se présente comme l’ami éternel d’Israël et soutient notamment Anne Hidalgo dans son opération Tel-Aviv Sur Seine. Et pour soutenir ce partenariat, l’État n’hésite donc pas à mobiliser des centaines de policiers, en pleine période de restrictions budgétaires et de mobilisation des forces de sécurité contre l’insécurité.

Simplement, en attendant que le Parti Socialiste prenne conscience de ses contradictions et dénonce également le discours de haine tenu par l’extrême gauche, comme il le fait à l’encontre de l’extrême droite, osons deux questions simples. D’une part, pourrait-on faire le bilan financier et le bilan carbone de l’opération Paris-Plages, puis demander leur avis aux citoyens et contribuables parisiens afin de savoir s’ils sont pour ou contre le maintien d’habillage par Anne Hidalgo d’une pratique qui existait depuis des années, à savoir l’usage estival des berges par les Parisiens et les touristes ?

D’autre part, est-ce le rôle de la mairie de Paris que de se mêler de questions diplomatiques, ou bien Anne Hidalgo devrait-elle concentrer ses efforts sur ce pour quoi elle a été désignée ? Il parait que Paris a quelques problèmes de budget, ainsi que de propreté

Sur le web

  1. Un mot ambigu puisque les résistants français contre l’occupant national socialiste, entre 1940 et 1944, étaient qualifiés de terroristes.
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