Réguler les loyers à Paris, refuser le réel

3 singes sages credits Andre Mancini (licence creative commons)

Réguler les loyers… Il faut vraiment être très loin du réel pour avoir une idée pareille.

Réguler les loyers… Il faut vraiment être très loin du réel pour avoir une idée pareille.

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3 singes sages credits Andre Mancini (licence creative commons)

 

Aujourd’hui, les propriétaires parisiens ont l’obligation de se soumettre aux dispositions de la loi ALUR et du décret n°2015-650, paru au Journal officiel le 10 juin 2015.

Réguler les loyers… Il faut vraiment être très loin du réel pour avoir une idée pareille. Parce que, rappelons quelques évidences : un loyer, c’est quoi ? C’est bien un prix. C’est, dans le cadre d’une relation librement consentie entre un propriétaire et un locataire, une somme d’argent versée par l’un à l’autre en échange du droit d’occuper un logement. Mais pourquoi le propriétaire loue-t-il ? Par altruisme ? Non. Il loue car il pense que son bien peut lui rapporter. Et pourquoi les loyers sont-ils plus élevés à Paris qu’à Roubaix ou à Tulle ? Est-ce que les propriétaires sont plus méchants dans la capitale ? Non, c’est simplement le résultat de l’offre et de la demande : il y a plus de gens qui veulent habiter à Paris qu’à Roubaix ou à Tulle. Mais, avec ces loyers élevés, les propriétaires parisiens se gavent-ils au moins ? Même pas.

Même s’il vaut évidemment mieux recevoir un loyer, quand on possède un bien immobilier, plutôt que ne rien recevoir, les rendements ne sont pas élevés dans la capitale. Autrement dit, peut-être que cette loi est un mauvais coup contre Paris, une ville qui a pourtant besoin d’investissements immobiliers, pour autant que le foncier soit disponible.

La Fondation Abbé Pierre nous dit que cette loi ALUR, c’est « enfin de l’action contre la crise du logement ». Mais est-il difficile de comprendre que plus on régule le logement, plus la barrière à l’entrée est haute, et plus les propriétaires seront enclins à demander des garanties et des documents aux candidats locataires ? La garantie des loyers, certes, mais que répond la Fondation Abbé Pierre à celles et ceux qui n’ont pas de garants, pas de fiches de paie, pas de sceau de l’État au bas d’un contrat d’embauche au sein de la fonction publique ?

Le réel, il est là : la demande en logement à Paris demeure forte. Les arrangements avec le réel ne peuvent se faire qu’au détriment des faits. Et les faits, c’est que sur le territoire des 105 km² de la capitale, la demande en logement est croissante face à une offre relativement stable.


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