Port d’armes : vers l’américanisation du pays ?

SpacePilotX RayGun - Joost J Bakker - CCBY2.0

Réclamer le port d’arme, c’est renouer avec l’esprit de la révolution française.

Par Marius-Joseph Marchetti.

SpacePilotX RayGun - Joost J Bakker - CCBY2.0
SpacePilotX RayGun – Joost J Bakker – CCBY2.0

 

Certaines idées reçues ont la vie dure. Celle-ci est l’une d’entre elles. Pour nos chauvins préférés et nos plus grands patriotes d’Internet, accepter le port d’arme, c’est américaniser notre société déjà en proie à une « violente » mondialisation et une concurrence « sauvage » avec d’autres modèles. Or, il n’y a rien de plus faux. Dans l’esprit des révolutionnaires de 1789 (dont on aura grand mal à les accuser de manque de patriotisme et d’être de frêles défenseurs de la Liberté), l’instauration du contrôle des armes ne pouvait s’apparenter qu’à l’instauration d’un pouvoir sans borne et sans scrupule. Il suffit de se souvenir de ce qu’a déclaré le Comité de Rédaction de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, 18 août 1789 :

« Il est impossible d’imaginer une aristocratie plus terrible que celle qui s’établirait dans un État, par cela seul qu’une partie des citoyens serait armée et que l’autre ne le serait pas ; que tous les raisonnements contraires sont de futiles sophismes démentis par les faits, puisque aucun pays n’est plus paisible et n’offre une meilleure police que ceux où la nation est armée. » – Assemblée nationale, séance du mardi 18 août 1789, Le Moniteur universel, n° 42, p. 351

Le comte de Mirabeau (ou Honoré Gabriel Riquetti né au Bignon, Loiret, le 9 mars 1749 et mort à Paris le 2 avril 1791, fils de Victor Riquetti de Mirabeau), est le plus grand orateur de la Révolution française qui tenta sans grand succès de réconcilier la révolution et la royauté ; il souhaitait inscrire ce droit dans la Déclaration des Droits de l’Homme et du citoyen. Il avait même proposé l’article 10 suivant (article 11 dans les Mémoires de Mirabeau) :

« Tout citoyen a le droit d’avoir chez lui des armes et de s’en servir, soit pour la défense commune, soit pour sa propre défense, contre toute agression illégale qui mettrait en péril la vie, les membres ou la liberté d’un ou plusieurs citoyens. »

Cependant, les membres du Comité des Cinq avaient considéré que « le droit déclaré dans l’article 10 non retenu était évident de sa nature, et l’un des principaux garants de la liberté politique et civile que nulle autre institution ne peut le suppléer. » Au vu de l’engouement de leurs pairs aujourd’hui pour l’étatisme sans bornes et la recherche incessante de privilèges appelés « acquis sociaux », nos révolutionnaires se retourneraient probablement dans leurs tombes aujourd’hui.

Cette question du droit de port d’armes (et même globalement de cette volonté générale de chercher confort et réconfort, privilèges politiques en tout genre, étatisme de tout côté, contrainte à exercer sur toute volonté, et parasitisme à généraliser) nous permet de nous poser une question essentielle en amont ? Le patriote est-il le défenseur des petites gens ? Ou simplement de ce Moloch que nous nommons État ? À l’heure où nous appelons « patriotisme économique » un rite sacrificiel pour le grand planificateur, le patriote défendra-t-il la Liberté ou défendra-t-il l’État ? Sera-t-il Homme Libre ou Vassal ? À nos patriotes de choisir :

« Aujourd’hui on veut nous faire croire que le patriotisme consiste à approuver tout ce que veut faire le gouvernement. Un vrai patriote défend la liberté et le peuple. » – Ron Paul

Le port d’arme, ce n’est pas l’américanisation de la société. C’est le respect de la liberté individuelle propre aux révolutionnaires.